6

23 3 5
                                                  

Plus d'un mois est passé depuis que j'ai appris ma grossesse. La nausée est de moins en moins présente, mais je vais au toilette deux fois plus. J'y allais déjà beaucoup et là, c'est pire. Je dois même faire attention lorsque je ris pour ne pas m'échapper dans mes pantalons. Plaisant, je sais. Je suis allée chez le médecin quelques fois et tout va bien pour Petit. Le docteur m'a dit que ce ne sera pas avant le cinquième mois que je vais apprendre le sexe du bébé.  C'est long 5 mois! À part les rendez-vous chez le médecin, m'a vie se résume à aller à l'école, passer tout mon temps avec Thomas quand il est là, sinon je suis seule, à me faire regarder par tout le monde de l'école, aller dans le bureau de Monsieur Dominique pour lui donner de mes nouvelles et des fois, je vais même voir la psy. Maintenant, tout le monde sait pour ma grossesse. Des rumeurs ont même circulés qu'il ne serait pas de Loïc. Mais bref, mon père m'a enfin reparlé. Après quelques jours sans m'adresser la parole, il m'a salué en rentrant du travail l'autre soir, comme il le faisait avant. Tout le monde a arrêté de parler. Ma mère le fixait comme s'il allait se fâcher d'un moment à l'autre. Mon père a sourit un peu et est partit s'asseoir à sa place habituelle à table. Je n'ai pas arrêter de sourire cette soirée-là. 

Nous sommes samedi et Thomas m'a invité a aller avec lui à la plage. Pas la plage comme dans les pays chaud avec le sable blanc et l'eau bleue. Non. La plage avec de la gravel et des collines en roches qui montent jusqu'à très haut. Une magnifique vue sur le fleuve et beaucoup de verdure. C'est magnifique lorsque la marée est haute, dans ce temps-là, on peu escalader les roches et s'asseoir sur le bord des collines avec l'eau juste en dessous de nous. Le coucher de soleil est incroyable à cet endroit. Thomas m'y invite pour pique-niquer. Nous nous sommes beaucoup rapprochés ces derniers temps. Il est très drôle et je ne pourrais même pas m'imaginer ce que la vie sans lui serait à l'école. Surtout ces jours-ci avec Petit. Comme il fait chaud et beau, j'en profite pour mettre ma robe d'été préférée. Il ne reste plus grand temps avant l'arrivée de l'automne et je ne vais plus pouvoir mettre tout ce beaux linges d'été. Ma robe est blanche avec des petits motifs noires sur le dessus. Elle m'arrête au genoux et virevolte dans tous les sens lorsque je bouge. Elle est très légère, je l'adore. Thomas viens me chercher pas longtemps après que j'eu finis de me préparer. Je sors de la maison avec un sac remplie de charcuteries, de fromages, une baguettes et des fruits. Je rentre dans la voiture et lui sourit. Ses cheveux frisés ont été légèrement coupés. Ils lui arrivaient juste en dessous des oreilles, mais maintenant ils sont au dessus. Ses sourcils épais encadrent parfaitement ses yeux verts rieur et ses lèvres bien définis me sourient en accentuant sa mâchoire carrée. Tout de suite, je me réprimande. Qu'ais-je à le regarder ainsi? Les hormones de grossesse sûrement. 

-Salut. me dit-il en regardant ma robe.

Je suis ses yeux et souris.

-Tu l'aimes?

-Quoi, ta robe? Non, je regardais plus haut, un peu.

Il se met à rire. Ma robe était légèrement décolletée. Je lui frappe le bras, mais je ris moi aussi. Il me taquine souvent comme ça, en "flirtant" avec moi. 

Une vingtaine minutes plus tard, nous arrivons devant un long rang en gravel. Thomas s'engage dans la route doucement. Derrière la végétation se présente un fleuve calme, même marrée haute. Des collines s'imposent devant nous, donnant une vue à couper le souffle. Thomas se gare et nous sortons. Il avait amené des couvertures et je pris le sac de nourriture. Nous commençons à monter la côte pour nous rendre plus haut et trouver les places planes sur le roches pour une belle vue et être confortable. Après quelques minutes, nous trouvons la place parfaite. Une roche plate d'un gris pâle juste au dessus de l'eau. Thomas installe la couverture. Il y a même une roche superposée qui nous permet d'avoir un dossier. Je m'assois sur la couverture et sors la nourriture en mettant tout devant nous d'une jolie manière. Je mets mes cheveux sur le côté de mon épaules puisqu'ils volent dans le léger vent. Je coupe le pain et me sers. Thomas fait de même.

