Ses pas résonnaient. Dans un claquement distinct, cela frappait les murs du couloir étroit et carrelé où des portes anonymes en fer l'observaient. L'air chargé de poussières recelait une forte odeur d'éther, de métal et de mort. Voilà bien le problème avec ce type de planques, les fragrances de cadavres ne disparaissaient jamais. Un peu comme des relents de foutre sur une pute ayant dépassé la quarantaine...
Les néons dilapidaient leur lueur pâle, découpant les pourtours de sa silhouette et l'étendaient le long des artères souterraines qu'il empruntait. Dans les tréfonds de cette bâtisse, il pensait à son empire et au rythme de sa vie qui désormais se fracassait contre les vagues du chaos.
Il était Leo Conti. Il était L'Imperatore , quarante années lui avaient été nécessaires pour consolider son monde, pour le construire et le façonner à sa volonté. Son fils avait soigneusement éclaté toutes les fondations en dix ans. Ce fond de burnes, cet incapable, avait donc enfin réussi quelque chose. Cela aurait pu être une fierté si ce n'était pas aussi pitoyable. Se le jouer traître capricieux voulant et volant les affaires de Papa... quelle sous-merde !Ce petit enculé lui faisait perdre un temps précieux. Non, rectification, ce petit connard et sa pute lui faisaient perdre un temps précieux. Et cela l'exaspérait.
De tempérament calme, paisible et impérial, Leo Conti n'était pas du style à s'agiter. Pour cela, son aîné lui ressemblait. Gabriel était son portrait craché, les vices qui l'habitaient étaient un peu les siens, bien qu'il ne soit pas de nature sodomite. Comme tout jeune individu curieux des années 70, il avait tenté de goûter ces plaisirs, mais ces parfums n'étaient pas pour lui. Il appréciait la chair ferme d'une femme, aux cuisses galbées et aux nibards à damner un Saint. Sa passion allait sur les abricots juteux, les chattes voluptueuses et les tailles marquées. Sans parler des culs ronds et rebondis, prompts à accueillir une fessée bien méritée.
Comme tout homme, il avait aimé. Une fois, follement, une innocente à son univers, hélas. Et elle lui avait donné Gabriel. Elle avait été la seule créature qui ne lui avait pas cédé, qui n'avait pas rejoint ses flancs, la seule qui avait préféré fuir la Camorra et son Maître : Alessia. Et tout cela, en emportant le fruit de leur passion amoureuse, un garçon, un bâtard...
Sans prendre le temps d'en souffrir, il avait fait ce qui devait être. Comme tout mâle impérial digne de ce nom, il avait épousé une princesse pour solidifier son royaume. Une femelle intéressante qui s'était lentement transformée en être insipide, acariâtre et mauvaise. Peut-être que c'était de sa faute, il l'avait trompée, bafouée et généralement cela ne pousse pas les dames à avoir de bonnes dispositions. Certes, il ne l'avait jamais réellement portée dans son cœur. Elle avait été une alliance nécessaire, rien de plus. Le pire dans tout cela, c'est qu'elle lui avait donné un héritier inapte, vindicatif, caractériel, aussi nerveux qu'elle, tout autant fourbe. Un enfant légitime pour lequel il n'avait jamais eu de véritable intérêt.
Quoique cela soit faux. Au début, au tout début, il avait apprécié Leandro. Il l'avait aimé. Puis le gamin s'était montré vaniteux, capricieux, colérique et l'avait exaspéré. Les mandales n'avaient jamais servi pour lui faire entendre raison et Leo, étant du genre à se lasser des choses indisciplinées, le négligea comme il l'avait fait avec la mère. Ainsi son épouse, Giorgia, avait répandu sa haine dans le corps et l'esprit de sa progéniture...
Il récoltait aujourd'hui les mauvaises graines qu'il avait lui-même semées. Seul restait un Empire sans Impératrice, sans héritier, et un chaos sournois mené par des fils de putes. Une armada construite par son cadet, fait de traîtres, de sbires et autres carcasses médiocres, certains de pouvoir gagner et obtenir son Univers. Ils se gouraient tous, personne n'aurait jamais son Monde, pas tant qu'il aurait assez d'air dans ses poumons pour les baiser et leur remémorer qui était le Maître de La Camorra.
