Engendrement [Tome 2]

By Plume_Venus

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Isabella n'est plus la même. Le deuil a tout emporté sur son passage : son insouciance, ses rêves, son avenir... More

Avant-propos
Prologue
1. Ressemblance
2. Un père
3. Un dilemme irrésolvable
4. Petits miracles
5. Une battante
6. Drôle de coïncidence
7. Propriété exclusive
8. Sexy
9. Course poursuite
10. Prénoms
11. Brooklyn
12. Un pari
13. Le passé reste dans le passé
14. La relaxation
15. Un frisson
16. Entraînement
17. Le pire jour de sa vie
18. Une belle journée
19. Anniversaire
20. Complications
21. Tout ira bien
22. Lien du sang
23. Préparatifs
24. Baby Shower
25. Fierté mal placée
26. Poussez !
27. Un choix
28. La tempête
29. Prendre la relève
30. On ne naît pas fou, on le devient
31. J'ai besoin de toi
32. En froid
33. Une amie
34. Post-partum
35. Retrouvailles
36. Paranoïaque
37. Le verdict
38. Gentleman
39. Impardonnable
40. Combat intérieur
41. Seconde nuit de noces
43. Le nom du coupable
44. Un mot de sécurité
45. Coming out
46. Film dramatique
47. Traumatismes
48. Graves conséquences
49. Entre douleur et douceur
50. Obéissance
51. Shibari
52. Plan B
53. Repas familial
54. Défoulement
55. La cible idéale
56. Révélation
57. On vit pour faire des expériences
58. Drôle de famille
59. Des yeux identiques
60. La lumière au bout du tunnel
61. Escapade en amoureux
62. Proposition inattendue
CONTRAT BDSM DE SOUMISSION
63. Quadruple date
64. Sanctuaire
65. Procès à la con
66. Entre deux feux
67. L'amour avec un grand A
68. Un mariage d'amour
Épilogue 1
Épilogue 2
Remerciements ♡
Suite ?

42. Curieuse petite

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By Plume_Venus

Mes livres sont dispos uniquement sur Wattpad et Inkitt, si vous en croisez autre part, prévenez moi !

Merci et bonne lecture ❤️

Point de vue de Chris :

J'avais offert ma virginité à ma femme.

Oui, je l'avais fait, et je ne regrettais rien.

Cette expérience m'avait plus marqué que ma première fois avec Alice.

Quand un homme fait l'amour pour la première fois, il n'y a aucune preuve physique visible ; pas de perte de sang, pas de douleur. À part la maladresse due à l'inexpérience, la galère à trouver le bon trou, et l'éjaculation dans un corps chaud – sans oublier la capote – la première fois d'un mec n'avait rien d'éprouvant sur le plan physique.

Bien sûr, psychologiquement, tout y était : le trac, la peur d'être précoce, la crainte de blesser sa partenaire, la charge sociale...

Ce que j'avais vécu avec ma femme n'avait rien d'homosexuel et je refusais de remettre ma sexualité en question. Il m'avait fallu du temps pour accepter ce fantasme qu'Isabella m'avait inculqué avec tant d'insistance sur le pegging. J'adorais les massages prostatiques, alors aller plus loin ne m'avait pas coûté.

Voir Isabella, toujours si féminine et raffinée, sanglée avec un gode m'avait perturbé au début. Tout à coup, elle prenait la place de mâle entreprenant que j'avais toujours occupée. J'avais aussi peur de perdre toute virilité à ses yeux une fois qu'elle m'aurait pénétré, peur que son fantasme ne se transforme en cauchemar et que cette première fois soit aussi la dernière.

Et puis, faire ça dans la cabine d'un yacht, avec des inconnus rôdant aux alentours, aurait pu nous bloquer. Mais nous avions pris ce risque pour notre premier anniversaire de mariage, et je voulais que ce soit exceptionnel.

Et ça l'était.

Je voulais même recommencer. Seule Isabella provoquait en moi ce genre de désir, de besoin. Je voulais aller toujours plus loin, la laisser me pousser dans mes retranchements, m'abandonner à elle, me soumettre, devenir celui qu'elle voudrait que je sois et faire tout ce qu'elle me demanderait.

