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   Celui qui lutte contre les monstres doit veiller à ne pas le devenir lui-même. Or, quand ton regard pénètre longtemps au fond d' un abîme, l' abîme, lui aussi pénètre en toi. "Friedrich Nietzsche"

Sophia attendit la décision du juge le coeur battant irrégulièrement, en retenant presque son souffle. Elle savait qu'elle avait apporté de bons arguments pour gagner le procès mais la partie adverse était elle aussi très perspicace. L'avocat du mari de sa cliente savait semer le trouble dans la tête des membres du jury et lui aussi avait apporté de bons arguments. C'était un excellent avocat, tout comme elle. Elle priait silencieusement et demanda à Dieu qu'elle gagne le procès. Elle ne voulait en aucun cas decevoir sa cliente, mais quand le juge clama enfin haut et fort sa décision, elle crut qu'elle allait s'évanouir. Elle avait perdu le procès. Elle avait échoué.

Quand elle vit sa cliente s'écrouler par terre en éclatant en sanglots, Sophia eut une vive douleur à la poitrine. Elle ressentait exactement ce que ressentait cette mère qui venait de perdre son enfant et cette scène lui rappela sa propre histoire, sa blessure qui ne cicatriserait jamais tant qu'il n'aurait pas payé. Sophia aurait aimé réconforter sa cliente, mais elle se trouvait même indigne de l'aborder. Elle n'avait pas fait son travail correctement, malgré tout l'espoir que cette mère désespérée avait mis en elle, elle l'avait déçue.

Elle s'avanca prudemment d' elle et lui dit d'un ton rempli de culpabilité :

- Je suis vraiment désolée Martha, je ne v...

Avant qu'elle puisse terminer sa phrase, la dame en question lui donna une gifle, montrant toute sa colère.

- J'avais confiance en vous. Vous n'avez pas su me défendre correctement et maintenant je viens de perdre la garde de mon enfant à cause de vous, hurla celle-ci.

Sophia ne la blâmait pas car elle avait complètement raison. Elle méritait cette gifle. Elle aurait dû chercher des arguments beaucoup plus convainquants afin de convaincre le juge. Comment pouvait-elle se dire excellente alors qu'elle venait de détruire la vie d'une mère ? Alors qu'elle venait de lui prendre ce qu'elle avait de plus cher au monde ?

Je vous fais confiance Sophia, je sais que vous allez gagner ce procès et me ramener mon fils.

Voilà ce qu'elle lui avait dit une heure plus tôt avant le procès. Comment avait-elle pu perdre ce procès ? Pourtant, elle s' était battue corps et âme pour que sa cliente puisse avoir la garde de son enfant. Pour la première fois qu'elle venait de perdre une affaire, il fallait que ce soit celle-ci.

- Je sais que je mérite votre colère mais j'ai fait tout ce que j'ai pu. Si vous voulez je peux...

- Mais taisez-vous. Vous êtes une incapable, je ne veux plus vous revoir, partez. Partez !

Face aux cris de cette femme, le chagrin envahit le coeur de Sophia. Elle avait envie de hurler, de pleurer elle aussi, mais elle avait déjà versé toutes les larmes de son corps pendant plus de deux ans. Ça faisait un siècle qu'elle n'avait plus pleuré, elle s'était endurcie en attendant sa revanche. Elle s' avanca à reculons puis prit ses jambes à son cou. Jamais elle n' allait se pardonner d' avoir perdu ce procès.

Elle arriva chez elle fatiguée - déboussolée. Elle s'assit sur le canapé, la tête baissée, les mains sur le visage. Les propos de sa cliente lui revinrent en mémoire  et son propre passé ressurgit. Elle repensa à cette terrible nuit, où elle agonisait dans son propre sang. La pire nuit de sa vie. La nuit de la mort de son enfant. Bien qu'elle s'y attendait au plus profond de son coeur, elle refusait de le croire, elle ne pouvait en aucun cas l'accepter. Un rêve auquel elle tenait tant s'est brisé à cause d'un seul homme. Il l'a détruite et a fait d'elle ce qu'elle était aujourd'hui : une femme froide, malheureuse et aigrie.

