La première chose que je fais lorsque je rentre chez moi, c'est ôter mes chaussures ainsi que ma veste pour ensuite aller apprécier le doux parfum des tartines chaudes dans la cuisine. J'y retrouve ma mère qui travaille sur un nouveau design de rode. Mon père est au travail et mon frère jumeau ne tarde pas à rentrer lui aussi. Je m'assois près de ma génitrice et soulève le torchon qui tient au chaud les tranches de pain grillées pour ensuite en attraper une. J'étale de la confiture sur celle-ci et croque dedans.
Ma mère lève les yeux vers moi et retire ses lunettes en souriant :
- Alors cette rentrée ?
- Comme d'habitude, très calme.
- Tes professeurs et ton emploie du temps te conviennent ?
- Oui.
- Quelque chose ne va pas ? questionne-t-elle d'un air grave.
- Fatiguée mais je vais bien.
On entend la porte d'entrée s'ouvrir et Tomas entre dans la cuisine. Tomas est mon frère jumeau et il me ressemble quand même beaucoup. Ses cheveux sont châtain et ses yeux verts ardoise. La seule chose qui nous différencie, physiquement, c'est notre taille. Lui est grand et aussi fin qu'une brindille alors que moi, je suis plus petite et bien en chaire. Lui et moi sommes très proches et je préfère détourner le regard parce que dès qu'il verra mes yeux, il comprendra.
« - Salut ! Tomtom est de retour ! »
Tomtom est un surnom affectif que nous lui donnons. Il fait un grand bond jusqu'à nous et embrasse notre génitrice sur la joue et au moment de m'embrasser aussi, il se stop et me chuchote :
« - Cinq minutes, dans ma chambre. »
Il termine son geste, attrape lui aussi une tartine puis se tourne :
« - Je monte, il faut que je travaille un morceau. »
Je termine de manger et essuis les quelques miettes qui persistent sur les coins de mes lèvres.
- Zoé, interpelle ma mère, Tu me dirais si quelque chose n'allait pas ?
- Oui, ne t'en fais pas.
Je sourie et me presse pour rejoindre Tom. Je monte les quelques marches qui séparent les deux étages de notre duplex et me dirige vers la porte de sa chambre. Une mélodie que je connais bien s'en dégage. J'adore écouter mon frère jouer de la guitare mais ce que j'aime encore plus, c'est pouvoir me confier à lui. Alors j'entre dans la pièce et au même moment la mélodie cesse. Je me tourne et lorsque ses iris rencontrent les miennes, je lâche prise. Tout le poids de cette horrible journée retombe enfin alors je pleurs. O combien j'ai pleuré tous les sept Septembre depuis maintenant deux ans.
Vous vous demandez pourquoi ? Eh bien, même si ce n'est pas le cas, je vais vous le dire. Il y a deux ans, j'ai perdu les personnes que j'aimais le plus après mon frère. Ils étaient ceux qui me rendaient heureuse. Blake et Sasha. Ma meilleure amie et mon copain. Ils étaient ceux qui me faisaient rire, même dans les moments les plus tristes. Ils étaient les rayons de soleil qui illuminaient le ciel gris pendant les périodes de pluie.
Mais du jour au lendemain, tout s'est arrêté. Le sept septembre 2014, ils ont disparu sans laisser de trace. Leurs parents étaient fous d'inquiétude. Puis un jour, la police d'une ville voisine a retrouvé la voiture de Blake au fond d'un ravin. A l'intérieur, il ne restait plus que le corps sans vie de sa sœur et le sien avait disparu. Le commissaire a toujours dit que c'était les coyotes qui l'avaient dévoré et cette idée me donnait envie de vomir à chaque fois que j'y pensait. Pendant des mois, j'ai guetté le moindre signe de vie mais en vain.
Alors, j'ai fait mon d'œil. J'ai été à leur enterrement et j'ai essayé de tourner la page. Mais ce n'est pas si simple. Oublier quelqu'un qu'on a aimé, c'est comme essayer de remonter à la surface lorsque la respiration nous manque, le temps nous parait long.
Aujourd'hui, je me sens mieux. Il n'y a plus qu'une cicatrice qui ne s'effacera surement jamais mais qui fait partie de moi. Mais ce jour est quand même difficile à surmonter. Heureusement, Tomas est là. Il est resté avec moi depuis le début et cet évènement nous a rapproché plus que jamais.
Je m'assois à côté de lui sur son lit et il me prend dans ses bras.
- Hey, ça va aller.
- Ils me manquent.
- Je sais... Mais je suis là. Et maman et papa aussi.
- Je sais.
- Il faut que tu arrêtes de te renfermer et que tu laisses jaillir tes émotions. Que tu cris à la mort que tu es forte et que rien ne peut t'abattre.
- Mais je ne suis pas indestructible Tom.
- Tu as été brisée mais maintenant, une petite plante repousse ici, il désigne mon cœur, Et c'est une nouvelle page qui se tourne.
Je l'enlace et le sers de toutes mes forces, étreinte qu'il me rend.
- Euh... Tu m'étouffes, soufflais-je en tentant de garder le peu de souffle qu'il me reste. Il me lâche, Merci, merci d'être là.
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Aime-moi encore
Novela JuvenilIl a disparu sans laisser de traces. Ils l'ont déclaré mort après un an. Tout le monde commençait à l'oublier, moi y compris mais un événement inattendu viendra tout chambouler. «- Je suis un monstre. - NON ! C'est faux.»
