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Prologue

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 La cellule sentait le métal et le café brûlé. Chaque matin, le même bruit de clés, le même grincement de porte. Ça avait quelque chose d'hypnotique, presque rassurant, comme une berceuse dissonante qui me rappelait que le temps avançait encore.

Les murs transpiraient l'humidité et l'habitude ; je pouvais presque compter mes jours en caressant du doigt les fissures de la peinture écaillée. Je m'habituais à tout, même à l'idée que le monde continuait dehors sans moi.

Peut-être qu'il a même oublié mon nom.

On me collait des étiquettes : suspecte, accusée, présumée coupable. Des mots qui faisait saliver les journalistes et briller les pupilles des avocats.

Moi, je les trouvais justes... creux. Ça sonnait fort, ça ne voulait rien dire, comme un écho dans un couloir long.

Je ne suis pas un titre dans une gazette, je suis un être humain qui respire encore.

Je notais tout dans mon carnet. Pas pour me justifier ni pour apitoyer qui que ce soit. Juste pour fixer les heures, les visages, les bruits qui finissaient par se ressembler. Les voix, les pas, les regards, tout se mélangeait dans un brouillard uniforme.

La vie ici avait une couleur : gris sale. Même mes rêves en avaient pris la teinte, comme si la nuit aussi était contaminée.

Parfois, je me demandais si les gens dehors imaginaient ce que ça faisait d'attendre. Pas d'attendre un verdict. D'attendre tout, tout le temps. Attendre un geste, un signe, un bruit.

Le bruit de pas dans le couloir, le claquement sec qui annonce qu'on va venir vous chercher. Ça me faisait sourire, cette chorégraphie qu'ils croyaient menaçante. À force, on finit par connaitre la musique et deviner les notes avant qu'elles ne tombent.

Ils pensent contrôler mes réactions, mais je suis déjà, ailleurs, dans une autre pièce de mon esprit.

Ici le temps ne passe pas, il s'étire, il coule au ralenti comme une goute d'eau glaciale. On apprend à respirer plus doucement, à économiser ses mots et ses pensées, comme on économise la lumière. On apprend aussi à se tenir droite, à ne pas donner à ceux qui regardent ce qu'ils sont venus chercher : des fissures.

J'écrivais pour ne pas oublier que j'étais encore vivante. Rien de plus. Rien de moins. Mon carnet était mon seul miroir, le seul endroit où je pouvais exister sans uniforme et sans numéro. À chaque ligne, je retrouvais un fragment de moi, comme on ramasse des éclats de verre.

Verdict FinalHistorias para obsesionarse. Descúbrelo ahora