On aurait pu rêver mieux comme vie que celle sur un bout d'île. Calona était un très bel endroit, avec ses grandes maisons de pierre, ses hauts bâtiments sur la colline au bord de l'eau où résidaient les riches de la ville, ses rues étroites qui servaient à protéger du soleil en été, et de la neige quand il y en avait en hiver, sa prairie où paissaient des troupeaux de vaches et de calches, des sortes de gros yack avec de longs poils et avec de longues défenses leur sortant de chaque côté de la mâchoire, comme des mandibules.
Jack, un jeune adolescent, n'aurait pas été à plaindre de vivre dans une cité comme Calona, si seulement elle n'était pas la seule chose qu'il connaissait en raison de l'immense mur de roche noire qui barrait le chemin vers l'intérieur des terres . Entre le mur et la cité de Calona se trouvait une large prairie ainsi qu'une forêt et un petit lac.
Cela faisait des siècles que les ancêtres de Jack essayaient de percer le secret de ce mur, grand comme une montagne, frôlant les nuages et qui les coupaient complètement de ce qu'il y avait derrière. Certains avançaient l'hypothèse comme quoi ce mur serait une séparation entre eux et un monde peuplé de Dieux, d'autres comme quoi ce n'était pas un mal, mais une séparation pour défendre Calona d'un grand danger, comme dans les anciennes légendes orales que se transmettaient les Sages de la ville. D'autres n'en avait rien à faire de sa raison, mais s'intéressaient à sa structure : comment un mur aussi haut pouvait-il tenir alors que lorsque les architectes construisaient des maisons de plus de quatre étages, celles-ci menaçaient de s'effondrer ? La mère de Jack, Adeline, qui faisait partie de cette dernière catégorie, avait raconté à son fils, quand il n'avait encore que six ans, que lorsqu'elle était petite, le soir, elle sortait de la maison de son père pour aller voir comment était le mur. Cela lui prenait à peu près une vingtaine de minutes à y arriver en courant, mais elle passait toute la nuit à caresser la pierre, à observer les irrégularités de la pierre sombre, à essayer d'escalader parfois, jusqu'au jour où elle en devint complètement accro, si bien qu'elle voulut avoir dans sa chambre un petit morceau de ce mur. C'est ainsi qu'armée d'une pelle, elle avait été creusée au pied du mur pour avoir un peu de cette pierre noire comme la nuit et dure comme un diamant.
Jack avait eu du mal à la croire au début. Pour lui, sa mère était une personne très intéressée par ce qu'il se passait dans son village, mais pas par ce grand mur. Il avait faux sur toute la ligne et changea d'avis le jour où sa mère lui montra un petit trou dans le mur pendant une balade et qu'en rentrant, elle posa dans ses mains une pierre de la taille d'une pomme, qui correspondait parfaitement au trou qui se trouvait dans la paroi du mur.
- Mais maman, lui avait alors dit Jack, tu m'as dit que cette roche était inconsolable.
- Incassable mon chéri, oui. Il y avait déjà une fissure autour de ce morceau quand je suis arrivée, je n'ai juste eu qu'à donner quelques coups de pelle pour qu'il tombe du mur. Mais il est possible de l'extraire sans l'aide d'une fissure, il suffit de taper beaucoup de fois dessus et surtout très fort.
- Waaaw. Dis, je pourrais en avoir une moi aussi ?
- Quand tu seras plus grand, tu travailleras sans doute dans la mine comme papa. Tu pourras en prendre si tu as de la chance.
Sauf que ce que Jack ne savait pas, c'est que ce jour allait arriver très vite. Avant ses dix ans, la vie était tellement parfaite : il chahutait avec ses amis, essayait parfois d'escalader le mur, allait pêcher avec son grand-père, restait parfois des heures devant l'eau vive de la mer, passionné par les remous des vagues incontrôlables. Puis quand vint son dixième anniversaire, son père, qu'il voyait malheureusement très peu, lui apprit que désormais, ils allaient travailler ensemble à la mine.
Au début, c'était une excellente nouvelle pour Jack : il allait avoir sa propre pierre noire ! Il marchait avec un sourire jusqu'aux oreilles vers la mine, une pioche sur son épaule et son père à ses côtés. Ils étaient arrivés avant que le soleil ne se lève devant une rangée de trous, espacés plus ou moins par cinq mètres. Puis un homme avait remis à son père une sorte de petite plaque gravée de la taille de la main, avec un sept écrit dessus. Son père avait alors dit :
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Ovyka, Tome 1 [terminée, le tome 2 arrive]
FantasyLa mer. Une ville. Un mur. Voilà ce à quoi ressemble Calona, coupée du reste du monde. Ce qu'il y a de l'autre côté du mur? Des spéculations: des Dieux? Des créatures mythiques? Des vaches et des forêts? Personne à Calona ne le sait, hormis les énig...
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