C'est en rentrant de mon jogging matinale que j'aperçois une silhouette familière sur le pas de ma porte. Je me dirige vers celle-ci et l'entends marmonner quelques jurons à mon propos avant de poser ma main sur son épaule.
« - Alors comme ça tu voudrais que j'aille me faire foutre ?
Je souri sarcastiquement, comme à mes habitudes qu'il connait si bien. Il se retourne en sursautant, le visage apeuré le temps d'une fraction de seconde avant de se détendre.
- Mais t'es qu'un sale enfoiré, putain ! Je pensais que t'allais pas être chez toi du week-end ou quelque chose comme ça. J'aurai dormi dans la rue moi, t'imagines ? Je me serais fais manger par les loups !
Je le regarde un air faussement choqué, en ouvrant la porte pour le faire entrer.
- L'air de la France ne te réussi pas, Liam.
- Pourtant Sophia m'en dit bien le contraire, si tu vois ce que je veux dire. »
Il me fait un clin d'oeil m'incitant à l'interpréter comme une référence salace. Je soupire d'amusement et me dirige vers la cuisine tandis que ce dernier monte ses bagages dans la chambre d'ami qui lui est réservée. Sachant que la demeure regorge d'une dizaine de chambre inoccupé, Liam pouvait se permettre de s'assigner une chambre. Je sorti d'une armoire une boite de médicament et ingurgita plusieurs comprimés avant que Liam redescende et me rejoigne. Je considérais sa prestance l'espace de quelques instants. Il est imposant, et son assurance est de loin celle qui m'exaspère le moins. Ses cheveux châtains courts et sa barbe lui donne un air nettement plus mature que ce qu'il est réellement. Il me sourit avant de venir plaquer ses grandes mains sur mes épaules en prenant une grande inspiration.
« - Eh bien mon petit Louis... T'as vraiment une gueule de merde aujourd'hui.
Il grimace en examinant l'état de mes paupières ainsi que mon teint blafard.
- Dégage si c'est pour dire ça.
Je fis un semblant de moue lorsqu'il rit et me décoiffa. Je fronce les sourcils en essayant de me recoiffer du mieux que je le peux.
- Toujours aussi perfectionniste à ce que je vois.
- Qu'est-ce que tu me rapportes de beau, sinon ?
- Première fois que tu t'intéresses aux péripéties de ma passionnante vie ? Wow !
Je pouffe.
- Non, pas du tout. C'est juste que tu allais t'aventurer dans une discussion dont je n'ai pas réellement envie.
- Le tact et toi, font clairement pas bon ménage. »
Je hausse les épaules puis nous allons nous installer dans le salon, pouvant ainsi parler plus confortablement. Liam me raconte ce qu'il découvre en France avec sa bien aimée durant ses vacances improvisées à St Tropez, et moi, je lui raconte mes cours ennuyant que l'université m'impose. Je n'entre en aucun cas dans les détails. Je ne parle ni de Harry, ni de son fichu défi qu'il s'est volontairement imposé.
« - Tu devrais te payer un majordome.
- Je n'en ai pas besoin.
- Pas directement, c'est clair. Mais je veux dire ça ferait une présence dans cette grande baraque... Puis comme ça, tu pourrais appeler ton majordome Alfred et faire un remake de Batman.
- J'ai une gueule à jouer le super justicier, moi ?
- Bon c'est clair que tu serais plutôt le mec qui regarde les gens se faire découper en rondelle mais... Le concept aurait pu être cool. »
Je souri légèrement. "le mec qui regarde les gens se faire découper en rondelle" ; J'ai réellement l'impression de passer pour un sociopathe. La discussion dérive en suite sur la situation économique du pays, et se finit sur les nouvelles œuvres d'un jeune peintre Allemand que nous avons découvert il y a quelques mois de cela lors d'une exposition. La journée se déroule sous nos yeux, et c'est lorsque le soleil se couche que Liam décide d'entrer dans un sujet que je ne souhaitais pas tellement aborder.
« - Et sinon, tu as rencontré des personnes ?
Je porte le verre de whisky qui traine dans mes mains à mes lèvres et avale quelques gorgées.
- Non, pas spécialement. Je n'aime pas les gens.
- Tu n'aimes pas les gens pourtant tu m'aimes bien moi.
