1. Dans la peau de Kenza

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- Imbécile, va ! criai-je, rouge de colère, le souffle court, les poings crispés. Mon visage était si chaud qu'on aurait pu y faire frire un œuf. J'avais l'impression que mes tempes allaient exploser.

- Et toi, tu t'es vue ? ricana-t-il en se tenant les côtes. Ta tête, on dirait une pastèque sous pression ! Il riait à pleins poumons, sans aucune peur des conséquences. Inconscient.

Il avait osé ?! Il allait le regretter.

- Ma tête ?! hurlai-je, outrée. Genre elle pèse plus de cinq kilos ? Donc je suis obèse... de la tête maintenant ? Je tapais du pied, furieuse, mes mains tremblaient. Eh bah tu sais quoi ? Va te marier avec une autre ! Espèce de gros bouffon !

J'étais tellement enragée que j'en oubliais de respirer. L'air me manquait, mais ma colère me portait encore.

- Pff, bah si tu veux ! lança-t-il avec un faux calme provocant. Moi, y'a pas de souci. Je pars au bled, pépère, je me fais un deuxième mariage tranquillou. De toute façon, tu me respectes même pas.

Ce chausson moisi ne tenait vraiment pas à sa vie. Il avait un instinct de survie proche de zéro.

Je voyais rouge. Rouge sang.

Je lui sautai dessus avec la grâce d'un fauve affamé. On bascula en arrière, lui s'étala sur le lit, et moi au-dessus, prête à rendre justice.

Je le giflai. Une, deux, trois claques, pas vraiment fortes, mais pleines de rage. Il riait encore.

- T'appelles ça frapper, toi ? lança-t-il en se redressant brusquement. Attends, je vais te montrer comment on frappe.

Et là, sans prévenir, il m'attrapa par la taille et commença à me chatouiller.

- Non... non... t'oses pas faire ça... arrête ! criai-je en me débattant, pliée de rire malgré moi. C'était incontrôlable. Mon ventre se tordait, mes jambes s'agitaient dans tous les sens. J'étouffais de rire.

Et puis...

Je pissai de rire. Littéralement.

- Putain ! hurlais-je, les joues en feu, entre honte, rage et fou rire. Je te déteste !

J'avais envie de lui exploser le crâne contre le mur. Il m'avait humiliée. Mais le pire... c'est qu'il m'avait fait rire.

Il sortit de notre chambre en rigolant si fort.

Et là, je détestais ça.

Comment j'étais censée rester crédible après ça ?
Comment rester cette fille rancunière, froide, qui devait lui faire regretter ses fautes ?

Parce que oui... malgré le rire, malgré le jeu... il ne comprenait rien à ma douleur. Il ne savait pas ce que c'était, être broyée émotionnellement, chaque jour, par ses erreurs passées.

Oui, j'étais violente. Vulgaire.
Mais après tous ses coups bas, après tout ce qu'il m'avait fait subir, mon cœur ne pouvait plus battre comme avant.

Il était devenu un cœur blindé. Un cœur qui serre les dents. Un cœur qui calcule.

Je n'étais plus cette fille douce.
J'étais devenue cette fille blessée. Rancunière. Méfiante. Dangereuse.

Et il allait me le payer.
Peut-être pas aujourd'hui.
Peut-être pas demain.
Mais un jour.

Pour le meilleur et pour le pire.Stories to obsess over. Discover now