Chapitre 1

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Il ne reconnaissait rien autour de lui, tout en marchant sans but, il ne pouvait que constater de son ignorance concernant le lieu où il se trouvait. Il se sentait perdu et pourtant épris d'aucune panique, d'aucune confusion ni appréhension. Il foulait les pavés d'une ville. Une ville immense et pourtant vide où il était seul piéton. Les immeubles gris aux reflets étonnement bleus qui se dressaient autour de lui ne semblaient pas habités, les fenêtres étaient closes, sans lumière, sans âme qui vive. Alors comment pouvait-il déambuler à sa guise dans cette ambiance désertique où il ressemblait au dernier homme vivant sur Terre ? Il n'en savait rien, il se contentait d'avancer avec une conviction qu'il ne comprenait pas lui-même mais qui ne l'étonnait pas pour autant. C'était normal, il devait se rendre là-bas. Il ne savait pas où mais connaissait le chemin. Son corps agissait seul, par instinct, comme porté par le divin, il tournait dans chaque rue sans aucune hésitation jusqu'à atteindre un pont.

Celui-ci était large et surplombait un fleuve si calme que le temps semblait n'avoir aucun effet sur lui. L'eau bougeait-elle ? Le silence qui pesait sur cette ville lui en faisait fortement douter. Le jeune homme s'était approché du bord, comme persuadé qu'il devait y jeter un coup d'œil. L'eau était d'une pureté incroyable, si cristalline que l'on pouvait en voir le fond dont la noirceur laissait pourtant imaginer la profondeur. Ce fleuve n'était pas naturel et était entièrement construit d'immenses dalles de pierre, chaque jointure étant parfaitement visible sous l'eau limpide et chaque face reflétant à merveille les rayons du soleil couchant dansant à la surface à la moindre brise. Il n'y avait rien à dire, la vue était magnifique, si féérique qu'elle en paraissait irréelle. Pourtant il était bien là, lui, vivant et prêt à sauter dans cette eau qui n'avait de cesse de l'appeler.

Les pieds sur le rebord, le regard plongeant déjà dans le fleuve, il cherchait la raison de sa venue. Quelle était cette chose qui le hantait ? Il n'en savait rien. Il n'en connaissait pas la forme ni la nature, il ne savait qu'une chose : Il devait la trouver au plus vite et elle était quelque part dans ces profondeurs. Scrutant chaque dalle piégée sous la masse aqueuse, caressant la rive à la recherche du moindre détail, il finit par recevoir un dernier appel, un indice qui le convainquit de faire le grand saut. Il suffit d'une étincelle, d'un reflet brillant éblouissant pour qu'il se jette du haut du pont et entre dans l'eau telle une flèche en feu, traçant son chemin par des remous bruyants avant que le silence ne lui revienne, le laissant seul avec le son affolé de son cœur tambourinant dans sa poitrine et dans sa tête. Chaque battement de pied le rapprochait de ce point scintillant qui semblait être son unique but dans ce monde, chaque brasse l'éloignait un peu plus de la surface et, bientôt, il put poser le pied sur une dalle du fond, pensant être arrivé, pensant en avoir fini avec cette mission existentielle qui lui dévorait l'esprit. Mais il n'en fut rien.

Les bords de ce fleuve plongeaient encore plus sous terre, créant un ravin si noir que le jeune aventurier put enfin ressentir quelque chose : De la peur, de l'angoisse. Mais l'appel était trop fort, cela brillait tellement et cela semblait si proche qu'il prit son courage à deux mains et se laissa couler dans cette noirceur qu'il l'éloigna encore de l'air qui commençait à lui manquer. Sa chute fut lente et longue, seulement bercée par le bruit des bulles coincées dans ses vêtements qui cherchaient à fuir jusqu'à la surface, il ne pouvait que lever les yeux pour les regarder monter jusqu'au ciel. Le soleil se couchait encore, ou alors était-il vraiment perdu au fin fond des abysses ? Ce fleuve n'avait-il donc aucune fin ? Il en eut bien peur mais son pied rencontra enfin le sol, soulevant un nuage de poussière doucement porté par le remous. Il n'eut qu'à tendre le bras et put enfin l'attraper dans la paume de sa main. Une sphère, d'un blanc éclatant, si pur qu'elle lui en aurait fait perdre la vue. La serrant contre son torse d'une main, il griffa le béton et les dalles et prit l'impulsion nécessaire pour faire le chemin inverse. La surface lui paraissait tellement loin, la lumière du jour semblait l'avoir abandonné, il eut peur d'être dévoré par les ténèbres auxquels il tournait désormais le dos et se mit à battre des pieds autant qu'il le pouvait. Il eut peur, terriblement peur lorsqu'il retrouva le fond illuminé qu'il avait aperçu du haut du pont, il avait atteint un palier important mais il était encore tellement loin de l'air. Tellement loin de la vie.