Je hausse un sourcil.
- He bien... Il y a quelqu'un, à qui je ne porte aucune attention, mais qui m'en apporte bien trop...
Je joue doucement avec mon verre en regardant le liquide orangé se mouver avec attention.
- En gros, il t'harcèle ?
- Non. - Je lève les yeux au ciel - Il s'est défié lui-même de me faire ressentir des sensations.
Liam rit doucement avant de se resservir du breuvage qui trainait sur la table basse.
- Et il réussi ?
- Non. Enfin, il a nettement réussi à m'agacer, à part ça...
- Pourquoi tu ne l'envois pas paitre, alors ?
Je fronce les sourcils. Il marque un point.
- Je ne sais pas. Il... Il m'occupe.
Liam reste perplexe quelques instants, mais un sourire vient s'installer aux creux de ses lèvres.
- Intéressant.
- Ne va pas t'imaginer quoi que ce soit. Je n'hésiterai pas à l'envoyer balader si il commence à réellement m'ennuyer. Ce n'est qu'une question de temps.
Il hausse les épaules.
- Je suis content pour toi, cela dit.
- Pourquoi ?
- Parce que au moins tu n'es plus seul, ou tu l'es moins.»
- - - -
« Attendez, monsieur Tomlinson. Puis-je vous parler ? »
Alors que je venais tout juste de me lever de ma chaise pour me diriger hors de la salle de classe qui à présent était vide d'étudiant, monsieur Krift m'interpella.
Je soupire discrètement avant de me diriger au pied de son bureau. Celui-ci rangea quelques papiers avant de s'asseoir sur son siège. Il remonte par automatisme sa paire de lunette au sommet de son nez et réajuste sa veste en velours.
« - Oui ?
Je ne cache pas mon agacement, ni mon impatience.
- Je vais faire court. Vos... Moments d'absences durant mon cours deviennent réellement dérangeant.
Je hausse un sourcil avant de considérer une énième fois sa phrase.
- Que voulez-vous dire ?
- Je vous observe, vous savez. Pensiez-vous réellement que je ne remarquais pas le peu d'intérêt que vous portez à mon cours ? Je comprends que la psychologie ne soit pas énormément intéressante pour un élève de filière littérature mais c'est une option que vous avez choisi volontairement. De plus je connais vos capacités.
- Très bien. Vous avez finit ?
Le professeur souffle avant de se lever lacement de son bureau.
- Oui. »
Je tourne les talons et m'en vais. À peine sorti de la salle, je sens une présence dans mon dos accompagner mes pas.
« - Il t'a dit quoi ?
La présence accélère son pas pour se poster à mes côtés. Je continue de longer le couloir sans pour autant poser un oeil sur cette dernière. Car cette présence est devenue suffisamment familière pour savoir poser un visage dessus.
- Rien d'alarmant. Pourquoi tu m'attendais ?
- Il est pas méchant, au fond.
- Pourquoi tu m'attendais ? Je ne me répèterais pas une troisième fois.
- Jamais deux sans trois...
- Harold.
- Je t'ai dis de m'appeler Harry.
- Et moi je t'ai dis que je ne me répèterais pas.
- Je te propose une petite escapade au bar sans nom.
- Et je décline ta proposition.
- Pourquoi ?
- Je ne suis pas disponible, j'ai d'autre affaires.
Moi qui d'habitude adorais mentir, je ne me basais cette fois-ci sur la simple et divinement bien tombée vérité ; Liam.
- Comme ?
J'arrête brusquement mon pas et me retourne vers mon locuteur, les sourcils froncés.
- Qu'est-ce que tu ne comprends pas dans la phrase "Et je décline ta proposition" ?
- Tu as ouvert mon paquet ?
- Non.
- Oh... »
Je reprends ma route alors que celui-ci ne me suit plus. Bon débarras.
__________________________________
Ce sont les étoiles, les étoiles tout là-haut qui gouvernent notre existence. Celles qui brillent sont les plus fortes. Harry provoquera les cieux sans s'en rendre compte, pour que lui et Louis ne forme plus qu'une étoile. Une étoile immortelle.
__________________________________
Pour réagir : #LMFfic sur twitter.
Pour me trouver : @rosedaggerhs sur twitter également.