Sur le plan sexuel, je n'étais pas à plaindre. J'avais la partenaire parfaite. Je n'avais toujours pas fait l'amour à ma femme, mais ce ne serait tarder. Elle était prête, alors quand ce sera le bon moment. Nous le ferons. Je n'étais pas pressé.

En attendant, je pouvais me concentrer sur mes préoccupations quotidiennes : premièrement, le boulot, et deuxièmement, Isabella qui me harcelait pour que j'aille m'expliquer avec ma mère, chose que je ne pouvais pas faire. Il était trop tôt. Tant que je n'étais pas certain qu'Alice ne m'avait pas raconté des bobards, je ne pourrais pas affronter ma mère. Je devais réfléchir à cette histoire à tête reposée.

— Monsieur Warner ?

Je me stoppai devant Natalie, pas d'humeur à être agacé aujourd'hui.

— Bonjour Natalie, qui y a-t-il ?

— Bonjour...

Je posai ma main sur la poignée de la porte de mon bureau, mais elle se planta devant moi, tremblante.

— Attendez ! Vous m'avez ordonné de ne laisser personne entrer dans votre bureau, mais... elle ne m'a pas écouté et je n'ai pas pu la faire sortir...

Mon regard se fit plus sombre.

— Qui ça, Natalie ?

— Une petite fille...

Quoi ? C'est quoi ce bordel encore ?

— Tu veux me dire qu'il y a une gamine que je ne connais pas dans mon bureau ? haussai-je le ton.

— Je ne sais pas comment elle a fait pour entrer. Je vais faire venir la sécurité si vous voulez.

Énervé comme jamais, je pressai la poignée en ordonnant à l'assistance de se pousser. Je pénétrai dans mon bureau et refermai la porte derrière moi. En levant les yeux, je découvris une fillette aux longs cheveux bruns, vêtue d'une mignonne petite robe rose, assise dans mon fauteuil, et elle riait en le faisant tourner. Je restai bouche bée.

C'est qui cette môme, bordel ?

En entendant mes pas se rapprocher d'elle, elle stoppa son jeu et leva ses grands yeux bleus vers moi. Leur nuance de ressemblance avec les miens me laissa stupéfait, et je me figeai comme un con.

— Bonjour monsieur, dit-elle en inclinant légèrement sa tête sur le côté.

Sa voix était enfantine, teintée d'amusement. Détends-toi, Christopher. C'est juste une blague de mauvais goût.

— T'es qui, toi ?

— Je m'appelle Selena.

— Tes parents ne t'ont jamais appris à ne pas parler aux inconnus ? Et encore moins à entrer dans ce genre d'endroit toute seule ?

— C'est maman qui m'a emmené. Elle m'a dit d'attendre qu'elle vienne me chercher, répondit-elle.

— Ta maman travaille ici ?

Elle gloussa.

— Non, maman ne travaille pas.

Ok, donc une femme qui ne fait pas partie du personnel a escorté sa fille jusqu'ici et l'a abandonné dans mon bureau ? C'est une putain de blague ?

— Tu peux me donner les coordonnés de ta maman, Selena ? Son numéro de téléphone ou votre adresse ? dis-je en me rapprochant davantage.

— Non, je n'en connais aucun.

Je fronçai les sourcils.

— Tu as quel âge ?

— Dix ans, répondit-elle en souriant.

— Tu es grande, tu dois sûrement connaître ton adresse.

— Non, je ne la connais pas parce qu'on vient d'emménager.

Je grognai intérieurement. Quel bordel !

— Bon, tu peux me donner ton nom de famille ? Et le prénom de ta maman ?

— Non, afficha-t-elle un sourire espiègle. Maman m'a dit de ne pas donner mon nom aux inconnus.

Je blêmis.

— Ce n'est pas un jeu, Selena. Je dois retrouver ta mère et te ramener chez toi, tentai-je de la raisonner.

— Pourquoi t'es si grognon, monsieur ?

Malgré moi, un sourire étira mes lèvres.

— Chris. Je m'appelle Chris.

Je m'assis au bord du bureau, tandis qu'elle restait confortablement installée dans mon fauteuil, en face de moi. Elle était adorable et pourtant, quelque chose en elle ne m'inspirait pas confiance. J'avais un mauvais pressentiment.

— C'est drôle, on a les mêmes yeux ! s'exclama-t-elle en m'observant attentivement.

— Je ne crois pas non...

— Tu es très beau ! Tu as une amoureuse ?

