Prologue

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1916, nous sommes à Londres. L'hiver est glacé. La guerre fait rage. A cette heure avancée de la nuit, plus un chat ne court dans les rues, le couvre feu l'interdit. C'est sans compter sur une jeune femme qui traverse silencieusement la ville d'un pas vif, laissant seulement derrière elle son pied imprégné dans la neige. Ses cheveux bruns volent au vent. Elle resserre le nourrisson endormi contre sa poitrine. Elle marche pendant de longuent minutes. A quelques mètres de sa destination, elle ne peut retenir ses larmes. Elle embrasse l'enfant et lui sussure tout son amour à l'oreille.

Elle s'arrête un instant devant une façade. Elle l'examine attentivement. Une plaque dorée est installé sur le muret du portail. Le mot "ORPHELINAT" y est gravé en lettre capitale. Avec hésitation, la jeune femme pousse le portillon. C'est non sans un déchirement profond qu'elle dépose le nourrisson devant la porte et frappe trois grand coup. Avant de partir, elle laisse une missive sur son enfant ainsi qu'un dernier baisé.

Elle sort de la propriété et se tourne face au bébé qui pleure. Avec amertume, elle sort de sa poche un bout de bois long d'une trentaine de centimètres. La brune formule son souhait et disparait dans un craquement sonore.

Au même moment, Madame Smith, directrice de l'orphelinat, ouvre la porte. Bougonne, elle attrape la lettre et le nourrisson sans aucune once de délicatesse. Elle rentre et referme la porte brutalement. Tout en grommelant des injures, elle monte à l'étage déposé la petite fille dans un lit, et ceux, sans se préoccupé de ses pleurs. La vieille dame se retire dans le salon où la lumière d'une bougie éclaire l'enveloppe.

Madame Smith l'ouvre pour en découvrir son contenu. Elle lu rapidement avant de rire face à la naïveté de la jeune femme.

"À ma Gabrielle,
Je suis sincèrement désolé de te laisser dans cet orphelinat sans aucune explication, sans aucun nom. Sache juste ma fille, que je n'ai fait cela que pour te protéger. Tu n'es pas comme les autres enfants, ton sang est différent. Un jour, je l'espère, nous pourrons nous retrouver pour former une famille. Soit sage et patiente mon enfant, je te le promet, ce jour viendra.
Ta mère qui t'aime,
P.O "

Sans rancune, elle brûle la lettre et retourne dans son lit.

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