Je n'aime pas le blanc, qu'il soit écru, ou éclatant de clarté, à mes yeux, il reste l'incarnation de la froideur. Etincelant, il orne mon mur alors que celui-ci ne possède aucune fioriture. Je me lève, le sol est froid sous mes pieds, Une fois sortie de ma chambre, je me promène dans les couloirs colorés de façon extravagante, comme si ces couleurs pouvaient nous faire oublier le fait que nous étions au sein du temple paradoxale de la vie et de la mort. Un sourire fatigué sur les lèvres, je me dirige vers la salle qui m'a été aménagée pour que je puisse peindre.
Peindre était la seule chose au monde qui pouvait me faire oublier ce blanc qui, constamment, hantait ma vie. Le jaune apportait son Soleil. Le bleu, sa profondeur et son calme. Le vert me réconfortait. Tandis que le rouge exprimait ma propre colère pour moi.
J'ouvrit la porte en verre de mon atelier. Un tabouret en bois était installé juste en face ma toile ou s'épanouissait un tournesol. Ses couleurs explosaient en toute sincérité. J'aimais peindre, plus que n'importe quoi ou n'importe qui en ce monde. C'était le seul moyen de m'échapper de mon quotidien morne, où je suis occupée par le fait de gérer l'inquiétude de mes proches vis-à-vis de mon état de santé.
Parce que oui, je suis malade et j'ai vécu la plupart de mes 21 années de vie, enfermée dans cet hôpital qui sera surement ma prison jusqu'à ce que mon cœur cesse de battre.
Je pris mon pinceau, et ma palette, et mon pinceau finit par retrouver l'épaisseur blanche de la toile à combler. Je commençais un nouveau pétale aujourd'hui, d'abord la naissance de celui-ci d'un joli marron puis s'éclaircissant vers le rouge, puis vers un joli orangé pour enfin aboutir sur un jaune éclatant. J'étais dans mon monde. Celui où la joie rayonne, où la colère éclate et où les larmes ne se tarissent pas. Ce monde était rempli d'émotions et de nuances. Je me mis à sourire lorsque je senti une première larme coulée sur ma joue.
Quelqu'un frappa à la porte. J'essuyait cette petite larme d'émotion pure rapidement, et m'éclaircit la gorge. La porte s'ouvrit.
- Oui ?
- Yu Na Bi, ton père est là, il t'attend dans la salle de Convivialité.
- Très bien, j'arrive, merci de m'avoir prévenue.
Je sors de l'Atelier et me rendit vers la salle de Convivialité, sur mon chemin, j'ai croisé Ji Ah, une des enfants restant ici en permanence, à l'hôpital. Ses courts cheveux bruns encadraient son visage souriant. Elle prit ma main et m'accompagna jusqu'à la salle de Convivialité, où mon père m'attendait. Elle me permettait de me préparer à une énième confrontation avec mon père.
Il ne supportait pas le fait que je sois malade et m'accusait de faire semblant. Son héritière ne pouvait pas être aussi médiocre, n'est-ce pas ?
Une fois dans l'embrasure de celle-ci, je m'arrête et je m'accroupis afin d'être à la hauteur de Ji Ah. La petite fille me regardait avec des yeux brillant de malice et de joie.
- Ji Ah, tu vas devoir me lâcher la main maintenant, je vais discuter un peu avec mon Papa et après, si tu veux, tu pourras venir avec moi dans l'Atelier, cela te convient-il ?
- C'est trop bien ! Merci Na Bi !
- De rien petit papillon.
Je lui souris une dernière fois et la regarda partir en sautillant. Elle était comme un petit papillon coloré voletant dans un pré sauvage, à la fois : joie et liberté.
Je me tourne vers la porte, appuya sur la poignée et entra dans la pièce. Mon père était assis dans l'un des fauteuils mis à disposition dans la salle. Les jambes croisées, le dos bien droit, on pourrait facilement penser que le monde lui appartenait. Je m'assis sur le fauteuil en face de lui.
- J'ai presque dû attendre. Bravo Yu Na Bi. On peut dire que tu commences bien.
- Bonjour Papa. On peut dire que la politesse est ton fort en ce qui te concerne.
Ce qui me valut un regard noir de sa part. Mon père n'aimait pas l'opposition, encore moins quand elle venait de son enfant qui devait, selon ses critères être totalement soumit à ses parents.
Il soupira et me demanda :
- Tu penses arrêter ton cirque quand ? Si ta maladie était réelle, cela ferait longtemps que les médecins de cet hôpital auraient trouvé comment te soigner.
- Et bien... Il faut croire que non, sinon tu te doutes bien que je serais déjà à l'étranger, loin de vous tous.
Nouveau regard noir.
- Ton sarcasme ne fait rire que toi. Tu es dans le meilleur hôpital de Séoul, comment se fait-il qu'ils ne trouvent rien.
- Je ne sais pas, je ne suis pas médecin.
- Ta mère ne veut plus sortir de son lit Na Bi, tu te rends compte de ce que tu lui as fait ?
- C'est à cause d'elle que je suis coincée ici, papa. Ce n'est pas à moi de la plaindre.
- Je t'interdis de parler de ta mère comme ça.
- Alors t'aurais dû l'interdire de prendre ses foutues drogues quand j'étais dans son ventre.
Je me lève brusquement et ma vue se mit à se brouiller. Je peinais à respirer. Une fois dans le couloir je tombai par terre, et la dernière chose que j'ai entendu c'était la voix d'un jeune homme qui disait : « Attention ! ».
Puis le noir et le silence complet m'ont envahi, complètement. Mon cœur me faisait mal, physiquement et mentalement. Voilà le fardeau de ma vie, contempler la mort encore et encore, et me rapprocher toujours un peu plus d'elle à chaque fois. Mon corps s'éteint complètement pour s'allumer de nouveau quelques heures plus tard. Ma vie, c'était de vivre et de mourir chaque jour.
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Blanc comme Neige
FanfictionYu Nabi, est une jeune femme de 20 ans, qui a passé toute sa vie à l'hôpital à cause d'une grave maladie au cœur. Peintre, elle aimerait que ses toiles soit exposés partout dans le monde. Un jour, elle rencontre Park Jimin, un jeune homme au sourire...
