Le printemps a toujours été ma saison favorite. Lorsque j'étais enfant, je me levais à l'aube et guettais les premiers rayons de soleil, je courais dans l'herbe humide en faisant voler la rosée du matin. Je m'amusais à défaire les toiles d'araignées qui semblaient être de fins dessins de cristaux flottant dans l'air frais. L'hiver nous avait fait oublier le son du chant des oiseaux et les jardins en fleurs coloraient les maisons de pierres grises.
C'est ainsi que débutait notre semaine nationale. Colande connaissait l'art du renouveau et la simple idée de l'élection nous sortait tous de la monotonie des dernières semaines.
Aujourd'hui, le goût du printemps a bien changé.
La douceur a été remplacée par la haine. Les delator habitent nos maisons, les combats se multiplient entre le système et les révolutionnaires tandis que le sud ne tient plus les menaces croissantes.
Depuis ce temps là, mon frère et mon meilleur ami Shane ont été élu, à la suite de leur départ, ma vie au collège est devenue un désastre et ma mère rentre de plus en plus tard du conseil.
L'élection à lieu dans quelques heures.
Je me suis levée tôt pour goûter une dernière fois à mes souvenirs. Mais le soleil n'est pas là, et le vent est sec. Les gouttes de rosée n'ont pas coulées sur les toiles de tissus fins et l'herbe fraîche n'a plus d'odeur. Cette époque n'existe plus, elle est révolue. La lumière s'est allumée dans la chambre de mes parents, et l' éclairage traverse la vitre en formant un halo orange dans la végétation de la cour.
Je traîne un peu avant de rentrer, si j'ai la chance de faire partie de l'école aujourd'hui, alors je me promets d'être une nouvelle personne, quelqu'un qui me plaît. Je rentre finalement à l'intérieur et ma mère me regarde avec ce sourire faux des jours où elle est triste. Des jours comme aujourd'hui. Mais c'est elle la plus forte. Elle ne pleurera pas à la cérémonie. Je n'ai pas faim, et me contente de la regarder calmement. Elle mélange du miel dans son thé et sa cuillère rencontre la tasse à rythme régulier.
Je finis enfin par me lever et je me prépare en vitesse avant de faire le tour de la maison pour inspecter chaque pièces et vérifier que je n'ai rien oublié. Je m'arrête une minute devant les miroirs de la salle de bain. J'ai encore une tête d'enfant, c'est vrai. Mes joues sont gonflées naturellement et mes yeux en amandes sont plutôt grands. Ils sont verts mais virent parfois au gris et me donnent un air malade. Ce jeu contraste avec mes longs cheveux bruns. Je les tiens de ma mère.
-Tina, tu es prête ? Me demande-t-elle depuis la cuisine.
Sa voix est posée, encore assez pour que je reconnaisse son intonation.
Je me presse et cette dernière tourne la clé dans la serrure. Ce tintement est si habituel, et la journée si spéciale que je commence à me demander si c'est une chose de plus qui va me manquer.
Je claque la portière un peu fort mais mon père se retient de faire la remarque. Il est froid d'ordinaire, mais je sais qu'au fond il est anxieux. Il l'est tous les jours pour Ulysse et contrairement à moi son élection fut une surprise générale. Nous partons, le silence règne. Le paysage transporte souvent notre esprit assez loin pour oublier où l'on se trouve et même avec qui on voyage. Le trajet est long jusqu'à la ville du vieux fort. Et le calme paisible d'Obona va vite se transformer en cacophonie.
À peine sommes nous arrivés à l'entrée de la ville, que les cotillons pleuvent, les klaxons assourdissant se mêlent à la cohue des passants et les embouteillages nous freine. Mon père se gare avec peine et nous descendons aussitôt. La foule est nombreuse, nous avançons lentement et je marche sur des pieds inconnus en m'excusant aussitôt mais aux mauvais propriétaires qui me répondent avec des regards de travers.
J'arrive à me hisser jusqu'aux places des candidats. Je ne reconnais personne pour l'instant, mais je décide de dire au revoir à mes parents tout de suite. Ils ne parlent pas, mon père me prend dans ses bras et ma mère l'imite. Ils agissent depuis des semaines comme si ce jour allait bel et bien nous séparer mais c'est faux, c'est à peine si Shane rentre tous les week-end. Pour mon frère évidemment c'est un peu différent puisqu'il a été envoyé en terre libre pour soutenir le gouvernement liberator.
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Les Élus De Colande [EN COURS]
General FictionFruit de la légende ou de l'histoire, les écoles des quatre clans ont été créés en l'honneur des régents. Peu d'admis font la fierté de leur famille. Tina Horton, quatorze ans, fera son entrée dans l'institut à la suite de son frère Ulysse et de so...
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