Je me réveillais en sueur, encore un de ces cauchemars où je revois ma sœur mourir... J'avais très chaud, je me suis donc levée de mon lit. Il me fallait un verre d'eau, ma gorge était sèche. Je descendais les marches le plus silencieusement possible afin de ne réveiller personne. Une fois la cuisine atteinte, j'ouvris le frigo à la recherche d'une bouteille d'eau froide. Une fois en main, je la posais sur le plan de travail, me dirigeai vers l'étagère et pris un des verres qui trônait à l'intérieur. Je commençais à boire quand des voix se firent entendre. Je reconnus celle de mon père... Que faisait-il à parler en pleine nuit ? Et à qui parlait-il ? J'aurais bien voulu écouter, mais la fatigue était trop lourde. Je décidai donc de ranger ce que j'avais sorti et remontai dans ma chambre. Je lui demanderai demain. Je me recouchais en espérant éviter les cauchemars...
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Une voix m'appelait. J'émergeais lentement de mon sommeil. C'était Ilona, une domestique. Je la considérais comme mi abuelita. Petite, âgée de 72 ans, ma confidente, elle était la seule source de lumière dans ce grand manoir.
— J'ai apporté tes habits, me dit-elle en souriant. Ton père et ta mère t'attendent en bas, ne traîne pas !
Sur ce, elle ressortit, me laissant seule sans autre information. Je m'habillais vite en me posant tout un tas de questions. D'habitude, mes parents ne m'attendent jamais et me considèrent comme transparente... Je descendais les marches quatre à quatre et, lorsque j'arrivais en bas, une dizaine de regards se posèrent sur moi. Mes parents étaient bien présents. Mon père, en bout de table, portait son éternel manteau en fourrure rouge. On le reconnaît grâce à son crâne rasé recouvert de tatouages, avec sur sa joue le symbole de notre cartel, La Orden del Sol Roto : un soleil fissuré en son centre, resplendissant d'un côté et sombre de l'autre, enlacé par un serpent. À sa droite siégeait ma mère, une femme imposante en robe bordeaux assortie à son rouge à lèvres écarlate. Je continuais d'inspecter les invités, mais tous m'étaient inconnus. C'est alors que mon père se leva :
— Assieds-toi, Alba. Prends place à ma gauche, me dit-il d'un ton froid.
Je m'assis sans dire un mot. Il continua :
— Mesdames et Messieurs, ma fille Alba, 19 ans. Aujourd'hui est un grand jour, puisque j'ai accordé sa main au fils du président du Mexique afin de sceller une alliance avec le gouvernement et garantir notre protection face à nos ennemis.
J'étais abasourdie, pétrifiée sur place. Pourquoi ne m'avait-on pas prévenue ?! Ne sachant comment réagir, mon sang ne fit qu'un tour. Refusant de servir de monnaie d'échange, je me levai d'un coup, courus hors de la salle et remontai me réfugier dans ma chambre. Une fois la porte fermée, je m'écroulai sur mon lit. Mon avis ne comptait-il donc rien ?
Mes parents n'avaient jamais été là pour moi, trop occupés par leurs affaires. Pour m'assurer une défense minimale dans ce monde de brutes, mon père m'avait confiée depuis mon enfance à Diego, son homme de main. Diego m'avait entraînée sans relâche au maniement des armes, au combat à mains nues et aux techniques d'infiltration et d'espionnage. Mais contrairement à mon père qui ne me voyait que comme un pion, Diego m'avait formée en secret pour que je sache me défendre et ne dépende jamais de personne. Il avait dû partir en mission un mois plus tôt, et sans son ombre protectrice pour temporiser les décisions de mon père, voilà qu'on décidait d'offrir ma vie sur un plateau d'argent.
Je me réveillai plus tard, Ilona penchée au-dessus de moi, un gant d'eau froide sur mon front. J'avais la tête lourde et de la fièvre.
— Alba, mi niña, rendors-toi, je veille sur toi, me dit-elle doucement en me prenant la main. J'ai entendu ce que ton père a dit... Je suis tellement désolée...
— Ne t'en fais pas, murmurai-je, la gorge nouée mais le regard déterminé. Je trouverai bien un moyen d'éviter ce mariage, tu verras.
— J'ai bien peur que ce soit impossible, mi niña... me répondit-elle avec une profonde tristesse. Repose-toi.
Je la regardai s'éloigner. Lorsqu'elle referma la porte, mon esprit carbura malgré la fièvre. Je n'allais pas me laisser faire. Si mon père croyait pouvoir me vendre au gouvernement, il allait découvrir que le tempérament qu'il avait essayé d'étouffer allait se retourner contre lui.
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Broken sun
RomanceAlba, fille insoumise de grands narcotrafiquants mexicains, a appris à se battre et espionner grâce à Diego, l'homme de main qui la protège en secret. Lorsque son père veut la forcer à épouser le fils du président pour acheter la paix face au cartel...
