"Les gens passent tellement de temps à prétendre que tout va bien qu'ils finissent parfois par oublier à quel moment tout s'est réellement effondré."
Naya.
~*~
Plus la voiture avançait, plus j'avais l'impression d'être assise dans la vie de quelqu'un d'autre.
Tout paraissait trop propre ici. Les rues, les maisons, les jardins derrière leurs portails électriques, comme si personne dans cette ville n'avait déjà élevé la voix, claqué une porte ou cassé quelque chose sous le coup de la colère.
Sur le côté passager, ma mère parlait depuis plusieurs minutes de la maison, du quartier et de ce qu'elle appelait encore un nouveau départ, pendant que je regardais mon reflet dans la vitre avec l'impression que rien de tout ça n'avait réellement un rapport avec moi.
Un mouvement à l'avant de la voiture attira mon attention et mes yeux quittèrent aussitôt la route qui défilait derrière la vitre.
Une grimace étira malgré moi mes lèvres lorsque je vis la main de mon beau-père se poser sur la cuisse de ma mère, lentement, naturellement, comme s'il approuvait en silence tout ce qu'elle répétait depuis plusieurs minutes avec une voix si enjouée que ça me donnait mal au crâne. Lui gardait les yeux sur la route, les doigts accrochés au volant, parfaitement calme, parfaitement installé dans cette vie que je n'avais jamais demandée
Je laissai échapper un soupir avant de reposer mon front contre la vitre teintée de la Mercedes noire. Le pire, c'était probablement que je ne pouvais même pas nier à quel point elle était confortable. Un an plus tôt, je n'aurais jamais imaginé mettre les pieds dans un truc aussi cher.
Pourtant, je traversais maintenant les rues de cette ville qui ressemblait presque trait pour trait à un décor de *Desperate Housewives, mais dans une version encore plus campagnarde, encore plus propre, encore plus dérangeante aussi, avec ses pelouses parfaites, ses façades impeccables et ses petites maisons bien rangées où l'on s'attendait presque à voir *Bree Van de Kamp arroser ses fleurs avec un sourire trop figé, *Susan Mayer trébucher devant sa boîte aux lettres, ou *Gabrielle Solis sortir d'un porche en lunettes de soleil hors de prix, comme si tout allait bien dans le meilleur des quartiers possibles.
Ici, il n'y avait ni buildings, ni grands immeubles, seulement des champs, des routes bordées d'arbres et des quartiers résidentiels tellement parfaits qu'ils semblaient irréels.
Je me surpris même à regretter Portland. Là-bas, au moins, les choses avaient une odeur, un bruit, une vraie façon de vous regarder.
Je me demandais sincèrement s'il y avait au moins un hôpital dans le coin lorsque je vis un facteur passer sur un putain de vélo avant de lever la main pour saluer quelqu'un avec un sourire beaucoup trop sincère, comme s'il était coincé dans une vieille comédie américaine réalisée par *Tim Burton sous antidépresseurs.
L'autre crétin qui me servait de beau-père prit un virage, et mon regard accrocha aussitôt quelque chose au bout de la route.
Enfin une structure qui dépassait un peu les maisons parfaites, les pelouses humiliantes de propreté et les arbres interminables de cette ville.
À distance, le bâtiment avait l'air vieux, presque abandonné, comme un bloc gris oublié au milieu d'un décor trop bien entretenu. Des escaliers métalliques rouillés grimpaient le long de sa structure jusqu'à un toit plat, vaguement entouré de petites barrières qui donnaient surtout l'impression que quelqu'un avait voulu prétendre penser à la sécurité.
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Tout Ce Qu'On Tait - Tome 1
RomanceÀ Ashwood, le silence cache plus de choses que les mensonges. Quand Naya emménage dans cette petite ville qui semble sortie d'une publicité américaine parfaite, elle ne cherche qu'une chose : survivre à une nouvelle année de lycée sans attirer l'att...
