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— Cara, si tu ne négocies pas ce contrat, on est définitivement coulés.
— Que veux-tu dire par « coulés » ? s'enquit la jeune femme en se tournant vers son associé.
— Kaput, finito, lessivés, répondit Trevor en levant théâtralement les bras au ciel.
En croisant son regard au-dessus du bureau, Cara sentit la panique lui serrer la gorge.
— Pourtant, pas plus tard que le mois dernier, lors de notre réunion sur les projets en cours, tu m'as assuré qu'on avait tout juste. Si Pritchard nous paie ce qu'il nous doit...
— J'ai vu le comptable ce matin, coupa Trevor en secouant la tête. Nous avons emprunté tout ce que nous pouvions et ce que Pritchard nous doit ne couvre même pas le montant de nos intérêts hebdomadaires, sans parler de ceux du mois prochain. Voilà pourquoi le projet Rockcliffe revêt une telle importance. Sans lui, nous ne pouvons littéralement pas survivre.
En entendant le nom « Rockcliffe » Cara ne put s'empêcher de tressaillir, tandis qu'un visage aux yeux sombres s'imposait à son esprit.
— Pourquoi moi ? finit-elle par demander.
— Parce que c'est lui qui l'a exigé, chérie, répondit Trevor en examinant ses ongles parfaitement manucures. Il a insisté pour que tu t'occupes de lui en personne. Encore un homophobe, à mon avis. Tu dois bien être au courant puisque tu as été mariée avec lui.
En dépit de la boule qui s'était formée dans sa gorge, Cara tenta de jouer l'indifférence.
— Cela fait si longtemps, dit-elle sur le ton le plus froid. Sept ans. Je ne me rappelle même pas à quoi il peut ressembler. A l'heure qu'il est, il doit avoir pris de la brioche et n'a sans doute plus beaucoup de cheveux sur le crâne.
— C'est sûrement pour ça qu'il t'a réclamée. Il a envie de se rafraîchir la mémoire.
— Je suis convaincue que Byron Rockcliffe n'a aucun problème de mémoire, protesta-t-elle. En revanche, je me demande bien ce qu'il mijote encore.
— Aucune importance. L'essentiel, c'&st qu'il a exigé tes services et que cela va sauver notre entreprise. Tu te rends compte : une propriété donnant sur le port de Cremorne. Carte blanche. Pas la moindre restriction.
— Cela semble trop beau pour être vrai. J'aurais préféré en savoir un peu plus avant de m'engager.
— Trop tard : j'ai déjà donné notre accord... enfin, je veux dire, le tien, dit Trevor avec une petite grimace d'excuse. Écoute, chérie, il le fallait. Pas question de voir tout cet argent filer dans la poche de quelqu'un d'autre. Tu connais le proverbe : à cheval donné...
— Je sais : on ne regarde pas la dentition, coupa-t-elle en se levant pour attraper son porte- documents.
— Je ne suis pas certain que Byron Rockcliffe aurait beaucoup apprécié que je lui demande d'ouvrir la bouche pour que je puisse y jeter un coup d'œil. Il préférera sans doute que tu le fasses toi-même.
Avant de franchir la porte du bureau, Cara se retourna pour jeter à son associé un regard peu amène.
— Si je ne me présente pas au bureau demain matin, lança-t-elle, considère-toi comme responsable. Toi qui as cru bon de me fourrer dans ce guêpier.
— Si tu ne te présentes pas au bureau demain matin, je penserai tout simplement que Byron Rockcliffe a réussi à te remettre dans son lit. Il a l'air tellement viril, déclara Trevor avec gourmandise. Quel dommage...
Cara s'empressa de refermer la porte et de tourner les talons.
— Bonne chance ! susurra encore la voix de Trevor à travers la porte.
Elle s'abstint de répondre, songeant que pour survivre à l'heure suivante, il lui faudrait bien plus que de la chance. Un vrai miracle, plutôt.
