OS // Creshendo Ralenti // (Sherene)

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Écrit dans le cadre de la nuit de l'écriture sur le thème « Corps »
C'est bizarre.
Vraiment bizarre xD

« Combien de notes ? »

Son regard froid, au prunelles incendiées, à la pupille d'encre qui s'étale sur le bleu de glace de ses iris, caresse, brûle, frôle et murmure aux courbes de sa peau.

Il la regarde, chaque grain, chaque détail, chaque ombre. Il compte ses grains de beautés, mémorise chaque teinte, de la plus pâle à la plus sombre, écrit dans sa mémoire comme on marque au fer de forge rougeoyant toutes les arcanes de ses formes. Ses doigts, longilignes, aux onces d'un tremblement effacé, grattent de leur dextérité musicienne les cordes de son violon. Le bois transpire des pores de son écorce comme suintent les lèvres vermeilles de son amante, ses souffles séducteurs s'évaporant dans l'atmosphère.

Il n'entend que l'écho en souffle de son cœur battant, au tic lascif et au tac brutal, douce mélodie à l'horloge de ses pensées. Son palais est désert, le marbre est vide, la pierre est creuse, il n'y a que lui et le violon de son passé, au pied du feu dansant dans le foyer, et le silence. Le silence.

Il ne réfléchit pas, il pense. Non, il ne pense même plus, il ressent, avide d'émotions, avide de sentiments qui méprise autant qu'il désire ressentir. Ses poumons se gonflent et puis se vide, et il sent parcourir sa peau un long frisson, qui soulève son épiderme au contact de son regard. Bleu, brûlant, exquis.

Combien de notes ?

Combien de notes pour chacun de ses souffles, combien d'accords pour le noir lumineux de ses cheveux, combien de gammes, combien de sens pour capter chaque expression, chaque murmure ? Les plis de sa poitrine, le galbe de ses hanches, la rosée sur ses pommettes. Une palette infinie de couleur, un morceau qui ne s'arrête jamais.

Lentement le violon glisse en velours jusqu'au parquet, sa chemise en lin se plie, son regard vole au dessus de son visage. Leurs peaux fusionnent, glissent l'une contre l'autre et se fondent. Leurs dents s'entrechoquent, leurs lèvres fourmillent et se dévorent, tout s'embrase, et les cœurs sont accordés.

Combien de notes pour le corps de la Femme ?

Et toute la nuit Sherlock joua de ses lèvres et de ses mains la partition de son corps contre les courbes d'Irene, jusqu'à ce que pointe le jour, sans jamais cesser.

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