PROLOGUE

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Althéa

Les princesses ne choisissent pas leur avenir.

C'est ce que ma mère me répétait depuis que j'étais enfant.

« Une princesse sert son royaume avant de se servir elle-même. »

Pendant longtemps, j'avais cru que cela me convenait.
J'aimais mon pays. J'aimais mon peuple. J'aimais mes parents.
Alors si un mariage pouvait renforcer les liens entre deux royaumes, pourquoi m'y opposer ?

Jusqu'au jour où j'ai reçu son portrait.

Je me souviens encore de ce matin.
La pluie frappait les immenses fenêtres du palais londonien tandis que je buvais mon thé dans la bibliothèque familiale.
Mon père était arrivé avec une enveloppe scellée.

— Voici ton futur époux.

J'avais souri.
Puis j'avais ouvert l'enveloppe.

Un homme aux cheveux bruns et aux yeux marrons me fixait à travers le dessin.

Le prince Lior Blurry d'Édimbourg.
26 ans.
Héritier du trône écossais.
J'avais observé son visage plusieurs longues minutes.

Et soudain une question m'était venue.

Qui est-il ?

Pas son titre.

Pas son âge.

Pas ses responsabilités.

Lui.

Était-il gentil ?

Cruel ?

Drôle ?

Méprisant ?

Aimait-il les animaux ?

Les livres ?

Les promenades sous la pluie ?

Comment pouvais-je promettre ma vie à un homme dont j'ignorais absolument tout ?

Pendant plusieurs semaines, cette question m'avait hantée.
Puis une idée folle avait germé.

Une idée stupide.

Irréfléchie.

Dangereuse.

Parfaite.

Je partirais en Écosse.

Seule.

Et je découvrirais qui était réellement le prince.
Je ne voulais pas rencontrer le futur époux que les diplomates présentaient.
Je voulais rencontrer l'homme.

Le vrai.

Celui qui existait lorsqu'aucun noble n'était là pour l'observer.
Celui qui croyait n'être regardé par personne.
Alors j'avais préparé mon départ en secret.

Mes sœurs, Maëlys et Glady, avaient accepté de m'aider.

Contre toute attente.

— Tu es complètement folle, avait déclaré Maëlys.

— Mais c'est une excellente idée, avait ajouté Glady.

Elles m'avaient aidée à organiser ma fuite.
À inventer des excuses, à ouvrir mon absence.

Pendant quelques semaines seulement.
Le temps que je découvre la vérité, le temps que je revienne, le temps que je fasse mon choix.

Je n'avais aucune idée à quel point je me trompais.
Parce qu'en quittant Londres ce matin-là, cachée dans une simple diligence, je croyais partir à la rencontre d'un prince.

Je ne savais pas encore que j'allais rencontrer mon destin.

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