Elle cherchait l'amour. Elle a trouvé un bourreau. Puis un autre homme est arrivé... et tout a basculé. Préparez-vous, vous n'êtes pas prêts pour cette histoire.
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Premier baiser
PS : ce livre contient des fois des scènes à caractères sexuelles !
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Moi, c'est Jamila, et je vais vous raconter comment j'ai détruit ma vie.
Je suis d'origine algérienne, mais je vis en France depuis toute petite avec ma famille. Nous ne sommes pas riches, nous ne l'avons jamais été. Jusqu'à mes 22 ans, j'ai dormi dans une chambre de 20 m² avec mes deux petites sœurs et mon petit frère — et cerise sur le gâteau : je suis l'aînée.
Dans notre culture, être l'aînée, c'est être l'exemple parfait. Celle qui ne fait pas d'erreur, celle qui excelle partout, celle qui fait toutes les tâches ménagères, celle qui doit faire honneur à la famille, celle qui doit prendre soin de ses frères et sœurs. Je vous laisse imaginer à quel point j'ai souffert mentalement : pour eux, c'était facile d'avoir de bonnes notes, de se réveiller à 4 heures du matin pour nettoyer la maison, puis d'aller en cours à 8 heures.
C'était ça, mon enfance... Vingt ans de ma vie à vivre dans ces conditions. Mais je ne m'en plains pas.
Puis j'ai rencontré Mehdi. Il a 17 ans de plus que moi : 40 ans.
Je n'aurais jamais pensé tomber amoureuse d'un homme aussi âgé. On s'est rencontrés devant mon université. J'étais épuisée et il pleuvait des cordes. Impossible de rentrer chez moi à pied sous une pluie pareille — mais je ne pouvais pas non plus être en retard, je devais préparer le dîner.
Alors que je marchais dans la rue, trempée jusqu'aux os, luttant contre le vent qui me fouettait le visage, une voiture klaxonna. Au début, je n'y ai pas prêté attention. Mais cette voiture n'arrêtait pas de klaxonner.
Je me suis tournée vers elle, et je l'ai vu. Celui qui allait devenir mon futur mari avait baissé sa vitre. Je le distinguais à peine.
— Ce n'est pas prudent de se promener dehors par ce temps, vous n'avez pas vu la météo, madame ? Montez, je vous emmène !
D'habitude, j'aurais refusé — on m'avait toujours interdit de monter dans la voiture d'un inconnu — mais je n'en pouvais plus. Ma robe courte était trempée, mes longs cheveux me collaient au visage, et je craignais pour mes documents : je n'avais pas assez d'argent pour tout réimprimer.
En me voyant approcher, il sortit aussitôt de la voiture, m'aida à monter, puis reprit sa place derrière le volant.
Moi : Désolée, je vais tremper toute votre voiture... Merci.
— C'est normal. Vous allez où ?
Moi : À...
— Ah, et vous comptiez faire tout ce chemin à pied, sous cette pluie ?