Même compte tenu des critères en vigueur à Sydney, les locaux abritant Rockcliffe et Associés pouvaient être qualifiés de somptueux. Le cœur battant la chamade à la pensée de revoir son ex-mari, Cara pénétra dans l'ascenseur rutilant et appuya sur le bouton du dix-neuvième étage. Comme l'appareil s'arrêtait au treizième pour laisser entrer quelques personnes, elle se demanda s'il fallait y voir un présage et s'appuya à la paroi d'acier poli pour tenter de se concentrer et de reprendre son souffle.
Dès que les portes s'écartèrent de nouveau, elle se précipita à l'extérieur, non sans jeter, toutefois, un coup d'œil au miroir qui lui faisait face. Ses cheveux châtains aux reflets auburn s'échappaient de la barrette qui était censée les maintenir, ses joues étaient aussi rouges que si elle venait de monter à pied et elle flottait dans son tailleur bleu marine acheté en solde deux ans plus tôt : il était évident que depuis, elle avait perdu du poids.
En approchant de la réceptionniste blonde moulée dans un ensemble Armani et abondamment parfumée, Cara se sentit soudain envahie par une bouffée d'appréhension mêlée de ressentiment. ,
— J'ai rendez-vous avec M. Rockcliffe, balbutia-t-elle d'une voix mal assurée. A 15 heures. L'hôtesse jeta un coup d'œil à l'écran placé devant elle.
— Vous êtes Mme Gillem ?
— Oui.
— Si vous voulez bien l'attendre, répondit la blonde en dévisageant Cara de ses grands yeux bleus. Il a quelques minutes de retard.
— Combien exactement ? s'enquit Cara, exaspérée. Maintenant qu'elle était là, elle aurait voulu que tout aille très
vite, et n'avait guère envie de faire le pied de grue sous le regard dédaigneux de la dernière conquête de Byron.
— Un quart d'heure... Enfin une demi-heure au grand maximum, rétorqua la réceptionniste sans la moindre trace de contrition.
— C'est bon. J'attendrai.
Quarante-trois minutes plus tard, le bourdonnement de l'Interphone se fit enfin entendre. Le cœur battant, les doigts tremblants, Cara plongea le nez dans le magazine qu'elle faisait mine de lire.
— Madame Gillem ?
La voix glaciale de la réceptionniste arracha Cara à l'article sur les 4x4 dans lequel elle était prétendument absorbée.
— Il va vous recevoir. La première porte au fond à droite. Cara se leva et, après avoir reposé le magazine sur la pile,
traversa le hall, les jambes flageolantes. La main qu'elle leva pour frapper à la porte marquée
« Byron Rockcliffe » tremblait comme une feuille, mais au prix d'un immense effort, Cara se redressa dans l'attente de la réponse.
— Entrez.
L'écho de cette voix profonde résonna en elle en vagues successives tandis qu'elle poussait la porte. En découvrant Byron, nonchalamment assis derrière son vaste bureau, elle comprit immédiatement que face à ces larges épaules qui se découpaient à contre-jour dans la lumière de l'après-midi, elle ne ferait pas le poids. Bien que son visage fût dans l'ombre, elle en devinait l'expression moqueuse, presque sardónique, tandis qu'il la toisait comme une écolière qui mérite une réprimande.
— Cara.
Un mot. Deux syllabes. Quatre lettres. — Byron.
Un ton froid et cérémonieux.
— Assieds-toi.
Elle obéit. Il la dévisagea interminablement tout en se renversant en arrière sur son siège.
— Que puis-je te proposer ? Un café ? Ou quelque chose de plus fort ?
Elle fit non de la tête, les mains crispées sur le porte-documents qu'elle serrait contre sa poitrine. — Rien, merci. Venons-en au fait, s'il te plaît. Rockcliffe prit un stylo qu'il se mit à faire tourner entre ses
doigts tout en plongeant son regard brun sombre dans celui de la jeune femme.
— Au fait, répéta-t-il en reposant son stylo. A propos, comment vont les affaires ?
— Très bien.
Même dans l'ombre, elle put le voir soulever un sourcil sceptique.
— Vraiment ?
Tout en déglutissant nerveusement, elle serra plus fort contre elle son porte-documents, comme pour s'en faire un bouclier contre le regard trop pénétrant de son interlocuteur.
