PROLOGUE

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Chère L,

J'ai tellement de choses à te dire. A vrai dire, j'ai peur que ma douleur brûle le papier. Tu sais ici, en bas, dans ma piètre existence, tout est noir. Je t'assure que je ne t'oublie pas. Il ne se passe pas une seconde sans que je pense à toi. J'agis pour toi.

De longs mois sont passés, des mois de perdition. Des nuits entières de noyade. Ma souffrance crève les cieux. Finalement je me demande à quoi ça sert de croire en Dieu... Est-ce que toi de là-haut, tu me vois et tu m'entends ? Dis-moi si tu vas venir me secourir.

Je suis grisée. Après des gorgées et des gorgées de Whisky, je crois tout oublier. Toi, moi, tout. Je vire de bord, je me noie dans mes doutes et dans mes dettes. C'est le deuxième mois sans télé, les courriers ne cessent de s'entasser.

Tu imagines si j'abandonnais ? Si je m'en allais, si je me tirais. Si je partais, sans me retourner. Tu sais que tout s'est écroulé quand tu nous as quittés. Je ne crois plus en rien et je doute de tout désormais. Et si un jour, j'arrêtais d'appeler à l'aide ? Si mon cœur se desséchait, si je me réveillais fanée.

On m'a dit qu'à mesure qu'on écrivait, on oubliait. FOUTAISE. Mes larmes coulent, elles me brûlent la peau. Ma plume saigne. Je crève.

Je te vengerais, je te le promets. J'enfile mon masque. Demain sera le premier jour du reste de ma vie.

Je t'aime,

F.

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