j'envoie valser

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J'abandonne. Je rends les armes. Je les pose à tes pieds, dans un fracas. Je n'en peux plus, je ne comprends plus.

Ça ne sert à rien de se battre contre toi. Tu n'écoutes jamais. Tu diriges, et j'exécute, et je me tais. Je n'ai rien à dire. Tu me balances d'un point à l'autre. Tu me pousses à droite puis tu me tires vers la gauche. Tu m'enserres le bras, comme dans un étau il rougit sous tes doigts. Je ne veux plus de cette pression. Je ne veux plus de ces questions. Je veux que tout se taise. Tout.

Je ne veux plus faire de choix. Je te laisse tout. Vas-y, fais ce que tu veux. De toute façon à la fin c'est toi qui gagnera. Tu diriges mon chemin, et eux ils l'empiètent. Ils affirment leur choix, au moment où je me tais. Pourquoi ne puis-je pas plus l'affirmer ?

J'ai mal. J'ai si mal en cet instant. Et c'est toi qui en est la cause. Là, maintenant, je te déteste. Comment ai-je pu dire que je m'entendais bien avec toi ? C'est faux. Tu me bouffes. Tu diriges tout. Tu m'enchaînes. Tu m'étouffes. Je suis liée à toi. Irrémédiablement liée à toi. Depuis toujours, je n'ai pas le choix. Où que j'aille, tu seras là.

J'aimerais que tu disparaisses. Là maintenant je voudrais que tu disparaisses. Cependant si tu disparais je disparais aussi. Nous sommes liées. Je n'ai pas le choix. Tu disparais, je disparais. Je survis, tu survis. Je ne comprends pas. Je ne te comprends pas. Pourquoi avec certains tu sembles si gentille ? Tu sembles leur sourire ? Peut-être que tu es aussi méchante avec tout le monde ? Ils encaissent juste mieux tes sales coups..  À des moments tu es sympa. Vraiment. On passe de bons moments ensemble et je te remercie pour ça. Puis je ne sais pas.. tu dois te dire que je vais trop bien, qu'il fait changer ça. Alors tu fais arriver un truc qui casse tout. Toute cette bulle éphémère de bien être que j'ai construit.

Je te déteste pour ça. Pour ces moments là. Mon dieu que je voudrais te voir disparaître. Que je voudrais te voir engloutis dans ces flots de larmes que tu fais naître en moi. Que je voudrais te voir te noyer dedans, te débattre avec les flots, manquer d'oxygène, en mourir. Je t'imagines des fois, morte. C'est horrible de dire ça. Tu sais que je pense à ça pourtant parfois. Tu sais tout.

Je souhaite que ta voix se taise. Qu'elle arrête de parler. Qu'elle ne fasse pas naître mes pensées. Envers eux, envers toi, envers moi. Tais toi. Arrête tout. C'est ça que je veux. Mets toi en pause. Fige toi dans le temps. Qui es-tu pour me parler ? Qui es-tu pour me guider ? Qui es-tu pour me faire ressentir ça ? Tu es tout. Il est là le problème.

Tu es tout pour moi. Tu représentes tellement. Ma peau marquée au fer rouge par tes doigts. Je suis enchaînée à toi. Je suis brisée par toi. Je me lève en me demandant ce que tu me réserves aujourd'hui. Quelle sera ton humeur ? Que me feras-tu subir ? Tu es mon bourreau. Tu es toujours là. Et tu l'as toujours été. Je te déteste aujourd'hui. Mais d'autres jours je t'apprécie. Tu as toujours été là. Tu m'as vue dans la joie, dans la tristesse, dans le doute. Tu sais chacune de mes premières fois, chacune de mes expériences, chacun de mes choix. Tu me connais mieux que quiconque et tout ce que tu ne sais pas, personne ne le saura avant toi. Tu as vu mes sourires, tu as vu mes larmes, tu as vu mes peurs, et tu m'as dis que tout ira bien. Alors je te crois. Oui un jour tout ira bien. Sûrement. Ce jour-là j'aurais fait la paix avec mon reflet dans le miroir, ce jour-là j'aurais fait la paix avec toi.

J'ai mal, si mal maintenant. Tu pourrais t'excuser de m'avoir fait ça. Mais tu ne le feras pas. Tu ne le fais jamais. Tout ce qui ne nous tue pas, nous rend plus fort. Tu penses ? Je n'en suis plus si sûre. Peut-être qu'un jour ma force se brisera.. Ce n'est pas le cas aujourd'hui. Je me relèverai. Tu m'en as déjà fait voir de toutes les couleurs. On se connait bien maintenant toi et moi. Je sais comment tu agis. Je ne sais plus comment je réagis. Je me perds un peu plus. Tu pourrais peut-être m'indiquer le chemin au lieu de me briser comme ça.. J'ai mal. Je souris. Non tu as raison, tu as eu raison, tout ira bien.

Aujourd'hui c'était juste une tempête de plus que tu me fais vivre. Comme un orage en été, tu éclatés soudain. Mes larmes ont coulé, c'est fini. Fini. Tout est fini pour aujourd'hui. Il y aura une autre tempête, je le sais. Je sais aussi quand elles finiront. Elles finiront quand tu disparaîtras et que tu m'emmèneras avec toi. Tu m'as noyée encore une fois. J'ai bu la tasse. Les vagues m'ont emportée et m'ont fracassée contre les rochers. Un craquement. Un cri. Des larmes. Mais tout ira bien. Et je veux te croire. Malgré tout ce que tu me fais subir j'ai envie de te croire.

Je reprends les armes. Je n'abandonne pas. Tiens bon. Tant que tu tiens, je tiens. Un jour tu te calmeras. Un jour toutes tes émotions s'apaiseront. Le tourbillon dans lequel tu me fais valser chaque jour. J'ai fini. Je repose les objets à leurs places. Tu te calmes. Tu laisses la musique. Jamais de pause. Ce n'est pas ton genre. Elle est plus calme. J'en avais besoin. Elle sera plus énergique dans quelques instants car tout ce qui est commencé doit être fini, j'ai des choses à terminer. J'ai essuyé mes yeux. J'ai relevé la tête. J'ai souri. Tout ira bien. Notre danse continue, ô toi ma vie.

Nous sommes liées. Tu disparais, je disparais. Je survis, tu continues d'exister. Tu n'es rien sans moi. Je ne suis rien sans toi. Une tempête de plus  à celles des précédentes. Une tempête de plus et tellement d'autres à surmonter. Je me relève encore une fois. Tu me suis. Peut-être que tu souris. Une épreuve de plus qui ne m'a pas achevé.

Plus envie de pleurer. Je vais me battre de nouveau. Mes armes bien en mains. Mon sourire figé. Les yeux encore brillant de mes larmes. On a encore tellement de choses à voir. Au final, tu as raison. Tout ira bien.

(Je n'ai pas relu, désolée si ça n'a pas vraiment de sens)

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