— Si les affaires allaient si bien, je ne serais pas ici, et tu le sais, reconnut-elle sur un ton froid et détaché. Mais je croyais que le siège de ton entreprise se trouvait à Melbourne.
— Nous sommes en plein développement. Le marché est porteur.
— Félicitations.
— Merci.
— Trevor m'a transmis ta proposition. Je ne comprends pas pourquoi tu insistes tant pour que je me charge moi-même de ce travail. Dans le domaine de la déco, il est au moins aussi créatif que moi.
— Tu te mésestimes toujours autant, à ce que je vois. A propos, comment va ta mère ?
— Elle est décédée.
En voyant son ex-mari tressaillir sur son siège, Cara ne put s'empêcher d'éprouver un bref sentiment de satisfaction.
— Désolé. Je n'étais pas au courant.
— Sa mort n'a pas fait grand bruit, répondit-elle en haussant ses minces épaules. Elle avait très peu d'amis.
— Cela fait longtemps ?
— Trois ans. C'est allé très vite.
— Un cancer ?
— Non. Des complications après une banale opération.
— Cela a dû te causer un choc terrible.
Cara passa sa langue sur ses lèvres sèches. Elle regrettait de ne pas avoir mis de rouge et bizarrement, en cet instant, cette petite gêne physique l'incommodait davantage que le souvenir du décès d'Edna.
— Il faut savoir aller de l'avant, répondit-elle d'une voix sourde en déplaçant sa chaise pour pouvoir le regarder bien en face. Mais revenons-en à notre affaire. Trevor m'a dit que la propriété en question se trouve à Cremorne. Donne-t-elle directement sur la mer, ou...
— Je vais t'y emmener cet après-midi.
— Je peux très bien y aller toute seule.
— Comme tu voudras.
Cara se mordit la lèvre. Elle avait tout faux. Au lieu de réfléchir calmement aux catalogues de mobilier et de linge de maison qu'elle laisserait à son client, elle se sentait au bord du malaise, comme si le sol allait soudain se dérober sous elle. — Pour préparer des échantillons de couleurs et de matières, j'aurai besoin de me faire une idée des lieux.
— J'ai apporté les plans, dit-il en tendant à la jeune femme une chemise noire posée sur son vaste bureau. Tu y trouveras toutes les spécifications dont tu peux avoir besoin.
Elle ouvrit le dossier pour y jeter un coup d'œil. — Quelle est la date butoir ?
— Le 1er octobre.
— Cela ne nous laisse guère de temps.
— Un mois. C'est bien suffisant.
— La plupart des fournisseurs demandent des délais de livraison de six à huit semaines.
— Tu n'as qu'à en trouver qui travaillent en un mois.
— Mais...
— Tu es capable de faire en sorte que tout soit terminé en temps voulu, j'en suis convaincu. Ravalant la protestation qui lui montait aux lèvres,
Cara fit mine d'examiner les plans dont le dessin semblait se brouiller sous ses yeux. Comme si elle tentait de déchiffrer un vieux manuscrit rédigé dans une langue inconnue. Elle sentit ses nerfs se nouer tandis qu'elle essayait vainement de comprendre les données avec lesquelles elle jonglait d'habitude avec la plus grande facilité.
Byron n'avait guère eu de mal à la déstabiliser. Quelques minutes lui avaient suffi pour transformer une véritable professionnelle de l'architecture d'intérieur en une malheureuse submergée par son anxiété.
— Je vais y réfléchir, finit-elle par répondre après un long silence.
— Et cette réflexion va te prendre longtemps ? s'enquit-il en plongeant son regard sombre dans celui de Cara.
— Un jour ou deux, trois, peut-être, dit-elle en repensant aux trois quarts d'heure qu'elle avait passés à la réception.
Cette réponse sembla le laisser pensif.
— Très bien. Je te reverrai vendredi à ton bureau à midi. Mais inutile d'espérer un nouveau délai. — Je ne comprends pas pourquoi tu es si pressé. Tu sais aussi bien que moi qu'il faut du temps pour réaliser un bon travail.
