"Arrête de crier!" et "arrête Joëlle où je te fais mal!" qu'il criait. J'entendais le tiroir de la cuisine s'ouvrir et mon père qui farfouillait dans les ustensiles. J'avais douze ans. Joëlle en avait huit. J'étais assis sur mon lit et je me bouchais les oreilles. Les cris et les pleurent de ma soeur... je n'en pouvais plus.
Je me suis levé et je suis sortie de ma chambre. Les rideaux étaient fermés. Ils étaient toujours fermés. Les bouteilles de bière trainaient partout sur le comptoir. La bouteille de whisky était vide maintenant. Mon père gifla ma soeur et la plaqua contre le mur. "La ferme Joëlle!" et "Je vais te violer ma petite chatte! Je vais te faire crier!" qu'il disait. Ma soeur est tout ce que j'ai dans la vie depuis que notre mère nous a laissés avec ce con qu'on doit appeler "papa". Le couteau à viande se trouvait à côté du poulet sans plume. je n'ai jamais aimé le poulet. Pas depuis que j'ai regardé mon père couper la tête d'un coq, pour le manger au souper. Faire ça devant un enfant de six ans sa marque.
Je pris le couteau entre mes mains. Il était plutôt lourd et froid. Il avait encore du sang de poulet dessus. Mon père la souleva par les hanches tandis qu'elle se débattait et criait. Il lui enleva la petite veste de laine rose que je lui ai offerte. Elle adorait cette veste-là. J'approchai et levai le couteau au-dessus de ma tête. Je n'étais pas conscient des conséquences que ça allait causer. Tout ce que je voulais, c'était voir ma soeur sourire, encore. Mon père ouvrit la bouche pour cracher ces mots horribles, mais ma lame lui traversa la gorge. Ça a fait un drôle de bruit. Un espèce de gargouillis humide. Si j'aurais planté le couteau un peu plus à droite, j'aurais touché la colonne. Mon père lâcha Joëlle et tomba au sol comme un sac de sable. Une flaque visqueuse rouge se répandait lentement sur le tapis de la cuisine. Ma soeur fixait mon père avec de grands yeux apeurer. Elle était trop jeune pour comprendre. Je la pris dans mes bras et la serra fort. "Je vais appeler la police d'accord? Je suis là" que j'ai dit. J'ai pris le téléphone et composa le 911. C'était le seul numéro que je connaissais.
J'expliquai à la dame ce que j'ai fait. Mais pas pour quelles raisons je l'ai fait. Vingt minutes plus tard, des policiers me forçaient à embarquer dans leur voiture à sirène. Je regardai ma soeur par la fenêtre de l'auto, tandis qu'on me mettait les menottes. "Sourit, Joëlle" que j'ai pensé.
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Hey, Joker!
Teen Fiction"Il fait noir. Seuls deux spots de lumière au plafond sont allumés formant un cercle de lumière, m'éclairant. Mes poignets sont attachés ensemble par des chaînes, relier au plafond. Je touche à peine le sol avec le bout de mes bottes, et je ne sens...
