My life without you

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Est -ce que vous savez pourquoi on dit libre comme l'air ? ou libre tel un oiseau ?

C'est parce qu'il n'y a rien de plus libre qu'un oiseau. Il n'a pas de famille, pas d'amis, il ne possède rien, seulement le nécessaire : sa vie. Ne connaissant pas ses parents, il ne se demande pas si c'est un enfant désiré ou pas. Dans mon cas, je ne le suis pas. Je ne suis pas venue au monde par accident mais presque. Ma mère voulait une seconde fille, mon père non, et il me le fait comprendre aujourd'hui. Je ressens pour ma sœur, Mathilde, ce que mon père ressent pour moi : du dégoût. Et il ressent pour ma sœur, ce qu'il ne ressentira jamais pour moi : de l'amour. Je n'ai pas choisi ma famille, et je n'ai pas choisi de vivre. Si cela avait été mon choix, j'aurais probablement décliné cette offre. Il n'y a rien de pire d'être l'enfant de trop dans une famille parfaite.


L'oiseau libre n'est qu'un cliché, mais la vie est une réalité qui nous ramène tout le temps à elle. Malgré la liberté que peut posséder un oiseau, ce dernier ne pourra jamais décider de son destin, il est condamné à rester en vie, il ne se tuera jamais intentionnellement. C'est de la survie, si un oiseau décide de tomber d'une branche, il ne mourra pas. Avant de toucher le sol il fera rebattre ses ailes car il a peur de la mort comme tout le monde. 

On dit aussi souvent, que même si les amis partent et nous laissent, la famille, elle sera toujours là et nous aimera toujours. Moi je trouve que c'est l'inverse. Mes amis étaient la seule chose qui me donnait encore une once d'envie de m'accrocher à la vie. Alors on fait comment lorsque même eux ne sont plus là ? Ils ne m'ont pas laissé non. Je déménage à 6000 km d'eux, je vis en France et je déménage au Canada. Là où je suis née.

Je vais laisser cette petite lumière dans ma vie qui comptait le plus pour moi. Ils me soutenaient tous et savait la vérité sur mon existence. Il y avait Héloïse.

C'était mon ange gardien, mon étoile. Elle était toujours là pour me dire que tout allait bien alors que tout allait mal. Lorsque mon père exerçait sa torture morale sur moi en me disant les pires atrocités tout en restant courtois : « tu n'as pas ta place ici ma pauvre fille, alors tu connais la porte de sortie », « tu fais honneur à la chanson de Georges Brasainsse » (il faisait référence à une chanson qui disait que le temps ne fait rien à l'affaire, quand on est con, on est con) ; ou encore « pourquoi n'es-tu pas comme ta sœur ? », parfois son vocabulaire fleuri refessait surface : « Il n'y a rien à faire c'est une connasse et elle le restera toute sa vie » disait-il à ma mère et des choses plus classiques devenues courantes et quotidiennes pour moi « va chier, t'es trop con ». Ce genre de choses, qui avaient le don de m'enfoncer encore un peu plus dans la terre, Héloïse savait me les faire oublier, cette fille m'était indispensable, et elle l'est toujours.

C'était la plus importante de tous, bien sur il y avait des garçons qui me faisaient rire comme Hector, Tom, mon préféré, Arthur : également des filles qui me faisaient sortir de ma chambre comme Yasmine. Mais Héloïse était mon pilier, elle me faisait survivre et me redonnait, un peu plus tous les jours, le goût de la vie, ce que c'était vraiment vivre sa vie. Vivre sa vie se n'est pas aller tous les jours en cours, avoir de bonnes notes, rentrer le soir, se faire rabaisser par son père se coucher et recommencer ce cercle vicieux à l'infini toute notre vie en changeant la case « aller à l'école » pour « aller au travail ». Non, la vie, ce n'est pas ça.

