CHAPITRE 1

101 10 5
                                                  


Dans une petite ville, lors d'un après-midi comme les autres, une fillette rentrait chez elle. Elle ne portait qu'un uniforme et ses affaires d'école. Aujourd'hui, son professeur lui avait demandé de rentrer vite, car son père tenait à lui parler. Ce dernier ne faisant jamais attention à elle, ce n'était pas très rassurant.

L'écolière finit par arriver dans sa grande maison familiale. Elle entra, enleva ses chaussures et cria :

- TADAIMA ! (Je suis rentrée)

Soudain, une autre petite fille lui ressemblant comme deux gouttes d'eau entra en pleurs. La première fut étonnée de voir cette fillette, d'habitude si pleine de joie, dans cet état.

- Que ce passe-t-il ? demanda-t-elle inquiète.

- ... C'est ...commença en reniflant bruyamment la pauvre enfant... c'est ...

Un grand homme, à l'air autoritaire, entra alors dans la pièce. Il regarda les deux enfants avec ses petits yeux noirs en amandes. Il paraissait calme et très sûr de ce qu'il allait exprimer. En fait, il était presque inexpressif.

- Votre mère est morte, il y a quelques heures, lâcha-t-il sans la moindre tristesse dans la voix

- Quoi ? s'écria la première des deux filles.

Elle lança un regard déboussolé à la deuxième qui pleura de plus belle.

- Tu sais ce que cela veux dire ? continua l'homme en s'adressant à la première. N'est-ce pas, Minha ?

Elle ne répondit pas. Elle se contenta de baisser la tête et de regarder ses pieds en retenant ses larmes.

- Tu n'as plus rien à faire ici, conclut l'homme. Sache que si tu es restée dans la famille, c'est uniquement parce que ta mère ne voulait pas séparer des jumelles, comme le veux normalement la tradition des Song. Maintenant déguerpit !

Il ponctua cette dernière phrase en pointant la porte. La sœur de Minha, qui avait arrêté de pleurer, attrapa le poignet de l'homme des deux mains.

- Non, papa, attend ! le supplia-t-elle. Tu ne peux pas faire ça ! Tu ne peux pas nous séparer maintenant !

Le père se dégagea violemment et se tourna vers sa fille.

- Ce n'est pas à toi de décider de cela, Yoonha !

- Mais... et si je faisais une dépression et que je me suicidais après ça ? renchérit-elle. Tu perdrais la seule héritière de la génération. D'autant que nous n'avons plus de cousin.

Le père la regarda un instant et se perdit dans une réflexion intense. Yoonha lança un petit regard plein d'espoir pour réconforter sa sœur qui avait relevé la tête.

Enfin, l'homme lâcha un profond soupir et regarda Minha avec mépris.

- Très bien, tu resteras ici, mais tu vivras désormais avec les domestiques, et tu les aideras dans leurs tâches, après l'école. Tu ne seras plus dans la même école que Yoonha.

- Merci beaucoup, dirent les jumelles en s'inclinant profondément face à leur père.

Celui-ci les ignora et repartit à ses occupations. Yoonha se tourna vers Minha et lui prit la main pour la réconforter :

- Désolée, j'ai fait ce que j'ai pu.

- Ne t'en fais pas, ce n'est pas ta faute si tu es née quelques minutes avant moi, répondit Minha d'une voix éteinte.

- Tu es sûre que ça va aller ?

- Oui, oui. Je ... je vais aller faire un tour ... pour digérer l'information.

AKUMA : L'héritageLà où vivent les histoires. Découvrez maintenant