ETERNAL SUNSHINE AND WATCHING THE SHORE

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ETERNAL SUNSHINE

AND WATCHING THE SHORE



CHAPITRE 1

Ce n'était pas les premières lueurs du jour qui m'ont réveillé. Ni l'odeur de moisissure qui se faisait sentir dans ma chambre miteuse et mal rangée. Ni le bruit de ce putain de chien qui gueule toujours aussi tôt, j'avais pensé à en parler au voisin d'ailleurs. Ce n'était ni mon téléphone qui avait pour habitude de sonner sans arrêt à cette heure-ci, essayant de me réveiller en vain. Ni ce canapé inconfortable dans lequel je n'avais jamais l'habitude de dormir, mais bizarrement, cette nuit là je m'étais assoupi dans ce vieux tas de mousse acheté je sais plus où, on s'en fou.

Non, ce qui m'avait réveillé, était tout bonnement un bruit anodin, un bruit qu'on peut entendre un milliard de fois dans une journée. Ce qui m'avait réveillé c'était le bruit d'une portière. De voiture ? Ou de camion ? J'en sais rien.

J'entre-ouvre mes yeux. Je suis fatigué, comme jamais. Ma tête tourne, alors que je ne m'étais pas encore levé. J'essaie de me redresser, désorienté, je cherche la raison pour laquelle je m'étais endormi dans mon canapé, ce n'était pas mon genre pourtant. Mais je ne me souviens de rien, d'aucun détail de la veille, pas une seule image, rien, pourtant, j'essaie tant bien que mal de me rappeler, mais je n'y arrive pas, comme si une énorme tâche noire recouvrait n'importe quels souvenirs de la veille, ce qui me fait vraiment flipper. Attends...Je me suis mis à me rappeler d'un mot, là, à l'instant, seulement un mot. Aphrodite. Oui, c'est ça, ce mot là. Etrange, ce mot ne m'évoque rien et ne représente rien pour moi, pourtant il résonne sans arrêt dans ma tête depuis quelques minutes, c'est à me rendre dingue cette connerie.

Je m'assois. Tout à coup, je suis pris d'une migraine atroce. Je tressaille. Je me frotte le front avec ma paume, comme pour faire disparaitre la douleur, même si cela ne servait strictement à rien. Mais la migraine ne fut pas le pire. Lorsque je voulu me lever, une énorme douleur insupportable et intense me déchira le flan droit. Je cris de douleur et je me rassois avec précaution. Jamais je n'ai senti une douleur aussi prenante, aussi brûlante. Je lève alors mon t-shirt avec crainte de voir la blessure. Enormément de sang coulait à cet endroit. Cette douleur me brûle et me fait un putain de mal de chien. J'ai cru que cette sensation allait me tuer sur le coup. Je n'ose pas toucher ma blessure, j'ai perdu mes couilles, mais ça m'intrigue tout de même, normal. Comment j'ai pu me blesser ? Mais qu'est-ce que j'ai bien pu foutre cette nuit bordel ? Aucun indice dans ma chambre ne m'aide à comprendre la situation, évidemment, le contraire m'aurait étonné avec la poisse que j'ai. Ça me rend dingue, je veux à tout prix savoir ce qui c'était passé cette nuit, ça me stresse, ça m'intrigue, ça me frustre.

Bon, je tente une seconde fois de me lever. Allez. Vas-y Aaron, essaye. Malgré la douleur. Je serre les dents et je me force à marcher difficilement vers ma petite salle de bain dont je raffole. Je déconne, je la déteste, elle est pourrie et complètement défoncée, c'est bien la seule pièce de ma grande et foutue baraque que j'aime. Je m'assois alors, je lève mon t-shirt une seconde fois. La douleur se stoppa bizarrement, cette sensation semblait déjà être un lointain souvenir tout à coup, à mon grand soulagement. Mais ce soulagement fut remplacé par la confusion au moment où je vis qu'aucune blessure n'était présente sur mon flan droit. Elle avait disparue ? Comme par magie ? Nan, impossible. J'étais surement mal réveillé, nan, ça non plus c'est impossible, c'est réel putain je l'ai pas rêvé, c'était bien réel, cette putain de douleur était belle et bien réelle, tout comme le sang qui avait coulé, pourtant, mes mains sont blanches, aucune trace de sang, ni sur mes mains, ni sur son corps. Comment une chose pareille peut-être possible ? Je reste planté là, comme un bouffon, en me posant une tonne de question qui ne trouverait sans doute aucune réponse. Cette journée n'était décidemment pas la mienne. Il préfère passer à autre chose, même si c'est impossible, je cherche juste à me rassurer, à pas trop m'inquiéter, s'il n'y a plus aucune blessure, tant mieux, je dois surement être mal réveillé. En tout cas, c'est ce que je préfère penser.

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