Chapitre 1.

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Un coup. Deux coups. Trois coups. Puis encore un. Encore un. Encore. Les poings des assaillants rebondissaient violemment contre le corps d'un frêle jeune homme blond. Deux garçons de son âge le maintenaient contre le mur sale d'un recoin de l'université tandis que les deux autres s'acharnaient à le rouer de coups. Quel courage, pensa amèrement la victime. Il se retint du mieux qu'il put de crier, de se tordre de douleur. Il ne voulait pas leur faire ce plaisir. Lui faire ce plaisir. Son regard se vrilla dans celui d'un cinquième jeune homme debout face à lui. Ce dernier détourna aussitôt la tête lorsque leurs yeux se croisèrent. C'est lui le pire, pensa le blond. ''Lui'', c'était ChanYeol, un garçon de sa classe qui lui vouait un profond dégout. Bien qu'il ne prenne jamais part aux joyeuses réjouissances auxquelles ses copains s'adonnaient sur le chétif jeune homme, il n'en restait pas moins celui qui commanditait les actions. Les mains qui le retenaient le lâchèrent et il tomba à genoux dans un horrible craquement. La voix d'un de ses bourreaux, JongIn ou quelque chose comme ça, s'éleva, coupant le silence et couvrant ses halètements de douleur :


_ Je pense que t'en a eu assez ; pas vrai, BaekHyun ? Si on t'abîme trop, on risque de s'en vouloir.


Il ricana et le susnommé leur adressa un sourire sarcastique, s'efforçant de refouler les plaintes de son corps. Celui qui le retenait par le bras gauche se tourna vers ChanYeol, semblant lui demander une sorte d'accord. Ce dernier jeta un dernier coup d'œil à la forme légèrement tremblante à ses pieds et se retourna sans dire un mot. Ses amis se regardèrent, interrogateurs, puis haussèrent les épaules et le suivirent rapidement.



Point de Vue BaekHyun


Je respirai bruyamment, tentant de reprendre mon souffle. Mon corps me faisait un mal de chien, j'allais devoir me rendre à l'hôpital cette fois-ci. Je fermai les yeux et posai ma tête sur le vieux mur derrière moi. Ils n'y étaient vraiment pas allés de main morte. J'extirpai du mieux que je pouvais mon paquet de cigarettes de ma poche arrière en tentant de ne pas aggraver mes blessures. J'en allumai une, les doigts tremblants, et tirai une longue taffe. Putain, pourquoi je ne suis pas un gros baraqué pour pouvoir leur casser la gueule ?!

Nous étions en février et depuis le mois d'octobre, peu après la rentrée scolaire, les pitbulls de ce Chanyeol me tabassaient régulièrement. Je ris jaune puis murmurai difficilement :


_ Tout ça parce que je suis gay ...



Flash-back

Nous étions fin octobre et depuis plus d'un mois j'étais entré à l'université, soulagé. Soulagé parce que j'avais toujours entendu dire qu'à la faculté, les mentalités évoluaient, les gens étaient moins portés sur les préjugés et plus ouverts d'esprits. J'avais longtemps supporté douloureusement les brimades au lycée ; un gay qui s'affichait ouvertement à un si jeune âge, surtout dans la campagne de Corée du Sud, loin de Séoul, ça ne courrait pas franchement les rues. Alors j'étais plus qu'heureux lorsqu'avec mes petites économies, j'avais pu quitter mes parents et venir m'installer dans la capitale, me prenant un petit studio, pour poursuivre mes études en musicologie. Même si je n'allais sans doute pas être accueilli à bras ouverts, j'allais enfin pouvoir vivre ma vie sans remarques acerbes et regards désobligeants.

Je ne veux pas être comme toi !Stories to obsess over. Discover now