Alors qu'il poursuivait son avancée, la silhouette agile d'un rondouillard apparut à l'extrémité du couloir. La calvitie couronnait son crâne et la sueur nappait son front. Vittorio Lucchese pressait le pas, se dépêchant d'aller à l'encontre de son Seigneur, l'expression préoccupée et contrariée.
— Tu es en avance, je t'ai dit que je t'appellerai...
Sa voix convenait parfaitement à son physique : un timbre gras, lent, minutieux. S'il ne payait pas de mine comparée au dirigeant de ce monde, le rondouillard aux tournures de pâte à pizza bien reposée était un artiste. L'art et la manière pour faire avouer, en usant et abusant de tout ce qu'il pouvait inventer. Vittorio Lucchese était un génie de la souffrance, un amoureux du sadisme et un virtuose de la douleur. La seule personne qui l'égalait demeurait son fils, probablement resté auprès de la victime.
— Elle résiste toujours ?
Le son nasal de son subalterne suffit. Il comprenait que la Demoiselle n'avait pas encore choisi de se mettre à table. En même temps, fallait-il s'attendre à autre chose de la part de cette Lilliputienne ?
Elle avait une sacrée paire de couilles malgré tout.
Leo saisissait l'agacement du Maestro. La liste de ceux qui lui avaient tenu tête tenait sur un post-it. Chacun avait ses faiblesses et le mafieux pouvait les trouver, il suffisait d'étudier lentement l'autre. Le problème, c'est que sa victime avait une tare, une sorte d'incapacité à exister. Comme si elle avait été formatée à n'être rien de plus qu'une chose obéissante, ce qui était certainement le cas. Un tel diamant noir se façonnait. Il n'apparaissait pas d'un coup de baguette magique, d'un abracadabra sorti du cul d'une licorne. Non... c'était bien plus lent. Une éducation du plus jeune âge, un chien qu'on faisait plier dès les premiers jours de vie...
— La suite nuptiale est prête, signifia L'Imperatore à son subalterne.
Derrière ses lunettes rondes, il détailla celui qui le surplombait. Vittorio renifla, piqué au vif à l'idée de déjà en venir là...
— Bien, nous l'amenons.
Le démon eut un rictus digne du Diable, son œil pétilla de plaisir quant à l'idée de la suite. Il tira de l'intérieur de son costume un étui en argent et prit soin de choisir le cigarillo qu'il allait porter à ses lèvres. Avec nonchalance, il tourna le bâton brun et sentit sous la pulpe de ses doigts les contours nervurés de celui-ci.
Ses pensées filèrent sur ce qui était arrivé, la trahison lente de son cadet et le bordel déclenché au sein de la Camorra. Leandro avait tant désiré obtenir sa place, rêvant de le destituer. Hélas, le fils s'était fait étaler par l'enfant prodigue et sa bande de bras cassés se retrouvait le nez dans la merde.
Leo ne sous-estimait pas les faits, rien n'était réellement arrangé. Le chaos engendrait rarement quelque chose de convenable. Et pour l'heure, il régnait encore mordillant la chair blessée de l'Empire. Des rongeurs sournois aiguisant leurs dents sur les os à vif de la Camorra. Il se remit en marche, allumant le tabac pour son plaisir et couvrit ainsi le parfum malodorant des artères labyrinthiques de l'Hôtel. Un surnom lancé à la cantonade jadis qui était resté. Ici, dans les entrailles, on retenait des gens, des ennemis, des pauvres hères parfois et on le faisait bien.
Ce n'était pas une sinécure et la suite ne le serait pas pour Carmilla Parelli.
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A seductive taste [DARKROMANCE, AGE GAP, MAFIA] [PUBLIE CHEZ IE EDITIONS ]
Romance***Attention : 🔞 histoire contenant des scènes de sexe et de violence très explicites - Public averti** L'empire de Leo Conti vacille, pour rétablir l'ordre, il fait appel aux dévots et à la Signorina... Le retour de cette femme dans sa vie l'empo...
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