Je ris. Avais-je réellement ce genre de conversation avec une gamine que je ne connaissais pas ?

— Oui, j'en ai une. Je suis marié, en fait.

— Ta femme est belle ?

— Oui, très belle, mais la vraie beauté vient du cœur. Ta maman ne t'a pas appris ça non plus ?

— Non, répondit-elle nonchalamment, ma maman est la plus belle femme du monde ! Et je lui ressemble beaucoup, alors je sais que je suis belle.

Je me pinçai les lèvres pour ne pas rire. Egocentrique à dix ans ? J'aurais tout vu.

— Selena, tu dois me donner ton nom de famille. Il faut contacter tes parents.

— Je n'ai pas envie de rentrer. Tu ne veux pas qu'on aille manger une glace ?

Je contractai la mâchoire.

— Tu ne me connais pas, Selena. Ce que tu fais est très dangereux. Tu ne peux pas sympathiser avec des étrangers.

— Tu es un méchant ? grimaça-t-elle.

— Non, mais...

— Alors je te fais confiance. Tu me fais penser à mon papa.

Elle a donc un père aussi.

Je réfléchissais à peine à ce que je devais faire de cette gosse quand elle se jeta brusquement dans mes bras et tenta de me chatouiller. Surpris, je la rattrapai de justesse avant qu'elle ne tombe et se fasse mal. Elle riait à gorge déployée, et je ne pus m'empêcher de rire avec elle. Je la soulevai dans mes bras. Elle était minuscule.

— Allez, Chris ! S'il te plaît ! Je veux une glace !

— À condition que tu me laisses te ramener chez toi après, cédai-je.

— D'accord !

Je la reposai au sol et lui tendis ma main qu'elle prit chaleureusement. Mon cœur se gonfla. Elle était très attachante. Nous quittâmes mon bureau et tombâmes sur une Natalie totalement affolée.

— Je suis terriblement désolée, Monsieur Warner. J'ai cherché à comprendre comment elle a fait pour atterrir ici, mais...

— Tout va bien, Natalie. Je vais la ramener chez elle, fis-je calmement.

Elle semblait confuse, mais hocha docilement la tête. J'emmenai la petite jusqu'au parking, et elle sautilla en découvrant ma voiture.

— Elle est aussi belle que celle de papa !

— Ah oui ? arquai-je un sourcil. Tu appartiens à un milieu aisé alors...

— Mon papa attrape les méchants, c'est son boulot, et maman fait tout le temps du shopping.

Je l'aidai à s'installer dans le siège passager de ma Ferrari et attachai sa ceinture en réfléchissant à ce qu'elle venait de me dire. Son père est policier ? Chasseur de primes ?

Je soufflai, puis pris place à mon tour et démarrai. Je gardai un œil sur Selena et la vis se tordre le cou pour regarder les sièges arrière. Elle avait repéré les peluches de mes bébés qui traînaient derrière. J'aimais avoir un petit bout d'eux avec moi quand j'étais loin de chez moi.

— Tu as des enfants ? me demanda-t-elle.

— Oui, des jumeaux. Une fille et un garçon.

— C'est trop cool ! Ils s'appellent comment ?

— Ariel et Amaël.

— Je peux les rencontrer ? J'adorerais me faire des amis ici, je n'en ai aucun.

Je grimaçai, navré pour elle.

— C'est que... ils sont encore bébés... tu ne pourrais pas jouer avec eux.

— Oh... dommage.

Elle semblait déçue, et pour une raison qui m'échappait, mon cœur se serra. Il était clair qu'elle se sentait très seule.

— Alors dis-moi, ma voiture est plus cool que celle de ton père, hein ? la taquinai-je.

Elle haussa les épaules.

— Non.

— Mais... c'est une décapotable !

— Celle de papa aussi !

— Tu sais de quel modèle il s'agit ? l'interrogeai-je, curieux.

— Non, je suis trop jeune. Je ne m'y connais pas en voitures de luxe.

Je souris. Très futée, la fillette.

— Ton papa est policier ? continuai-je de lui faire la conversation.

— Secret professionnel !

— Alors c'est un oui.

— Il dit toujours ça quand maman lui pose des questions sur son travail, avoua-t-elle.

— Tu as des frères et sœurs ?

— Non. Papa veut un autre bébé, mais maman ne veut pas...

