Là où tout commence

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Il y a des événements qui vous changent. Des événements dont vous ne pouvez pas ressortir intact. Mon histoire à moi, elle commence quand j'ai voulu y mettre fin. Je m'appelle Zayn Malik, et je suis un survivant.

Voilà, tout a commencé ‪ce jeudi 16 mars‬. Ce jour là, j'étais seul à la maison, mes parents travaillaient, et en me levant j'ai senti, j'ai senti cette douleur, ce poids sur ma poitrine. J'avais cette impression que quelqu'un avait pris mon cœur dans ses mains et le serrait très fort, comme pour le broyer en mille morceaux. Je savais que je ne tiendrai pas plus longtemps, que s'en était trop. Je suis allé dans la salle de bain et j'ai pris ma lame de rasoir, et c'est comme ça que je me retrouve ici, à l'hôpital St. Thomas de Londres.

Même après être sorti du coma, je ne me rendais pas compte de mon erreur. Je n'avais qu'une idée en tête, recommencer, recommencer dès que possible. Je ne pensais pas avoir encore ma place ici parmi les vivants, et je voulais y remédier. Se serait trop long de te raconter ce qui s'est passé pour que j'en arrive là, disons que c'est une accumulation de choses, et puis, je considère que cela ne fait plus partie de moi, ni de mon histoire.

Je me souviens encore de mon réveil. La main chaude de ma mère était posée sur la mienne, mon père était assis au bout de la pièce, sur un petit fauteuil placé là pour les visiteurs, il ne parlait pas, et avait le regard vide.

Je me rappelle également avoir peiné à ouvrir les yeux, mes paupières étaient lourdes, très lourdes. Et elles se sont refermées à plusieurs reprises avant que je ne parvienne à les ouvrir définitivement.

Ma mère s'est effondrée sur moi lorsqu'elle a vu que j'avais repris connaissance. Elle pleurait, pleurait encore, elle ne s'arrêtait plus. Mon père s'est levé très lentement, et s'est dirigé avec précaution jusqu'à moi, comme s'il craignait que je ne sois pas vraiment réveillé.

Nous n'avons pas eu le temps de nous parler, de nous retrouver, car le médecin est entré dans la pièc à ce moment là.

«Ah monsieur Malik, j'ai donc été bien informé, vous voilà de retour parmi nous, me lança t-il avant de poursuivre, comment vous sentez-vous?»

Je voulus lui répondre, je le voulais vraiment, mais aucun son ne sorti de ma bouche. Mes lèvres bougeaient, mais il m'était impossible de dire quoi que se soit. Je tenta une nouvelle fois ma chance, et je ne parvins qu'à émettre un faible son à peine audible.

«Ne vous en faites pas Monsieur Malik, vous retrouverez votre voix très vite, il faut juste que vous repreniez des forces. Tenez prenez ce carnet, et écrivez moi les réponses aux questions que je vais vous poser. Avez-vous mal quelque part?»

J'écrivis un «non» sur le carnet que m'avait donné le docteur.

«Avez-vous soif?»

Sans hésitation, je grattai un «oui!». Ma mère se leva aussitôt, et alla me servir un verre d'eau. Je le bus d'une traite, et n'en n'ai pas laissé une goutte. J'étais vraiment déshydrater, et n'avais pas assez avec le verre que je venais de vider.

Le docteur Martin, c'est son nom, me posa tout un tas de questions, qui m'ennuyaient plus qu'autre chose. Je n'avais envie de rien, et encore moins de passer interrogatoire. Il me laissa au bout de je ne sais pas, 15/20 minutes, et là, j'eus droit à un nouvel interrogatoire, celui de ma mère, mais aussi du pétage de câble de mon père.

Ma mère est une personne très émotive, elle pleure beaucoup, pour tout et n'importe quoi, je n'ose même pas imaginer sa réaction lorsqu'elle a trouvé mon corps inconsciemment, baignant dans mon sang, sur le carrelage froid de la salle de bain.

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