Enfin le week-end.
Je poussai un soupir de soulagement.
La semaine avait été longue et, pour une fois, je n'avais rien de particulier de prévu.
Pas de rendez-vous galant, pas de sortie extravagante, pas même une liste interminable de choses à faire.
Juste une soirée avec Tim, comme tous les vendredis.
Nous allions passer la soirée chez Joe, notre bar préféré.
Au programme : quelques bières, plusieurs parties de billard et beaucoup de fous rires. Une perspective simple, mais suffisante pour me mettre de bonne humeur.
Tim était mon colocataire, mon meilleur ami et également mon collègue. En résumé, c'était la personne qui occupait la plus grande place dans ma vie.
Grand, brun, sportif, intelligent... il avait tout du gendre idéal.
Pourtant, contrairement à ce que beaucoup avaient imaginé au fil des années, notre histoire n'avait rien d'un conte de fées romantique.
Tout avait commencé au collège.
Je me souviens encore du jour où il était arrivé dans notre classe. Son père venait d'être muté dans l'état après le divorce. Sa mère, médecin humanitaire, passait la majeure partie de son temps à l'étranger. Tim avait donc quitté sa ville natale pour vivre avec son père.
À première vue, il n'avait rien d'un nouvel élève ordinaire.
Il dépassait presque tout le monde d'une tête et possédait déjà l'assurance tranquille des adultes. Personne n'aurait deviné qu'il avait deux ans de moins que nous. Il avait sauté plusieurs classes et pourtant, contrairement à ce qu'on aurait pu croire, personne ne se moquait de lui.
Il dégageait quelque chose qui imposait naturellement le respect.
Nous nous retrouvâmes côte à côte dès le premier jour. Puis le lendemain. Et le jour d'après. Très vite, nous devînmes inséparables.
Nous allions en cours ensemble, déjeunions ensemble, rentrions ensemble. Le hasard avait même décidé que son père louerait une maison dans ma rue.
Au fil des mois, nous avions construit notre propre univers. Une bulle dans laquelle personne ne semblait pouvoir entrer.
Évidemment, nos camarades étaient persuadés que nous étions amoureux. Nous avions beau leur répéter qu'ils se trompaient, personne ne nous croyait. Finalement, nous avions abandonné l'idée de nous justifier.
Après tout, ils finiraient bien par comprendre. Du moins, c'est ce que nous pensions.
Puis la puberté est arrivée. Et avec elle, son lot de complications.
Je me souviens parfaitement du jour où tout a basculé.
Un samedi après-midi, Tim essayait désespérément de m'expliquer un exercice de mathématiques. Malheureusement pour lui, je n'écoutais absolument rien. Mon regard était fixé sur sa bouche. Une bouche que je connaissais pourtant par cœur. Mais ce jour-là, elle me paraissait différente. Je me surprenais à observer chacun de ses mouvements, à écouter sa voix sans comprendre un mot de ce qu'il racontait.
Il était beau. Ridiculement beau. Et lorsque ses yeux se sont levés vers les miens, quelque chose a cédé en moi. Je l'ai embrassé. Sans réfléchir. Sans prévenir.
Pendant une seconde, j'ai cru avoir commis la plus grosse erreur de ma vie. Puis il m'a embrassée à son tour. Nous avons passé le reste de l'après-midi à nous embrasser comme deux adolescents découvrant l'amour pour la première fois.
Ce qui, techniquement, était exactement notre cas.
Notre histoire a duré deux ans. Deux années merveilleuses. Deux années sans drame, sans mensonge et sans regret. Tim a été mon premier amour. Et je crois sincèrement que je n'aurais pas pu rêver meilleur premier petit ami.
Puis, avec le temps, quelque chose a changé. Pas brutalement. Pas douloureusement. Nous sommes simplement redevenus ce que nous avions toujours été au fond de nous : les meilleurs amis du monde.
Un jour, alors que je travaillais au restaurant de Mike, il est venu me voir avec un sourire que je ne lui connaissais pas. Il venait de rencontrer quelqu'un. Une fille. Pas un simple flirt.
Je l'ai immédiatement pris dans mes bras, sincèrement heureuse pour lui. Puis je l'ai regardé et j'ai déclaré avec le plus grand sérieux :
- Je crois qu'il faudrait peut-être qu'on rompe.
Il m'a fixée quelques secondes. Avant que nous éclations tous les deux de rire.
Notre relation était terminée depuis longtemps. Aucun de nous n'avait simplement pris la peine de l'annoncer. Et c'était très bien ainsi.
Parce qu'au fond, malgré les années, les histoires d'amour et les chemins différents que nous avions empruntés, rien n'avait jamais changé entre nous.
Depuis notre première rencontre, un lien invisible nous unissait. Un lien que le temps n'avait jamais réussi à briser.
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Se Jeter à l'eau
RomanceJe m'appelle Antoniella enfin Toni. Il n'y a que mon père qui m'appelait comme ça. J'ai vécu pas mal de dures épreuves dans ma vie mais grâce à ma famille et à Tim,mon meilleur ami, j'ai pu m'en sortir. Je me suis battue et maintenant je vis pour mo...