Je plissai les yeux. Quels parents laisseraient leur enfant écouter ce genre de conversation ?

— Tes parents sont mariés ?

— Non, répondit-elle. Ils ne sont même pas amoureux.

Je fronçai les sourcils.

— Attends, pourquoi ton père voudrait agrandir votre famille s'il n'est même pas en couple avec ta mère ?

— Il lui donne de l'argent pour qu'elle reste avec nous. Papa travaille beaucoup et il dit que j'ai besoin d'une maman...

Putain, c'est quoi cette histoire ?

— Selena... ma question est délicate, mais tu es grande pour comprendre ; est-ce ta maman est ta vraie maman ou est-ce que c'est...

— Oui, c'est ma vraie maman ! sourit-elle. Je lui ressemble beaucoup, je te l'ai dit !

Quel genre de mère resterait dans la vie de sa fille biologique contre de l'argent ?

— Tu veux me raconter autre chose sur toi ? J'aimerais mieux te connaître, essayai-je de l'amadouer pour en savoir plus.

— J'adore la glace au chocolat et ma couleur préférée, c'est le violet !

— Intéressant, souris-je. Quoi autre ?

— Avant de venir ici, on vivait au Texas, papa et moi. Maman venait le week-end et se disputait beaucoup avec papa... Puis un jour, ils ont décidé de venir dans cette ville... On vit tous les trois ensemble maintenant, je suis trop contente !

— Ça fait longtemps que vous avez emménagé ?

— Après le Nouvel An...

— Tu sais pourquoi tes parents ont soudainement décidé de venir ici et de s'installer ensemble ? continuai-je.

— Non, je sais juste qu'ils ont des problèmes...

— Quel genre ? m'enquis-je en haussant les sourcils.

Elle se pinça les lèvres, hésitant à cracher le morceau.

— Tu peux me faire confiance, Selena, je veux seulement t'aider.

— Maman n'a jamais été amoureuse de papa, elle aime quelqu'un d'autre, et elle est venue à New York pour lui... et papa a des trucs de famille à régler...

— Tes parents sont originaires de cette ville alors ?

— Je crois... Je ne sais pas...

— Tu es heureuse chez toi ? Je veux dire... tes parents te traitent bien et prennent bien soin de toi ?

— Mon papa surtout, je l'aime tellement ! Je sais que maman m'aime, mais à sa façon...

— Si jamais tu as le moindre problème chez toi, tu dois me le dire, insistai-je.

— Je t'ai tout dis, Chris... Et ça ne plairait pas à maman si elle l'apprenait.

— Ne t'en fais pas pour ça, ça restera notre petit secret, la rassurai-je.

— D'accord ! Merci ! Je t'aime bien, tu sais ?

— Je t'aime bien aussi, dis-je sincèrement.

Rapidement, nous arrivâmes devant le marchand de glaces, et la brune sautilla joyeusement en choisissant un cornet à deux boules, chocolat et fraise. J'optai pour une glace à la vanille, et nous nous baladâmes près de Central Park. Selena me confia qu'elle n'avait pas vraiment visité la ville, ses parents étant trop débordés pour l'emmener faire des promenades.

À chaque confidence de sa part, je me sentais tout bizarre. Comme si une flamme s'était allumée en moi depuis notre rencontre. Elle était intelligente, drôle et pleine de vie... Je ne voudrais pas juger, mais elle méritait de meilleurs parents, surtout une meilleure mère.

— Je dois te dire quelque chose, dit-elle soudainement en se stoppant dans sa marche.

— Je t'écoute.

— Ce n'est pas maman qui m'a emmené à ton travail...

Je me figeai.

— Quoi ? Qui alors ?

— J'y suis allée toute seule.

Toute seule ? C'est un putain de canular ?

— J'ai trouvé un papier dans la veste de maman avec l'adresse... Je suis montée dans un taxi et je lui ai demandé de m'y emmener, raconta-t-elle.

— Bon sang, Selena ! Tu n'as que dix ans !

— J'ai l'habitude... Je me débrouille comme une grande...

— Non, c'est très grave ! Tu as fugué de chez toi ! Putain, tes parents doivent être morts d'inquiétude !

Elle gloussa inexplicablement.

— Quoi ? Qu'est-ce qui te fait rire ?

— Tu viens de dire un gros mot devant une enfant sans t'en rendre compte !