-C'est beau, hein. dit-il en me regardant.

-Ouais, vraiment. 

Mes yeux se pose sur la vue que nous avons devant nous. Au loins, se trouve une petite île. En bas de la côte, nous voyons des gens se baigner dans le fleuve. Ils profitent également d'une des dernières journée d'été. Je me tourne vers un Thomas qui semble m'analiser.

-Quoi? dis-je.

-Qu'est-ce que ça te fait, cette rumeur?

Je baisse de la tête et hausse des épaules.

-Les gens croirons bien ce qu'ils veulent. Je sais bien que ce n'est pas vrai et Loïc aussi. C'est tout ce qui est important. 

Thomas hoche la tête et s'adosse sur la roche derrière nous. Il mange son pain et prend un raisin. 

Je mets ma main sur mon ventre. Thomas et moi ne parlons jamais vraiment beaucoup. Nous ne faisons qu'apprécier la présence de l'autre. 

Au long de la soirée, la marrée baisse doucement. Lorsque le soleil se couche, nous pouvons voir le sable de roche. Il commence à se faire froid. Je me lève debout et descend de la colline. Thomas me demande ce que je fais et je lui demande de me suivre. Arrivée en bas, je me mets à courir du plus vite que je peux. Thomas ne dit rien et j'entends ses pas derrière moi. Le sourire me colle au lèvres et je laisse la boue me coller aux jambes et même à ma belle robe. Le couché du soleil nous envoie une magnifique couleur orange qui rend tout beau. Le soleil se cache tranquillement derrière l'île. J'adore cette heure de la journée. 

Thomas me rattrape vite et me dépasse. Je ris, le souffle court, et je m'arrête. Il se retourne et commence à courir vers moi. Ne voulant pas me faire attrapée, je me remets à courir de sens inverse en riant de plein poumons, ce qui me ralentit. Je sens de puissants bras faire le tour de ma taille et me faire virevolter dans les aires. Mes mains se collent sur les bras à Thomas pour ne pas tomber et je continue de rire.

Il me pose sur le sol et me regarde, un sourire jusqu'au oreilles. Je reprends doucement mon souffle et me retire les cheveux collés sur mon visage rougit par l'effort physique. Je remarque Thomas très proche de moi. Il  sourit un peu moins et semble regarder mes lèvres. Je deviens sérieuse et comme il s'approche de moi pour, il me semble, m'embrasser, je recule, prise de peur.

-Je peux pas. dis-je simplement. 

-Désolé Adéla... il s'approche de moi et me met sa main sur mon bras, que je retire.

-Je ne peux pas. je répète plus fermement cette fois en le regardant dans les yeux.

-Mais pourquoi?

-Loïc, le bébé... Tu ne veux pas de moi de cette manière alors que je vais avoir un enfant. De plus, Loïc vient tout juste de me laisser. Je ne peux pas.

Je me tourne de dos à lui et je pars vers la voiture. Je le sens me suivre doucement derrière moi. Il me laisse de l'espace, ce qui est bien. Je n'en reviens pas. Jamais je n'aurais cru que Thomas aurait peut-être des sentiments pour moi. Je soupire de colère. Il ne peu pas me faire ça, bon sang. Je vais avoir un bébé. Ne me dites pas qu'il veut avoir un enfant qui n'est même pas le sien, à 17 ans. Merde. Je rentre dans la voiture et mets tout mon corps du côté de la porte, les bras croisés. La route est longue et très, très silencieuse. 

De retour chez moi, je ne dis même pas au revoir à Thomas. Je sors de la voiture, prends mon sac et fonce dans ma maison. Je barre la porte derrière moi. Il fait noir dans la maison et je n'entends aucun bruit. Parfait. Je m'enferme dans ma chambre et retire tous mes vêtements. Je me couche dans mon lit. Je me laverais demain. Thomas m'envoie un message d'excuse sur mon cellulaire, que j'ignore. Mon égo vient d'être touché par cette marque d'affection que Thomas m'a fait plus tôt. Je souhaite seulement pouvoir m'en remettre vite, j'ai besoin de lui.


Du bout des doigtsWhere stories live. Discover now