Chapitre 1

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Quand j'ai rouvert les yeux, après les avoir fermés pour toujours, j'ai d'abord vu deux silhouettes au-dessus de moi. Un homme et une femme d'un certain âge, se tenant dans une pièce toute blanche. Au début, je n'ai pas compris où j'étais. Je pensais être arrivé au paradis des toutous, mais non... J'étais toujours dans ce monde — seulement, cette fois, dans le corps d'un humain. Un jeune humain.

Les deux personnes qui me regardaient étaient les parents de ce corps que je venais d'habiter. Mais moi, je ne connaissais rien d'eux. Je savais juste que j'étais très loin de mon papa, qui, si je ne me trompe pas, est encore en service militaire.

Ces nouveaux parents m'ont dit que je m'appelais Choi Min-Jun, et que j'avais à peine seize ans — un âge bien tendre, surtout comparé à la vie bien plus courte des chiens.

J'ai dû tout réapprendre, comme un tout petit. Apprendre à parler ce même langage que mon papa, à prononcer chaque mot avec soin, à comprendre les sons qui m'entouraient. J'ai appris à marcher sur ces deux longues pattes — que les humains appellent jambes — en titubant au début, puis avec plus d'assurance chaque jour.

Manger... c'était une autre découverte. Les humains en blouse blanche, hommes et femmes, me servaient des plats que je n'avais jamais goûtés auparavant. Des textures, des saveurs, des odeurs bien différentes de mes croquettes d'avant. J'ai fini par apprécier cette nourriture humaine, même si parfois elle me semblait étrange.

J'ai vraiment commencé ma vie à zéro, en tant qu'humain. Un apprentissage total, un vrai défi. Pendant longtemps, je suis resté dans ce lieu qu'on appelle un hôpital — un endroit froid, parfois bruyant, mais aussi plein d'attention et de soins.

Aujourd'hui, je suis enfin dans ma propre chambre. Les murs sont couverts d'affiches et de photos du visage de mon papa. Son sourire éclaire la pièce, et celui de ses amis aussi. Même si ce ne sont que des images, je me sens réconforté, heureux de retrouver un peu de lui autour de moi.

Le seul petit bémol dans cette nouvelle vie, c'est que tous les animaux — sans exception, peu importe leur espèce — semblent irrésistiblement attirés par moi. Comme s'ils ressentaient au plus profond d'eux que j'étais l'un des leurs, que j'avais moi aussi été un compagnon à quatre pattes. Parfois, un chat s'approche doucement, un oiseau vient se poser près de moi, ou un chien me regarde avec une lueur de reconnaissance dans les yeux. C'est à la fois réconfortant et étrange.

J'ai aussi dû apprendre à manier ces étranges boîtes numériques que les humains appellent téléphone, mobile, ou portable — autant de noms pour un seul objet mystérieux, petit et lumineux, qui semble contenir tout un monde. Apprendre à envoyer des messages, à passer des appels, à naviguer sur ces écrans tactiles a été une aventure en soi.

Heureusement, mes nouveaux parents — que j'ai appris à aimer sincèrement — sont toujours là pour m'accompagner, pour m'expliquer patiemment tout ce que je dois savoir. Ils me racontent aussi des histoires sur leur enfant, celui dont je porte désormais le corps. Des souvenirs, des anecdotes, des traits de caractère, des rêves... Petit à petit, je découvre la vie que j'ai désormais entre les mains.

Ils m'ont raconté que leur enfant — c'est-à-dire moi maintenant — était un grand fan du groupe de mon papa. C'est pour ça que la chambre est tapissée de photos, d'affiches, de posters de lui et de ses amis. Chaque image raconte un peu cette passion, cette admiration qui brûlait en moi avant que tout ne bascule.

Puis, doucement, ils m'ont confié ce qui s'était passé : cet enfant, avant moi, avait eu ce qu'on appelle un accident de voiture. En fait, il s'était fait renverser par une voiture. Un choc brutal, un réveil difficile. C'est pour ça qu'ils n'étaient pas surpris de me voir repartir de zéro, comme un bébé qui découvre tout pour la première fois.

Ma vie nouvelle d'humainStories to obsess over. Discover now