Je fermai les yeux en jurant intérieurement. Me faire sermonner par une gosse de dix ans, c'était le comble !

— Ça suffit, je te ramène chez toi. Donne-moi ton adresse immédiatement !

— Ce n'est pas loin d'ici, viens !

Elle glissa sa petite main dans la mienne, et nous marchâmes jusqu'à atteindre le quartier d'Upper West Side. Selena s'arrêta devant un immense immeuble, et avant que je n'aie le temps de poser des questions, une femme d'une trentaine d'années courut vers nous. La petite lâcha ma main et se réfugia dans ses bras.

— Dieu soit loué ! J'ai eu tellement peur... Où étais-je ? Qu'est-ce qui t'a pris de sortir toute seule ? la gronda-t-elle.

— Je suis désolée, murmura Selena en baissant honteusement la tête.

La dame soupira, mêlant désespoir et soulagement, avant de lever les yeux vers moi.

— Merci de l'avoir ramené, monsieur. Je ne sais pas ce qui se serait passé si...

— Vous êtes sa mère ? posai-je la question sans détour.

— Oh, non, je ne suis que la baby-sitter. Ses parents sont absents et elle est sous ma responsabilité. Je ne sais pas comment elle a fait, je la croyais en train de jouer dans sa chambre... Je suis désolé si elle vous a causé des ennuis...

— Non, elle a été sage, mais ce qu'elle a fait est très grave. Elle aurait pu se faire agresser ou croiser des gens malintentionnés. Surveillez-la mieux, la prochaine fois.

La petite m'adressa un sourire taquin.

— Oui, j'y veillerai... merci beaucoup, monsieur...

Je lui fis un sourire poli et, les mains dans les poches, je tournai les talons. Soudain, je sentis une lourde pression sur ma jambe, stoppant mon élan. Je baissai les yeux pour voir la petite fripouille s'accrocher à moi comme un bébé koala.

— Selena ! Lâche-le immédiatement ! la gronda sa baby-sitter.

— Ce n'est pas grave, laissez... Qu'est-ce qu'il y a, Selena ?

— Je ne veux pas que tu partes... Je m'ennuie ici, je veux encore me balader dans ta Ferrari...

Sceptique, je m'accroupis à sa hauteur et elle me relâcha lentement.

— Je croyais que tu étais trop jeune pour t'y connaître en voitures de luxe ?

Elle se pinça les lèvres, démasquée.

— J'ai peut-être caché la vérité.

— Ça s'appelle mentir, et c'est mal, Selena. Tu m'as menti sur autre chose ?

— Non ! Ma couleur préférée est vraiment le violet.

— Selena...

— Tout est vrai, promis jurée !

— D'accord, je veux bien te croire, mais tu dois me promettre que tu ne referas plus ce que tu as fait aujourd'hui, d'accord ?

— Oui, promis... Mais j'aimerais beaucoup te revoir... On est ami, non ?

Ne craque pas, Chris, sa tête de chien battu n'a aucun effet sur toi...

— Oui, on est ami, Selena.

Je me relevai et tendis ma carte à sa baby-sitter. Elle la prit, dubitative, et ses yeux s'arrondirent en découvrant mon identité.

— Je ne sais pas si ses parents seraient d'accord, mais vous pouvez me contacter si jamais elle a besoin de quoi que ce soit.

— Chris Warner ? ne crut-elle pas ses yeux.

— En chair et en os, souris-je. Bon, je dois y aller... Selena, tu veux bien rester sage pour moi ?

— Oui, répondit-elle, le visage rayonnant.

— Ok, à bientôt alors !

— À bientôt Chris ! lança-t-elle joyeusement alors que je m'éloignais.

Quelle curieuse petite...

***

— Chérie ! Tu ne devineras jamais ce qui m'est arrivé aujourd'hui ! gueulai-je en entrant dans la maison.

N'obtenant aucune réponse, je fronçai les sourcils et me dirigeai vers le salon, vide. Marie n'était pas dans la cuisine non plus, bien qu'il ne soit même pas 18h.

Légèrement inquiet, je grimpai les escaliers jusqu'à ma chambre et ouvris la porte pour trouver ma femme allongée dans notre lit, vêtue d'une nuisette blanche, entourée de pétales de roses rouges écarquillées sur les draps pourpres.

