Mes yeux se ferment pour s'ouvrir sur l'autre côté.
Le ciel est bleu, le soleil chauffe ma peau blanche et me fait me sentir bien. Nous sommes sur les bords de l'océan atlantique dans une jolie petite ville très fleurie. Il y a des palmiers, des buissons fleuris, d'autres à baies de différentes couleurs et de nombreuses jardinières de fleurs multicolores. Mes parents et moi-même nous promenons le long des quais où se trouvent de nombreux magasins et attrapes touristes.
Soudain, nous entendons le cri des mouettes qui s'éloignent de l'horizon, là où l'océan et le ciel s'embrassent. Le ciel se couvre presque aussitôt, ne laissant plus un seul rayon de soleil transpercer les nuages. Le sol se met alors à trembler légèrement. C'est à peine perceptible. Juste assez pour nous désorienter, ma famille et moi. Le vent se lève et siffle tellement fort que les parasols, les serviettes et les tonnelles en tissus extérieurs des restaurants sont emmenés au loin. Les toits des maisons proches tremblent dans un bruit assourdissant. L'océan commence alors à s'agiter sans que nous comprenions pourquoi.
Nous n'avons pas le temps de comprendre le drame qui est en train de s'abattre sur cette belle ville, que l'océan déborde tout à coup pour recouvrir une grande partie de ce bel endroit. L'eau monte à une vitesse incroyable et je me retrouve rapidement immergée jusqu'au menton. Je ne fais qu'un mètre cinquante-cinq et ma maman, elle, fait quelques centimètres de moins que moi. La pauvre se retrouve presque la tête sous l'eau. Quant à mon père, lui ne craint rien du haut de son un mètre quatre-vingt. J'essaie alors, tant bien que mal de maintenir la tête de ma mère hors de l'eau. Elle est effrayée. Tétanisée par la peur. Je sais que son plus grand cauchemar est de finir noyée. Elle a peur de l'eau. Mon papa l'attrape sous le bras pour maintenir sa tête en sécurité.
Je suis prise d'une panique atroce lorsque que je me rends finalement compte que mon petit frère de dix-neuf ans n'est pas là. Je ne le vois pas. L'horreur me prends les tripes. Sans réfléchir, je plonge tête la première dans cette eau trouble. Je dois le retrouver. J'essaie, tant bien que mal de garder mes yeux ouverts sous l'eau salée et irritante.
Je ne le trouve pas. Je suis prise d'effroi. Je pleure. Je hurle. Je crie son nom. « TOMMY »! Je hurle si fort qu'un goût amer s'installe dans ma gorge. Plus je pense à lui, plus son souvenir se trouble. Comme si il n'était pas là. Comme si il n'avait jamais été là. Mes parents ne comprennent pas qui je cherche et je les regarde avec incompréhension. « MON FRERE ! VOTRE FILS ! ». Où se trouve-t-il ?
Les gens commencent à paniquer et fourmillent dans tous les sens. Mon père me bouscule vivement en arrière de son bras gauche en tenant toujours ma mère à bout de bras. Nous nous retrouvons dos à une petite maison. Elle a des volets en bois peint de couleur rouge avec des petites fleurs blanches. En me poussant contre le mur, je me suis coincé le pied dans un des buissons qui décorait la maison avant l'inondation. Je tente alors de dégager mon pied mais celui-ci est écorché par les épines qui resserrent leur étreinte. J'attrape ma jambe et je sens que le buisson contient des baies plutôt rigide que je sors de l'eau afin de les observer avec attention. Rouges et blanches. Ce sont les couleurs de ces fruits. Ma jambe me fait mal mais je la tire d'un coup sec afin de me dégager. Cette scène ne dure qu'une poignée de secondes mais elle me paraît interminable.
Il n'y a ni soutien, ni humanité. Tout le monde panique et fuit, ne se préoccupant absolument plus d'autrui. Piétinant femmes et enfants sans même un regard ou une once de regrets. Au loin, j'aperçois de petits ailerons nager à toute vitesse dans notre direction. Par chance, ces bêtes ne nous attaquent pas mais nous tournent autour. Comme si, quelque chose les en empêche. Ce ne sont pas des requins. Ils ont une tête de crapaud, un aileron, quatre pattes palmées et une nageoire caudale immensément longue. Ces choses sont effrayantes. Je ne vois pas de dents mais mon instinct me dit qu'ils doivent en avoir de bien affûtées.
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~ Songes Etranges ~
KorkuDepuis ma tendre enfance, je suis sujette aux cauchemars. Du plus simple cauchemar, aux terreurs nocturnes, plusieurs d'entre eux m'ont réellement marqués. Je vous invite de l'autre côté afin de découvrir le rythme de mes nuits angoissantes autour d...