La vie, c'est avoir des fous-rire avec ses ami(e)s, c'est crier dans la rue, chanter, danser, en se foutant de ce que les gens peuvent penser au moment où ils nous voient faire les imbéciles, c'est faire des bêtises, c'est aussi s'angueuler avec ses amis... Mais les amis, les vrais amis, reviendront toujours, toujours, ils ne vous laisseront jamais et seront toujours là pour vous, peut importe ce que vous avez fait, peu importe ce que vous avez dis ou pas dis. Un ami ou une amie, un vrai, c'est fait pour pardonner et passer au-dessus de tout, voilà d'où est né cette phrase « ami pour la vie », elle n'est respectée que très rarement vu la société dans laquelle nous sommes tous plongés : la société du paraître. C'est une vie que j'ai du mal à vivre pleinement.

Tout ça pour dire que je n'ai aucune idée de comment je vais faire au Canada, je veux que tout s'arrête ici, maintenant, à Strasbourg. Je ne poserai plus jamais les pieds sur le territoire canadien, c'est une promesse.

J'ai peur et je ne sais plus quoi faire, il suffit que j'y pense et je termine en larmes. Mettez-vous à ma place, dans ma situation, je vais arriver dans un endroit où le mode de vie est totalement différent du miens actuellement, dans une famille qui rêve de me voir disparaître et des amis inexistants. Ma vie va devenir un véritable enfer. Voilà pourquoi ma volonté d'en finir est si grande. 


J'ai déjà pensé plusieurs fois à disparaître de ce monde, pour renaître dans une autre vie. Ma vie est un bordel, mais étonnement, lorsque l'on met fin à cette torture, tout semble tellement plus beau.

Il m'est déjà arrivé de nombreuses fois d'imaginer cette scène :

La vie ne tient qu'à un fil et les doigts de la mort vont vite le couper. Couper le fil. Couper les veines. J'attraperai le couteau, à ma droite, le canif a manche doré, que j'ai affuté pour l'occasion. On croirait une fête, j'ai mis mon beau chemisier blanc et j'ai rangé ma chambre, pour une fois, mon bureau est en ordre et l'outil de mort posé dessus détonne à peine, tout est tellement joli...

Je vais essayer de ne pas tacher le parquet de mon sang, maman, mais je ne te promets pas que je vais y arriver. Je ne contrôlerai plus rien à ce moment...

S'il vous plaît, avant de me ranger dans un cercueil, ne me fermez pas les yeux, je veux voir... Et puis si vous m'incinerez, n'oubliez pas de ramasser les cendres et de les éparpiller aux quatre vents qui chantent. Si vous ne comprenez rien, ce n'est pas grave. C'est mon monde intérieur, je ne vous l'ai jamais raconté et aujourd'hui il est trop tard. Vous n'aviez qu'à demander aussi, c'est votre faute, je n'avais jamais dit que c'était secret, je n'avais pas posé le gros cadenas du silence...

Et si je dis que je veux mourir, c'est parce que tout me déchire... Vous en serez la cause, mes chers parents. Je vous délivre de ce poids que je suis devenue pour vous.

Une grosse larme roula sur le papier. Et voilà, j'avais réussi à me décourager. Je n'étais même pas capable de réussir mon suicide, à défaut de réussir ma vie... La fin restait toujours la même, je n'avais pas le courage d'aller jusqu'au bout.

Finalement la vie devait s'attacher à moi telle une sangsue... Peut-être qu'une vie est finalement faite pour être vécue et que cette dernière me donne une dernière chance de sauver le peu de moi qui reste intact au venin des autres. 

-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------Coucou tout le monde, voici mon one shot, j'espère qu'il vous a plu... je tiens à vous dire que ce one shot est vraiment très personnel.

Si vous avez aimé ma façon d'écrire et que vous désirez une suite, n'hésitez pas à me le dire en commentaire, je serai ravi d'écrire une vrai histoire avec une héroïne possédant les mêmes conditions de vie. J'ai très envie d'en faire une mais je ne sais pas si ce type d'histoires vous plait. Faites la lire au plus de gens possibles s'il vous plait car c'est un sujet qui me tient à coeur et je sais que ce n'est qu'un cas parmis tant d'autres. N'hésitez donc pas à me donner votre avis en commentaires et à me dire si vous voulez une suite.

If life wasn't a choiceLa tua prossima ossessione. Scoprilo ora