1. Je suis sûre de ce que j'ai vu

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Tiens bon, mon amour. 

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La brume marine filtrait les premiers rayons du soleil naissant, qui venaient frapper la plage sans la moindre chaleur. La lumière semblait hésiter à toucher la terre, comme retenue par quelque chose d'invisible.

Le silence s'abattit sur le village désert tel un linceul lorsque mon funeste rapport parvint aux oreilles de mes camarades. Il n'y eut d'abord ni cri, ni colère - seulement cette immobilité étrange, irréelle, où chacun restait figé face aux autres, le regard vide, comme si nos esprits refusaient encore d'admettre ce que nos corps venaient de comprendre.

Était-ce réel ? Ou n'étions-nous que les jouets d'une hallucination née de l'épuisement, du deuil et de la peur ?

Puis Vic céda.

Il tomba à genoux dans le sable humide, lourdement, sans retenue, comme si ses forces l'avaient abandonné d'un seul coup. Ses mains s'enfoncèrent dans la plage, s'y agrippant désespérément, et sa tête s'inclina, écrasée par l'incertitude qui venait de se refermer sur le sort de sa famille.

Ce fut le point de rupture.

Dans son sillage, les voix jaillirent, pressées, dissonantes, cherchant toutes à repousser l'évidence.

"C'est impossible... Tu es sûre d'avoir bien vu ?! s'exclama Raminia, la voix tremblante, les yeux écarquillés d'un refus presque enfantin.

- Charon et Arakelle sont morts, renchérit Lilian d'un ton dur. Lanohan ne peut pas tenir sans souverain. Ça n'a aucun sens.

 -Qu'est-ce qu'on fait maintenant ?! Où est-ce qu'on peut aller ?!" lança Sanly, la respiration courte.

Les questions se superposaient, se heurtaient, sans jamais trouver de prise. Chacune cherchait une issue immédiate, une contradiction salvatrice. Quelque chose qui nous permettrait de nous réveiller.

Je les écoutais sans répondre.

Mon regard se perdit à nouveau vers l'intérieur des terres, au-delà des premières maisons désertées, là où la brume s'effilochait lentement sous la poussée du jour. Les hautes falaises s'élevaient derrière le village, mais je savais ce qui s'y déroulait derrière : un paysage mort, vidé, détruit, s'étirant jusqu'au château prisonnier de la chape lanohanaise. Nous qui pensions en avoir fini avec cette nation impérialiste, cette dernière avait mis la main sur notre chez-nous dans notre dos.

"Je suis sûre de ce que j'ai vu, finis-je par dire. Sym l'a constaté comme moi."

Ma voix me surprit moi-même. Elle était basse, mais ferme. Trop ferme, peut-être, pour ce que je ressentais réellement.

"Mais cette réalité ne signifie pas la fin du combat. Nous ne savons pas ce qui s'est passé pendant notre absence, nous devons en apprendre plus avant de tirer nos conclusions."

Je fis quelques pas dans le sable, sentant sous mes bottes l'instabilité du sol, cette traîtrise permanente qui me rappelait mon handicap à chaque mouvement. Mon équilibre n'était plus le même. Comme Hyrule. 

"En attendant nous devons retrouver des hyruliens, repris-je. Rejoindre les nôtres pour lever le mystère sur tout cela. Et trouver un moyen de rendre définitivement à Hyrule sa liberté.

- Visiblement, les hyruliens ont eu tendance à fuir là où Lanohan a imposé son joug..., fit remarquer Sym. 

- Ils sont forcément quelque part. Nous devons les trouver, rétorquai-je avec aplomb. 

Aventures de Zelda Raphaëlle Hyrule : 10. Quand l'Étain pourfend la BrumeStories to obsess over. Discover now