Ma mâchoire tomba en découvrant une table basse en bois au milieu de la grande pièce, sur laquelle se trouvaient une marmite, deux bols, des couverts, des verres, une bouteille de champagne, et, le plus surprenant, une chandelle au centre.

Une douce musique flottait dans l'air, accentuant l'ambiance romantique, accompagnée d'une lumière tamisée et de quelques bougies parfumées à la rose.

— Isabella ?

Elle tourna la tête dans ma direction et me sourit amoureusement avant de se lever et de marcher vers moi dans sa tenue super sexy. Mon souffle se coupa. J'aurais juré que cette journée était l'une des plus étranges que j'aie vécues, mais à cet instant, je ne voulais pas qu'elle s'achève.

— Bonsoir, mon amour, susurra-t-elle.

— Salut...

Sa main glissa dans mes cheveux tandis que l'autre agrippait ma nuque, et elle plaqua ses lèvres contre les miennes avec passion. Je ne pus résister à la tentation de poser mes mains sur ses fesses, et d'enfoncer ma langue dans sa bouche pour l'explorer dans les moindres recoins. Mon érection se réveilla progressivement, et ce n'était pas faute de contrôler mes pulsions.

— Bébé... C'est quoi tout ça ? On fête quelque chose ? l'interrogeai-je en m'écartant légèrement.

— Oui.

Je cherchai dans ma mémoire, sans succès, une date spéciale pour notre couple.

— Quoi donc ? arquai-je les sourcils.

— Je voulais juste t'exprimer à quel point je t'aime, Christopher...

Elle avait fait tout ça juste pour moi ? J'étais fou de cette femme. Complétement fou d'elle !

J'agrippai sa taille et la soulevai dans les airs. Elle hoqueta puis se mit à rigoler. Je plaquai mes lèvres contre les siennes et la portai jusqu'au lit. J'avais la dalle, et la délicieuse odeur de la soupe faisait gargouiller mon ventre, mais mon désir de croquer ma femme était plus intense.

— Chéri... attends, me repoussa-t-elle gentiment.

Je fronçai les sourcils et la laissai reculer un pas. Elle caressait délicatement ma barbe, semblant hésiter à me dire quelque chose, ce qui me rendait encore plus frustré.

— Qu'est-ce qu'il y a ?

— Tu as vu tes parents cette semaine ? me demanda-t-elle.

Sérieux ? Mes parents ? Elle voulait parler de ça maintenant ?

— Je ne sais pas... je crois que non, soufflai-je distraitement.

— Chéri... je sais que tu es une vraie tête de mule, mais ne fais pas ça. Ne repousse pas ta mère. Elle t'aime plus que tout et ton comportement la rend malheureuse... Elle est venue me voir aujourd'hui et elle était bouleversée... Chris ?

J'avais cessé d'écouter. Bordel, elle était presque nue, à proximité de mon corps en manque... Sa petite voix timide, ses mains qu'elle agitait inconsciemment en parlant et ses yeux plissés par la concentration... Elle était magnifique et je n'étais qu'un pauvre homme vulnérable.

— Chris ! Tu m'écoutes ? m'appela-t-elle en claquant ses doigts devant moi. Concentre-toi ! Lève les yeux, eh !

J'étais en train de mater ses seins comme un puceau. Fantastique.

— Désolé, je n'ai rien écouté, grommelai-je en m'effondrant sur le lit à côté d'elle, épuisé.

Elle afficha une moue compatissante.

— Dure journée ?

— Ouais... Il m'est arrivé un truc... J'ai l'impression que ce n'était pas réel et que j'ai tout imaginé...

— Tu veux me raconter ? fit-elle en se glissant à genoux devant moi.

Elle m'ôta mes chaussures, une après l'autre, et commença à faire de même avec mes chaussettes. Je l'observais sans objection, appréciant ses attentions.

Je ne pus empêcher de penser à la petite Selena. Est-ce que ses parents étaient rentrés pour s'occuper d'elle ? Sa mère, était-elle vraiment sa génitrice ? Et si c'était le cas, pourquoi semblait-elle dépourvue de tout instinct maternel ? Méprisait-elle sa fille ne restant dans sa vie que pour l'argent ? Et son père dans tout ça ? Pourquoi laissait-il sa fille, prétendument aimée, dans un environnement aussi toxique ?

