Le soleil brûlait doucement dans le ciel, et les feuilles dansaient au rythme du vent.
C'est à peu près tout ce dont je me souviens de ce jour-là.
L'air était doux, presque parfait pour courir. Le paysage défilait sous mes yeux, emportant avec lui toutes ces couleurs d'automne - des rouges, des orangés, des jaunes dorés - comme si le monde entier s'était transformé en tableau.
Je courais sans vraiment réfléchir.
- Mh... je me demande ce que fait maman en ce moment...
Je n'eus même pas le temps de finir ma phrase.
Quelqu'un me percuta violemment.
Le choc me coupa le souffle, et je tombai au sol.
C'est à cet instant précis que j'ai rencontré la personne qui allait bouleverser ma vie.
J'étais encore étourdie quand une main apparut devant moi.
- Oh, excuse-moi ! Tu vas bien ?
Sa voix...
Douce. Incroyablement douce.
J'aurais pu rester là, à l'écouter parler pendant des heures.
- Oui... oui, ça va, t'inquiète pas...
Il rit.
Un rire léger, naturel.
Je clignai des yeux, un peu confuse.
J'ai dit quelque chose de drôle ?
- Tant mieux... Désolé, je t'avais pas vue, cannette.
- Cannette ?
Je relevai brusquement la tête.
Et là...
Je le vis vraiment.
Son visage me frappa presque autant que la collision.
Je me souviens encore de chaque détail.
- C'est comme ça que tu t'excuses de bousculer les gens ?
Il leva les mains, un peu gêné.
- Non, pardon... vraiment. Tu t'es pas fait mal ?
Je le regardais.
Ses yeux étaient bleus.
Pas juste bleus...
On aurait dit le ciel en pleine nuit.
Je m'y perdais complètement.
- Non... ça va. Merci de t'excuser...
Il sourit, puis reprit d'une voix plus légère :
- Alors, comment tu t'appelles, cannette ?
Je le fixai, mi-amusée, mi-agacée.
- Je m'appelle... Opaline.
Il pencha légèrement la tête.
- Et ton vrai prénom ?
Je baissai un peu les yeux.
- C'est... vraiment Opaline.
Un silence.
Puis un sourire.
- C'est pas commun... mais c'est beau.
Je sentis mes joues chauffer.
Personne n'avait jamais dit ça.
D'habitude, c'était plutôt des moqueries.
- Et toi ? Comment s'appelle le bousculeur de passants ?
Il éclata de rire.
Et encore une fois... je restai figée.
Son rire était comme une musique douce, celle qu'on écoute tard la nuit quand tout est calme.
- Moi, je m'appelle Loup.
- Loup... comme l'animal ?
Il haussa les épaules avec un sourire.
- Ouais... on peut dire ça.
Je lui rendis son sourire.
- J'espère qu'on se reverra, Loup.
Je me retournai pour partir, mais il posa sa main sur mon épaule.
Mon cœur fit un bond.
- Tu veux quoi ?
- Ton numéro.
Mon cerveau s'emballa instantanément.
- Je... euh...
- Je suis nouveau ici. Je connais personne.
Je le regardai quelques secondes.
- Donc tu veux mon numéro... pour avoir quelqu'un à qui parler ?
Il hocha la tête.
Sans un mot.
Je sortis mon téléphone, le déverrouillai, et le lui tendis.
On échangea rapidement nos numéros.
Puis je partis en courant.
Mon cœur battait encore beaucoup trop vite.
Quand je rentrai chez moi, comme prévu, ma mère m'attendait.
Et elle n'était pas contente.
Le repas se passa dans un silence glacial.
Pas à cause de la température.
Mais à cause d'elle.
Depuis son licenciement, il y a quatre mois, elle avait changé.
Elle était devenue froide, distante.
Et on devait faire attention à tout.
Même aux plus petites dépenses.
Après le dîner, je rejoignis Elena.
Je lui racontai tout.
- T'es pas maline...
Je restai silencieuse.
Elle soupira.
- Et si c'était un fou, Opaline ? Un type bizarre qui fait exprès de rentrer dans les gens...
Je me mis à rire.
- Elena, tu regardes trop de films policiers.
- Peut-être... mais fais attention. Il ressemble à quoi ?
Je regardai par la fenêtre un instant, puis répondis :
- Grand... brun... avec des yeux bleus. Comme le ciel la nuit. Et... une voix... vraiment douce.
Elle esquissa un sourire rêveur.
- Il a l'air charmant. Je comprends pourquoi tu lui as donné ton numéro.
- N'importe quoi ! Il est juste nouveau ici.
Elle ne répondit rien.
Mais je savais ce qu'elle pensait.
"Un nouveau"... facile comme excuse.
On resta assises sur son lit, en silence.
Elena ressemblait à une poupée.
Mais elle était aussi douce que de la soie, même si elle faisait tout pour le cacher.
Quelques heures plus tard, je rentrai chez moi.
J'adorais marcher le soir.
Le vent frais sur ma peau...
Cette impression que le monde disparaît, qu'il ne reste que moi et cette sensation de liberté.
Puis-
Mon téléphone vibra dans ma poche.
Je sortis de mes pensées.
Ma mère ?
Elena ?
Je regardai l'écran.
Ce n'était ni l'une...
ni l'autre .
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le fils de nos secrets
Non-FictionOpaline, une adolescente douce et rêveuse, mène une vie normale jusqu'au jour où elle rencontre Loup, un garçon mystérieux au charme envoûtant. Son sourire parfait et sa voix douce cachent un passé troublant et un caractère énigmatique. Tandis qu'Op...