— Je voudrais emménager le plus rapidement possible dans cette maison, dit-il en reposant, le stylo qu'il n'avait cessé de tripoter. Cela fait plus de trois semaines que je vis à l'hôtel et je commence déjà à en avoir assez.
— C'est donc ta maison ? demanda-t-elle, stupéfaite. Tu comptes y vivre ?
Il acquiesça.
— Mais tu travailles à Melbourne ! Et toute ta famille y réside.
— Justement, j'ai décidé qu'il était temps pour moi de changer d'air.
Cara prit une longue inspiration, tout en espérant qu'il n'avait pas remarqué à quel point cette réponse l'avait déstabilisée.
— L'annuaire est plein d'architectes d'intérieur qui ne demandent qu'à travailler. Pourquoi m'avoir choisie, moi ?
— Pourquoi pas ?
— Il y en a beaucoup de plus doués que moi.
— C'est toi que je veux.
Une phrase toute simple, mais qu'elle ne put s'empêcher d'interpréter à double sens. Assise à l'extrême bord de sa chaise, elle crispa les mains sur ses genoux pour maîtriser leur tremblement.
— Je reconnais que je suis flattée, dit-elle à contrecœur. Lorsque Byron se leva, son visage se retrouva soudain en
pleine lumière et Cara sentit sa gorge se nouer, impressionnée comme naguère par sa haute taille : elle mesurait à peine un mètre soixante et Byron la dominait de vingt-cinq centimètres au moins. Ses cheveux sombres étaient toujours coupés court et, même rasées de près, ses mâchoires s'ombraient dès la fin de la journée. Elle se rappelait encore leur contact rugueux sur ses joues. Quant à sa bouche, elle semblait figée dans une sorte de rictus, comme s'il avait perdu l'habitude de sourire. Elle aimait bien pourtant, quand il souriait, c'était même ce qui l'avait d'abord attirée, chez lui, bien des années auparavant, Tout comme ses yeux couleur chocolat qui se pailletaient de minuscules étincelles dont elle ne voyait plus trace, aujourd'hui.
— Tu as changé de coiffure.
Elle sursauta, arrachée à sa mélancolique rêverie avant de se lever tout en ramenant inconsciemment du bout du doigt une mèche derrière son oreille.
— Oui.
Elle voulut prendre le dossier qu'il lui avait confié, mais ses mains tremblaient trop et il lui échappa pour se répandre en désordre sur le sol. Avant qu'elle ait pu se baisser pour le ramasser, Byron l'avait devancée et comme ils atteignaient ensemble le dernier document, leurs doigts se touchèrent brièvement. Retirant sa main comme si elle s'était brûlée, Cara se redressa vivement.
Comme elle sentait le regard de son ex-mari peser sur elle, une bouffée de colère l'envahit à l'idée qu'elle avait perdu ses moyens et qu'il jouissait silencieusement de son désarroi. Il avait tout manigancé pour la décontenancer, mais dans quel but ? Depuis sept ans qu'ils ne s'étaient plus vus, que pouvait-il encore attendre d'elle ?
Le bourdonnement de l'Interphone vint rompre le charme et lui permit de reprendre ses esprits. Le cœur battant, elle suivit Byron des yeux tandis qu'il allait se rasseoir à son bureau et que retentissait la voix claire de la réceptionniste.
— Byron, M. Hardy vous attend.
— Merci, Samantha.
Tout en rassemblant ses affaires, Cara se demanda avec un ressentiment grandissant comment il l'appelait en privé : Sam ? Sammie ?
— Je n'en ai pas pour longtemps, dit-il. Assieds-toi. Je vais dire à Sam de t'apporter un café.
— Non. Il faut que...
En levant les yeux, elle s'aperçut qu'il avait déjà quitté la pièce. Il ne lui restait plus qu'à reposer ses affaires et à l'attendre, furieuse de la manière dont il l'avait manipulée, comme si elle n'avait rien de mieux à faire que rester tranquillement assise dans ce bureau.
