Chapitre 25

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         J'ai descendu les marches pour retrouver Oxane en compagnie d'Emmanuelle dans mon salon. Les deux copines discutaient. Emmanuelle se donnait pour mission de changer les idées de sa meilleure amie qui ne se remettait pas de son placement au sein d'une unité psychiatrique. Son séjour y fut rapide, mais le traumatisme persistait.

— J'espère que ça ne te dérange pas que j'aie permis à Emmanuelle d'entrer. Ce n'est pas chez moi, mais...

Oxane a essuyé ses larmes tandis que sa confidente l'embrassait sur la joue en prenant soin de peigner avec délicatesse sa chevelure emmêlée.

— Je vais nous servir une collation. Emmanuelle, thé, café, eau ou soda ?

— Un thé, s'il vous plaît, Marin.

Je me suis éclipsé dans la cuisine pour permettre aux deux femmes de poursuivre leur échange en toute intimité.

Plus tard, Emmanuelle m'a retrouvé. Face à mon air surpris, elle a précisé qu'Oxane épuisée était montée dormir dans la chambre.

— Je vous remercie Emmanuelle. C'est très aimable à vous d'avoir accepté d'apporter des affaires à Oxane.

— Rien de plus normal. Elle est ma meilleure amie. Je la considère comme ma sœur. Je ne remplacerai jamais Eleanor, mais je serai au côté de mon amie. Je la soutiendrai.

— Vous êtes fille unique ?

Emmanuelle a opiné du chef.

— J'ai toujours rêvé d'avoir des frères et des sœurs. Le destin en a décidé autrement. Quand je vois le drame vécu par les Bourgeois, je me dis que ce n'est peut-être pas plus mal. Oxane est forte. Moi, je n'aurais jamais tenu le coup.

Oxane se terrait dans sa douleur. J'ai tu cette réalité pour lui épargner d'avoir à s'expliquer auprès d'Emmanuelle qui ne savait rien de son saut de l'ange.

— Merci d'accueillir Oxane chez vous et de veiller sur elle, a repris mon hôte. Votre maison est un havre de paix, on s'y sent si bien en y entrant, a-t-elle confié en observant la cuisine ultramoderne.

Terminant de préparer les thés, j'ai invité Emmanuelle à prendre place derrière le bar. Elle s'est installée sur un tabouret sans me lâcher du regard. Un regard curieux. Elle ne voulait pas paraître impolie et s'empêchait de m'assaillir de questions légitimes.

— Si j'ai bien compris, vous et Oxane...

Je me suis assis sur un siège face à elle. L'interrogatoire débutait.

— Oxane et moi ?

— Vous fricotez.

— Si l'on peut dire, oui.

Emmanuelle a approuvé d'un signe de tête puis a poursuivi en serrant la tasse chaude entre ses mains.

— Oxane et vous êtes des amis de longue date ?

La demoiselle grappillait des informations. Au moins, elle était une amie attentive et soucieuse. Un bon point pour elle.

— Emmanuelle, ai-je souri, que souhaitez-vous savoir sur moi ?

— Je suis inquiète. Avant la mi-avril, jamais Oxane ne prononçait votre nom. Depuis quelque temps, vous ne vous quittez plus.

J'ai décelé une pointe de jalousie chez ma sympathique interlocutrice. Rien de méchant, je comprenais que son amie lui manquait.

— Ces dernières semaines, Oxane et moi nous sommes beaucoup rapprochés. Je me suis découvert plusieurs points communs avec elle.

— Lesquels ?

Bleu Magnétique (EN COURS)Où les histoires vivent. Découvrez maintenant