Ne voulant plus penser à cette époque de sa vie, Sophia se leva d'un bond puis alla se préparer un café. Maintenant elle devait être heureuse. Elle avait tout ce qu'une femme désirait : un mari fou amoureux d'elle et un petit garçon de trois ans très gentil et qui aimait sa maman. Mais elle était trop égoïste pour jouir de ce bonheur, trop détruite, trop blessée. Elle ne pouvait pas être heureuse, chaque soir, elle faisait le même cauchemar. Elle serait en paix que le jour où cet homme serait mort et enterré, la cause de tout ses malheurs.

Vers neuf heures, dans la soirée, Sophia sentit quelqu'un la secouer. Elle sursauta brusquement manquant de tomber par terre.

- Hé, mais calme toi ma petite reine. Ce n'est que ton chéri d'amour, lui dit une voix chaleureuse.

Elle se rendit compte qu'elle s'était endormie sur le canapé après avoir bu son café. Elle était sûrement trop fatiguée pour avoir dormi si longtemps aussi inconfortablement. Il était à peine cinq heures quand elle était revenue de l'audience. L' audience. En se rappelant de cet-après midi, son visage s'assombrit. Elle se souvenait encore de la colère de sa cliente quand le juge avait donné sa décision finale. Mais elle avait aussi vu son désespoir, son chagrin. Les même sentiments qu'elle avait ressenti il y a sept ans. Elle ne devait pas penser à ça maintenant. L'homme de sa vie se tenait devant elle, comme toujours avec sa bonne humeur, toujours aussi beau et beaucoup plus mature.

- Quelque chose ne va pas ma chérie ? La questionna t-il  l'air inquiet.

Elle ne voulait en aucun cas l'ennuyer avec ses problèmes car il était sûrement fatigué. Être médecin, ce n'était pas facile.

- Oui ça va, lui répondit-elle avec un sourire.

- Ah non, tu ne vas pas me tromper avec ce petit sourire. Je te connais assez pour savoir quand ça ne va pas, lui dit-il en s'asseyant près d'elle tout en joignant ses mains aux siennes.

- Je te raconterai plus tard, maintenant tu dois être fatigué.

- Je suis sûr que c'est en rapport avec ton procès. Ça s'est mal passé ? Je sais que tu gagnes toujours.

Non cette fois elle avait échoué et le plus terrible ce fut qu' elle a été payée alors qu'elle n'a même pas pu faire ce qu'on lui a demandé.

- Non, je ne gagne pas toujours. Aujourd'hui, j'ai échoué et tu ne sais pas combien ma cliente m'en veut. Elle m'a même giflée. J'ai tout fait de travers aujourd'hui, se larmenta-t-elle

- Je suis désolé ma chérie, mais ce n'est pas de ta faute. Je suis sûr que tu as fait tout ce que tu as pu. Tu es une excellente avocate. Ta cliente était trop perturbée sur le moment, c'est pour cela qu'elle a agi ainsi, la rassura t-il de sa voix douce .

- Je sais que tu dis ça pour me rassurer mais tu ne m'enlèveras pas de la tête que tout était de ma faute. Désormais, cette femme va me haïr pour toujours, je le sais.

- Non non et non , ne dis pas ça. On ne peut pas toujours gagner dans la vie ma chérie, c'est un fait. Quand ta cliente se sera calmée, elle le comprendra. Rien n'est de ta faute. Moi je continuerai toujours de croire en toi et je t'aime.

Il avait toujours les mots pour la rassurer. Sa voix chaleureuse et douce suffit à dissiper ses doutes. Bien qu'elle n'était pas rassurée à cent pour cent qu'elle était complètement innocente dans l'histoire, il était au moins arrivé à la faire se sentir moins coupable et elle ne le remercierait jamais assez pour sa présence à ses côtés, son soutien et son amour.

- Oh Alex, dit-elle en se lovant dans les bras du père de son fils.

Hé voilà le premier chapitre du tome 2! Vous ne vous attendiez pas à ça n'est - ce pas mais ne vous inquiétez pas, ça ne part pas en couilles Mdr. Mon cerveau fonctionne normalement et je sais ce que je fais. Le début, les péripéties, le dénouement et la fin, tout est là... L'histoire est complètement achevée dans ma tête. En tout cas, j'espère que ce chapitre vous a plu.

Ceux qui n'ont pas trop compris, faudrait voir le tome 1 de " Amour ou Haine";)

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Amour Ou Haine Tome 2Stories to obsess over. Discover now