Avisant le siège que venait de quitter Byron, elle remarqua qu'il gardait encore l'empreinte de ses cuisses puissamment musclées. Elle détourna vivement le regard en se remémorant les multiples occasions où elle avait pu les contempler et sentir leur contact contre sa chair nue... S'approchant du bureau façonné dans un bois précieux, d'une chaude nuance cuivrée, elle le caressa de la paume pour en éprouver le grain lisse et chaleureux.
Posée sur la console de l'ordinateur, elle aperçut une photo qu'elle ne put s'empêcher de soulever pour l'observer de plus près.
On y voyait rassemblés tous les Rockcliffe ainsi que leurs différents partenaires —dont deux lui étaient inconnus— et six jeunes enfants. En examinant ces derniers de plus près, elle crut reconnaître sur les traits de chacun d'eux un peu de ceux de Byron.
Une douleur soudaine lui serra le cœur et elle reposa la photo au moment même où se rouvrait la porte.
— Je vois que tu as refait connaissance avec la famille, lança sèchement Byron en lui jetant un regard inquisiteur.
En rougissant, Cara s'écarta vivement du bureau.
— Je suis ravie de vous voir aussi prospères, répondit-elle sur un ton qui démentait catégoriquement son propos. Dis-moi, lesquels de ces enfants sont à toi ?
Le regard de son ex-mari s'assombrit fugitivement, et elle se raidit pour mieux supporter le choc que ne manquerait pas de lui causer sa réponse, sans parler du chagrin qu'elle ressentirait à apprendre laquelle de ces charmantes jeunes personnes était désormais sa femme.
— Aucun.
Il fallut à Cara un certain temps pour assimiler ce qu'elle venait d'entendre. Byron se laissa tomber sur la chaise du visiteur et croisa nonchalamment les jambes.
Cara ne put s'empêcher d'envier sa décontraction.
— Aurais-tu des regrets ?
— Que veux-tu dire ? s'enquit-elle en levant les yeux trop brièvement pour qu'il pût y lire le moindre sentiment.
— Tu as préféré ta carrière à la maternité. J'espère que tu n'as pas été déçue ?
— Bien sûr que non, répondit-elle, convaincue qu'il n'en croirait rien. J'adore ce travail et je m'entends parfaitement avec Trevor. Il est si créatif, toujours prêt à m'entraîner dans des expériences...
— Le dépôt de bilan, par exemple ?
Elle rougit tout en lui jetant un regard exaspéré.
— La situation est un peu tendue pour le moment, mais nous allons nous en sortir.
— Ravi de te voir si confiante. A ce qu'on raconte, vous avez plutôt du mal à remonter la pente. — C'est faux ! lança-t-elle sur un ton trop théâtral pour paraître crédible.
Son orgueil lui interdisait de le voir se réjouir de leur échec. Jamais elle ne pourrait l'accepter.
— Trevor t'a avertie que la banque menace de suspendre votre prêt ?
Prise de panique, elle tenta vainement d'esquiver la question.
— Je...
— Et qu'à moins que vous ne réussissiez à redresser votre trésorerie, tout ce que vous avez investi dans cette affaire sera perdu, ainsi que tous les actifs accumulés au cours de ces sept années ?
— Je ne vois vraiment pas en quoi ça te concerne.
— J'ai justement décidé le contraire, rétorqua-t-il sur un ton sans réplique.
Elle tenta de se détendre en s'appuyant au dossier du fauteuil, sans pouvoir réussir à maîtriser le tremblement qui la parcourait tout entière.
— Que veux-tu dire ?
— J'ai décidé de vous sortir de cette situation. Je prends en charge votre découvert et vos impayés.
— Quelle raison pourrais-tu avoir de le faire ?
— Une excellente raison.
La gorge de Cara se serra. Le moment de vérité était enfin arrivé. Byron allait lui révéler ses conditions.
— De quoi s'agit-il exactement ? réussit-elle à grand-peine à articuler.
Avant de répondre, il plongea longuement son regard dans celui de la jeune femme.
— Je veux que tu me fasses un enfant.
Voter s.v.p

Seconde chanceWhere stories live. Discover now