La petite n'était pas stupide. Elle comprenait ce qui se passait et cherchait inconsciemment de l'aide. Je n'avais traîné qu'une petite heure avec elle, mais je m'étais sincèrement attaché à elle. Je voulais la protéger, être sa bouée de sauvetage si jamais elle en avait besoin.

— Ce serait trop long à raconter...

— On a toute la soirée.

— Ouais, mais comme on dit, la nuit porte conseil. Je préfère garder ça pour moi jusqu'à demain... Ça ne t'embête pas ?

Elle se pencha pour déboucler ma ceinture, fit sauter mon seul bouton et baissa ma braguette. Je hissai le bassin pour lui permettre de m'ôter aisément mon jean.

— Pas de problème, mon chéri, répondit-elle en souriant.

Elle attrapa l'ourlet de mon t-shirt et en se redressant, le fit passer par-dessus ma tête. Me retrouvant uniquement vêtu de mon boxer, je la saisis par les hanches et la fis asseoir sur mes cuisses.

Tout sourire, elle posa ses lèvres sur les miennes. Ses petites mains délicates se mirent à me masser les épaules pour détendre mes muscles contractés. Je gémis entre deux baisers.

— Alors... de quoi tu me parlais déjà ? murmurai-je contre elle.

— De ta mère, andouille ! On va en discuter en dînant, viens !

Elle me prit la main et nous guida vers la petite table garnie. Je fis un détour par le berceau des jumeaux pour les voir paisiblement endormis, puis m'installai en tailleur sur le coussin que la blonde m'avait préparé. Elle prit place en face de moi.

Elle retira le couvercle de la marmite en souriant, et mon ventre gargouilla en sentant l'odeur alléchante de la soupe au poulet. C'était définitivement le meilleur plat du monde !

— Je me suis mise aux fourneaux spécialement pour toi ce soir !

— Tu... vraiment ? C'est toi qui as cuisiné ?

Elle gloussa en saisissant la louche, la remplit puis versa la soupe dans mon bol. Je ne pus attendre qu'elle remplisse le sien avant de goûter à la première culière. Mes yeux s'écarquillèrent immédiatement. Mon épouse se figea en voyant ma réaction, inquiète.

— Chris ?

— C'est trop bon ! Comment tu as fait ? C'est exactement comme je l'adore ! Il n'y a que ma mère qui sait doser la bonne quantité de piment...

— Je te l'ai dit, elle est venue me voir et m'a aidé à cuisiner, répondit-elle.

Merde, il était vrai que je n'avais pas été attentif tout à l'heure, quand elle me racontait tout cela. Je soupirai et continuai à manger en silence, évitant son regard. Elle m'observait, et je savais qu'elle mourrait d'envie de me passer un savon parce que je négligeais mes parents.

— Chris ?

— Vas-y, je t'écoute. Dis-moi ce qui se passe avec ma mère, cédai-je.

— Tu lui manques beaucoup. Je l'ai rassuré du mieux que j'ai pu en lui rappelant que tu es un homme d'affaires très occupé, un mari, un nouveau papa, et que tu n'as pas une minute pour toi, mais ça ne peut pas continuer comme ça. Tu dois trouver du temps pour tes parents. Ce sont tes parents, bon sang !

Je m'attendais à pires représailles, mais bon...

— D'accord. Demain, je rentrerai plus tôt et on ira dîner chez eux, ça te va ? proposai-je.

— C'est un bon début, mais je sais que tu en veux à ta mère pour... Alice.

Je soupirai.

— Ma mère a chassé ma petite-amie de ma vie. J'ai sombré dans la dépression à cause de ça, j'ai tenté de me suicider, et j'ai fréquenté un sadique ! Tout ça à cause de ma mère ! C'est compréhensible que je n'aie pas envie de la voir pour le moment.

— Es-tu sûr qu'Alice t'a dit la vérité ? Tu as des preuves ?

— Non, haussai-je les épaules, mais j'y ai bien réfléchi et tout me semble plus logique. Alice ne m'aurait jamais quitté comme ça, du jour au lendemain, sans raison...

Je ne réalisai pas mon manque de tact face à ce sujet délicat jusqu'à ce que je voie mon épouse repousser son bol à moitié plein et me dévisager sévèrement.

