Elena
Les pas d'Elena résonnaient dans le hall d'entrée alors qu'elle rentrait chez elle, épuisée après une longue journée d'université. Elle n'avait guère envie de bavarder, mais savait pertinemment que son père, Giovanni Mancini, l'attendait pour un rapport sur sa journée. À 22 ans, elle jonglait entre les exigences académiques et la pression constante de ce père qui, depuis la mort de sa mère, ne cessait de la pousser à être irréprochable.
Elle déposa son sac, soupira, et gravit les escaliers. Le claquement de ses talons sur le parquet accentuait la tension qui régnait dans la demeure. Dans la cuisine, Giovanni se tenait là, une bouteille de vin à moitié vide posée nonchalamment à côté de lui. Sans même lever les yeux, il lança, d'un ton glacial :
« Et encore cette tenue ? Elena, vraiment... Tu es chez toi, pas en soirée. »
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« Papa, je ne suis pas une petite fille. Laisse-moi vivre. » répliqua-t-elle, le regard se durcissant. Le sujet de ses choix vestimentaires revenait sans cesse ; Giovanni, hanté par le souvenir de sa défunte épouse, ne cessait de la comparer à elle.
« Ta mère... Elle aurait honte de voir ça. »
À ces mots, malgré la colère bouillonnante, Elena sentit une douleur familière se resurgir. S'asseyant à la table, elle prit une profonde inspiration :
« Maman n'est plus là, papa. Tu dois comprendre que je ne suis pas elle. »
« Je sais, mais tu oublies de te respecter. Elle t'aurait appris à te comporter autrement. »
Le silence s'installa, lourd de non-dits. La maison, qui abritait tant d'attentes et de déceptions, se faisait le théâtre d'un quotidien où la solitude se cachait derrière la façade d'une fille parfaite.
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Rafael
À l'autre bout de la ville, dans l'obscurité d'une nuit qui semblait complice de ses sombres desseins, Rafael Moretti était assis dans sa voiture noire. Son esprit, déjà focalisé sur la mission imminente, ne laissait place à aucune distraction. Ce soir-là, la ville semblait étrangement figée, comme si chaque rue avait été préparée à l'avance pour accueillir l'inévitable.
Un message crypté s'afficha sur son téléphone :
« Mission : Élimination de Giovanni Mancini. Criminel. Pas de témoins. »
Rafael, habitué à la précision chirurgicale de ses interventions, vérifia une dernière fois les informations. Il se pencha vers le siège passager où reposait un revolver silencieux, arme choisie pour sa discrétion. Enfilant ses gants noirs, il sentit la froideur du métal, reflet d'une détermination implacable. Chaque geste, chaque mouvement se devait d'être calculé à la perfection. Ce soir, il n'aurait pas le droit à l'erreur.
En approchant d'une somptueuse villa isolée dans un quartier tranquille, il revint sur ses pensées. L'anglais, langue universelle et détachée, était pour lui l'instrument parfait pour distancier ses actes de toute émotion. Ce choix de mots, froid et précis, avait toujours renforcé son sentiment de supériorité, un rempart contre les démons de son passé.
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L'Affrontement
Dans une des chambres de la villa, Elena, cherchant un moment de répit, se tenait près d'une grande fenêtre donnant sur le jardin. Un bruit inhabituel attira son attention. Des murmures, des pas feutrés dans l'ombre... Intriguée, elle s'approcha discrètement, se glissant là où la lumière se faisait plus timide.
Soudain, elle perçut un échange qui semblait appartenir à un autre monde. D'une voix froide, et avec une articulation impeccable, une silhouette émergea de l'obscurité. C'était Rafael. Loin des convenances de la langue de ses parents, il choisit l'anglais pour s'adresser directement à Giovanni, qui se trouvait dans la pièce voisine.
« Why did you kill the boy? » lança-t-il, sa voix résonnant avec une froideur presque clinique.
Ce choix de langue, qui semblait effacer toute émotion, soulignait à la fois le détachement de Rafael et sa volonté de confronter l'héritage criminel de son adversaire.
Giovanni, visiblement décontenancé par cette intrusion étrangère et inattendue, tenta de balbutier une réponse, mais l'intervention fut tranchante :
« He was a threat. You thought you could hide behind your power, but I had to make you see the truth. »
Les mots, prononcés avec une précision qui n'admettait aucune contestation, semblaient sceller le destin du criminel. Pour Rafael, chaque syllabe était un verdict, une sentence froide qui le libérait, ne serait-ce qu'un instant, des ombres de sa propre histoire.
Dans un fracas brutal, un coup de feu retentit. Giovanni Mancini s'effondra, un cri étouffé se mêlant aux derniers échos de cet échange. Elena, le cœur battant à tout rompre, se jeta derrière un épais rideau, retenant sa respiration dans un mélange de stupeur et de terreur. Elle venait de voir, impuissante, l'homme qu'elle connaissait et dont elle dépendait, disparaître sous l'assaut d'un fantôme sans pitié.
Pendant que Rafael s'éclipsait aussi silencieusement qu'il était arrivé, laissant derrière lui une scène macabre et des questions sans réponses, Elena sentit naître en elle une détermination farouche. La perte, la douleur, et surtout ce désir brûlant de vengeance allaient désormais guider chacun de ses pas, tandis qu'elle se retrouvait plongée dans un univers où ombre et lumière se mêlaient, où chaque secret pouvait tout changer.
Elle s'évanouit, submergée par la violence de l'instant, sans encore comprendre pleinement la portée de ce qui venait de se passer.
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Titre : Sous l'Ombre du Crime
RomanceSynopsis : Rafael Moretti est un homme ordinaire aux yeux du monde : chef d'une entreprise prospère, respecté et apprécié dans son domaine. Mais derrière cette façade impeccable se cache un tueur à gages implacable, un homme qui a choisi le crime po...
