(Eren est en version s1 physiquement)
Eren : Comment... comment j'en suis arrivé là... ?
Je grelotte, le souffle court, plaqué contre le mur décrépi d'une ruelle noyée de lumière jaune. Mon cœur bat si fort qu'il cogne contre ma poitrine comme un tambour enragé. Autour de moi, quatre types m'encerclent, leurs ombres projetées sur les briques. Leurs rires gras me donnent envie de disparaître dans le sol.
Je m'appelle Eren Jaeger, j'ai dix-sept ans. Je bosse la nuit dans un petit café miteux et j'essaye de garder la tête hors de l'eau depuis que j'ai quitté la maison. J'ai jamais cherché les ennuis. Jamais. Pourtant, j'ai l'impression que ces derniers mois, ils me collent à la peau comme un parfum pourri dont je n'arrive pas à me débarrasser.
L'un des gars me saisit par le col :
— Alors, tu vas payer, ou quoi ? T'as flingué la veste de notre chef, connard !
Je bredouille quelque chose d'incompréhensible. J'ai dû le bousculer sans faire exprès en sortant du café. Ma vie est déjà assez compliquée sans que je me fasse tabasser dans une ruelle.
Et puis... soudain, un silence brutal tombe. Comme si quelqu'un avait coupé le son d'un film.
Un pas léger résonne sur le bitume. Les gars se figent, et se mettent presque au garde-à-vous en s'écartant. Je me retrouve nez à nez avec lui.
Cheveux noirs mi-longs, rasés sur les côtés, tombant légèrement sur des yeux d'un gris glacé, presque argenté. Il n'est pas bien grand, je dirais un mètre soixante, tout au plus, mais il dégage une telle aura que même les murs semblent vouloir reculer. Son regard est aussi acéré qu'une lame.
Et malgré ma panique, un truc en moi bugge. Parce que sous sa veste noire, on devine un corps à la fois nerveux et puissant, comme celui d'un félin prêt à bondir.
Il claque la langue.
— Tch.
Je sursaute presque.
— Euh... je...
Ma voix se perd. Il faut savoir un truc sur moi : je suis super timide. Je parle à peine aux gens, encore moins à un mec qui a l'air de pouvoir m'exploser la mâchoire d'un seul coup de poing.
Son regard se plisse, agacé.
— Quoi ? Tu sais pas parler ? Je t'ai posé une question, gamin.
Je fronce les sourcils. Une question ? Merde. J'étais tellement occupé à le détailler que j'ai pas entendu un seul mot.
— Euh... excuse-moi... j'ai... j'ai pas entendu ta question...
Un des types derrière lui, grand, visage chevalin, intervient :
— Petit, fais gaffe à la façon dont tu parles à notre chef.
Le garçon soupire. D'un air blasé, il répond sans même tourner la tête :
— Jean, j'te l'ai déjà dit. Ne m'appelle pas chef.
Jean grimace.
— Mais che... euh, Livai...
Livai.
Ce nom explose dans ma mémoire comme une décharge électrique.
Livai... ce nom me dit quelque chose...
Mon esprit se met à tourner à toute vitesse. C'est bien lui. Livai Ackerman. Le type dont tout le monde parle dans le quartier. Certains disent qu'il est invincible et qu'il possède le gang le plus influent de la région.
Mes yeux s'écarquillent.
— L-Livai Ackerman... ?
Il lève un sourcil, visiblement amusé par la panique dans ma voix.
— Ouais. Maintenant réponds. Pourquoi t'as sali ma veste ?
Je baisse les yeux, honteux.
— J-j'ai pas fait exprès... je suis désolé !
Livai me fixe longuement. Puis il fait claquer sa langue.
— Mouais... J'accepte d'oublier ça si tu bosses pour moi pendant trois mois.
Je manque m'étrangler.
— T-trois mois ?!
Il tourne déjà les talons, l'air désintéressé.
— Très bien. Alors je laisse mes potes s'occuper de toi.
Je le vois s'éloigner, et les quatre autres types commencent à se rapprocher, poings serrés. La peur me cloue sur place. Ma gorge se serre, mes jambes tremblent.
— LIVAI !! Attends ! D'accord ! J'accepte ! Je ferai tout ce que tu voudras !!
Il s'arrête. Sans se retourner, il lâche sèchement :
— Tch. Bien. Demain, ramène-moi une veste neuve. Et sois à l'heure.
Puis il disparaît au coin de la ruelle.
P.O.V. Livai
Je m'éloigne, mains dans les poches, sous la lueur blafarde des réverbères. Jean me rattrape, toujours aussi bavard.
— Hé, Livai, t'es sûr de ton coup ? Ce petit a l'air complètement largué. Tu comptes vraiment le prendre avec nous ?
Je serre les dents. J'essaie de ne pas y penser. Parce qu'il y a quelque chose chez ce gamin... quelque chose qui me frappe comme une gifle chaque fois que je croise son regard.
Sa voix. Son odeur. Son putain de regard émeraude...
Ça me rappelle lui.
Je me passe une main sur la nuque. Faut que j'arrête d'y penser.
Je ravale un grognement et claque encore la langue.
— Tch. Au moins, il servira de femme de ménage pendant trois mois. Et ça m'évitera d'avoir à supporter la crasse que vous foutez partout, bande de porcs.
Jean éclate de rire. Mais moi, je n'ai pas envie de rire. Parce que la vérité, c'est que cette rencontre me parait être encore un coup de ce foutu destin.
Et je ne suis pas sûr de pouvoir supporter ça une deuxième fois.
P.O.V. Eren
Je reste figé un moment après son départ, à fixer la ruelle vide. Mon cœur refuse de se calmer. Une veste neuve ? Ça coûte une blinde ! Déjà que mon job me suffit à peine pour payer mon loyer...
Merde... qu'est-ce que j'ai encore foutu... ?
Je soupire longuement, sans savoir encore que cette soirée vient de tout changer.
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Le temps nous rattrapera. [Livaï X Eren]
FanfictionEren a tout oublié. Livai, chef redouté d'un gang, veille sur lui avec une tendresse qu'il ne s'explique pas. Dans leurs silences plane le souvenir d'un passé commun, d'un accident qui a tout brisé. Entre secrets, alliances dangereuses et sentiments...
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