— Si Alice t'aimait réellement, personne n'aurait pu l'influencer. Si elle est partie, c'est parce que, pour elle, votre amour ne valait pas la peine qu'elle se batte !

Ses mots me glacèrent le sang. Elle se leva en entendant l'un des jumeaux gazouiller, se dirigea vers le co-dodo et prit notre fils dans ses bras pour le câliner. Je fermai les yeux en me maudissant intérieurement de ne pas avoir pesé mes mots.

Isabella était plus sensible depuis qu'elle était devenue maman et je devais faire attention à ne pas la blesser. Je lui avais déjà fait du mal en devenant froid avec elle toute une semaine sans lui expliquer ce qui me tracassait vraiment : le retour d'Alice.

Elle m'avait toujours soutenu pour affronter mon passé, mais je ne devais pas abuser de sa compassion en défendant mon ex devant elle. Je n'avais rien à faire d'Alice ; je cherchais juste à comprendre ce qui l'avait poussé à faire ce qu'elle avait fait.

— Bébé ? fis-je doucement en m'approchant d'elle.

Elle me tournait le dos, berçant Amaël contre son épaule et ce dernier me fixait avec ses grands yeux bleus, émettant de petits sons adorables. Je collai mon torse contre le dos de mon épouse, posai une main sur ses hanches et de l'autre, je caressai la joue de mon fils. La blonde frissonna à ma proximité, mais elle était bien décidée à me bouder.

— Excuse-moi, je n'ai pas dit ça pour la défendre. Je sais bien que si elle est partie, c'est parce que je ne comptais pas tant que ça pour elle... mais je m'en fiche maintenant. C'est du passé. C'est toi mon présent et mon avenir. C'est toi que j'aime, Isabella. Il m'arrive souvent de merder, mais ne doute jamais de mon amour pour toi.

Je l'entendis soupirer et elle tourna légèrement la tête vers moi. Je lui souris sincèrement, et elle ne put résister à me rendre mon sourire.

— Je ne suis pas fâchée, mais tu dois en discuter avec ta mère et mettre les choses au clair avec elle au lieu de tirer des conclusions hâtives sans la moindre preuve, me conseilla-t-elle.

— Je le ferai, je te le promets ma puce.

Elle hocha la tête, avant de reposer le petit dans le berceau à côté de sa sœur - en dépit de la séparation entre eux. Puis, elle pivota vers moi, posa ses mains sur mes joues et caressa ma barbe quelques instants, durant lesquels je l'observai passer sa langue entre ses lèvres roses. Je craquai.

Je l'attrapai par les hanches, la soulevai de sorte que ses pieds quittent le sol, et elle éclata de rire lorsque je la jetai sur le lit en grimpant à califourchon sur elle. Je collai sauvagement nos lèvres, nos langues se livrant à une bataille sensuelle tandis que mes mains exploraient son corps couvert seulement par sa nuisette en soie.

Mes mains trouvèrent ses seins et les malaxèrent doucement, lui arrachant des gémissements étouffés par ma bouche. Le gonflement de ma bosse doublait, et je pressai mon entrejambe contre le sien, la faisant sourire en constatant à quel point je bandais pour elle.

Rien que pour elle.

Impatiente, elle tenta de retirer sa nuisette, mais je saisis ses mains. J'interrompis notre baiser et plongeai mon regard dans le sien, tous deux haletant.

— Tu... tu te sens prête ? lui demandai-je, hésitant.

— Oui, je veux faire l'amour avec toi...

Son affirmation fit briller mes yeux de joie, et je commençai à faire glisser les bretelles de sa nuisette quand des pleurs des jumeaux retentirent. Je fermai les yeux en jurant dans ma barbe et ma femme afficha une petite grimace.

— Je me sens prête, Chris, mais ce ne sera pas pour ce soir...

— Qu'est-ce qu'ils ont ?

— Le pic des deux mois. Ils pleurent beaucoup, mais pas de douleur. Ils ont juste besoin d'être rassurés en permanence.

— Vas-y, ce sont eux la priorité, ne t'en fais pas.

Elle me déposa un petit baiser sur la joue avant de partir s'occuper des bébés. Je m'allongeai sur le lit et ne tardai pas à fermer les yeux, fatigué. L'attente était difficile, et être interrompu ainsi était frustrant, mais maintenant qu'elle se sentait prête, ça devrait se faire très prochainement... Du moins, je l'espérais.

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