Nageant avec la force du désespoir, se débattant contre le poids soudainement si lourd de cette masse d'eau qu'il lui restait à traverser, il eut terriblement envie de pleurer. Il suffoquait, chaque mouvement lui demandant bien trop d'effort et d'oxygène, il en était certain désormais, il ne reverrait jamais la surface vivant. Ses hoquets déclenchèrent ses pleurs, sa dernière bouffée d'air s'échappa d'entre ses lèvres lorsqu'il eut le malheur d'ouvrir la bouche pour ne respirer que de l'eau, se sentant perdu, il allait lâcher cette sphère qui avait signé sa perte. Puis, fermant les yeux pour se laisser mourir, son instinct lui envoya un nouveau message. Il ne pouvait pas mourir.

« Baekhyun, ce n'est qu'un rêve. Nage. »

Un rêve ? Inerte au milieu de ce fleuve, se laissant porter, il osa rouvrir les yeux. Il se fit éblouir par le soleil venant de la surface et, naturellement, il gonfla les poumons. La sensation désagréable de se remplir d'eau ne vint pas, jamais, le jeune homme s'était senti d'une légèreté impressionnante, pouvant respirer comme il le ferait à l'air libre. Il fut sous le choc, déstabilisé, il reprit une grande inspiration et, une nouvelle fois, fut comblé par cette sensation de bonheur que de pouvoir respirer à sa guise. C'était un soulagement sans nom, il se sentait débarrassé d'un poids, comme ayant reçu des ailes, il ne gaspilla pas plus de temps pour se remettre en chemin. Nageant avec un fin sourire dessiné sur les lèvres, il put atteindre la surface avec douceur, sans se presser, profitant de cette sensation apaisante de l'eau caressant son visage, portant ses membres et englobant son corps. Il se permit de s'allonger à fleur de l'eau, le visage à l'air libre, les oreilles inondées, il retrouvait calme et sérénité après la frayeur qu'il s'était faite. Il était vivant, était-ce réellement un rêve alors ? Suite à cette pensée, la sphère s'illumina d'autant plus, irradiant le fleuve et la ville, elle en effaça le soleil jusqu'à s'enfoncer dans la poitrine de son possesseur. Il eut peur, mais la sensation procurée par cette intrusion le rassura. Elle était indescriptible, comme revigorante, rassurante, lui donnant toute puissance. Il se sentait entier, comme si une partie de lui-même lui avait toujours manqué, il se sentait revivre.

Et ce fut sur cette sensation impensable, que Baekhyun ouvrit les yeux pour se retrouver face à son plafond. Le plafond de sa chambre étudiante qu'il connaissait si bien, grisâtre et habité par quelques toiles d'araignées. C'était lamentable, tout l'inverse de la beauté de cette ville qui restait encore dans son esprit. Il se réveillait à peine, prenant peu à peu conscience qu'il venait de sortir d'un rêve si profond que son corps se rappelait encore de toutes les sensations qui l'avaient traversé. D'abord cette angoisse de se sentir mourir, puis l'apaisement de pouvoir combattre les éléments et, enfin, cette puissance et ce bien-être procuré par la sphère. S'asseyant dans son lit pour s'ébouriffer les cheveux, il devait bien se rendre à l'évidence, ce n'était qu'un rêve, un songe inventé par son imagination bien trop fournie mais c'était plus fort que lui, quelque chose le turlupinait. Comment pouvait-il se souvenir aussi bien de chaque détail ? Ce qu'il avait vu, ce qu'il avait pensé et ressenti, tout restait intacte. Alors qu'il avait l'habitude de ne se souvenir de ses rêves que dans les grandes lignes, oubliant tant de choses qu'il finissait par ne plus savoir ce qu'il s'était déroulé dans ses songes, là, même après son petit-déjeuner, rien ne s'était effacé. Comme s'il l'avait réellement vécu.

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Petit mot d'Injae-Nim :

Bonjour les enfants !
On repart déjà dans une nouvelle histoire et celle-ci va vraiment me sortir de ma zone de confort, autant de par son thème que de par son format. L'habituée des tranches de vie que je suis se tente au fantastique, un peu, doucement, ne vous emballez pas. Et surtout, mon amour pour les gros pavés laisse place à de courts chapitres de 1500 mots. Je ne sais vraiment pas si je vais réussir à m'y tenir xD

Concernant les publications ça va dépendre de mon avancée, j'aimerai avoir des chapitres en réserve tout en publiant, histoire de ne jamais être à sec. Comme d'habitude, un chapitre par semaine ! Il tombera soit le lundi, soit le jeudi et parfois même les deux dans la même semaine si je me suis bien avancée ~

J'espère que ce début vous aura plu, que vous êtes tentés par la suite et que vous suivrez cette nouvelle aventure à mes côtés ^^ Il me tarde de partager ça avec vous !

Merci de m'avoir lue, à très vite <3

Turn out the Light • ChanBaekDes histoires addictives. Découvrez maintenant