Prologue

194 9 8
                                        

Bonjour à tous ! Et bienvenue dans mon histoire. J'espère que vous aimerez les personnages de Julie et Mael autant que moi ;) N'hésitez pas a voter et laissez des commentaires ! J'ai hâte de vous lire ... Bonne lecture ! :)



Julie

28 ans

— Je le savais...

À l'instant où j'ai ouvert les yeux ce matin, je savais que je passerais une mauvaise journée. Mais je ne m'attendais clairement pas à ce que ça puisse atteindre ce niveau !

Pourtant, je ne devrais plus être aussi étonnée. En plus d'être une grande habituée des gaffes à la « Pierre Richard », ce n'est pas la première fois que je me retrouve genoux au sol, avec une prime de honte sur ma personne.

Si seulement c'était le cas...

Avoir honte est un sport olympique chez moi, et je me débrouille pour gagner la médaille d'or à chaque fois.

Comment, à vingt-huit ans, je ne sais toujours pas lacer mes chaussures assez convenablement pour qu'elles tiennent 24 h !

Un jour, Natasha, mon esthéticienne, m'a même demandé si je pratiquais des sports de combat, tellement mes genoux étaient écorchés, couverts de bleus sur l'intégralité de mon corps...

« Non, désolée, j'ai juste un gros souci d'oreille interne », lui avais-je répondu avec un sourire timide.

Et comme un problème ne vient jamais seul, il fallait que je renverse, dans la manœuvre, mon café, seul breuvage étant capable de me permettre de tenir « debout ».

Je me sens tellement fatiguée...

Cette nuit n'a encore une fois pas été la plus reposante de toutes. Depuis plusieurs mois maintenant, je suis sujette aux nuits blanches et aux crises d'angoisse quotidiennes. Ce qui inquiète grandement Roxy.

Roxy, c'est ma meilleure amie. Mais c'est aussi la personne la plus cinglée, aigrie et loyale que je puisse connaître. Elle m'a donné le nom de cette thérapeute « super » dans le quartier de Beacon Hill, le mois dernier. Elle en a eu marre de m'entendre me plaindre de mon manque de sommeil dû à des cauchemars.

Enfin, elle en a surtout marre que tu ne fasses rien pour résoudre tes problèmes.

— Maintenant, ça suffit ces cernes-là, ma belle ! Non seulement ça ne te rajeunit pas, mais en plus, ça te coûte une fortune en soins et en anticernes. Tiens, cette carte et prends rendez-vous au plus tôt sinon, c'est moi qui m'en charge !

Qu'est-ce que je disais ?

Mais je ne peux pas me plaindre...

Roxy est la seule à savoir comment me challenger. Cette belle rousse au caractère de feu m'aide toujours à sortir de ma zone de confort. C'est probablement la seule personne dans ma vie à prendre soin de moi et à être sincèrement intéressée par mon état de santé mentale qui se détériore.

Grâce à elle, je prends plus souvent mes problèmes de front, là où, toute seule, j'aurais tendance à les ignorer jusqu'au dernier moment... La nuit, par exemple.

Bref, là, tout de suite, je la déteste plus que je ne l'adore.

Je hais les psys. Enfin, à vrai dire, je n'en ai jamais consulté. Mais qui aime ça, sérieusement ? C'est tellement naturel pour moi de les détester.

Je n'ai jamais goûté le sable et pourtant, je sais que c'est probablement dégoûtant !

En arrivant devant la porte de l'immeuble ancien, fait assez rare dans le Downtown de Boston, mon cœur s'arrête un instant.

Je vais vraiment faire ça ?

Mes yeux fixent la sonnette au mur, collée à une plaquette dorée où figure le nom du spécialiste, et je panique.

Oui, le monde a évolué et aujourd'hui, consulter un psy est presque fréquent, voire sain pour certaines personnes, et pourtant, je suis là, immobile.

Je sens la crise d'angoisse monter. Mes orteils me piquent et ma peau devient très sensible à la brise du vent qui passe sur mon corps tremblant. Je ferme les yeux un instant en priant pour que celle-ci ne démarre pas et puisse rester au stade où elle est à présent, c'est-à-dire totalement gérable.

Même si, putain, c'est plus que désagréable !

— Cinquième étage, première porte à gauche, m'annonce une jolie voix féminine et gracieuse, après que j'ai appuyé sur le bouton de sonnerie du cabinet.

Cinquième étage ?

Mes pauvres poumons, désolés de vous infliger ça. Je prends une grande inspiration et monte les escaliers aussi vite que je le peux.

Mais entre mon manque d'exercice physique quotidien et ma crise d'angoisse qui augmente en intensité à chaque palier, mon souffle devient erratique et mes jambes, déjà éprouvées par les émotions fortes de ce matin, risquent de me lâcher à n'importe quel étage.

Au bout de longues minutes, je suis enfin arrivée dans la salle d'attente du docteur Kelly. Une fois mon rendez-vous confirmé auprès de la dame qui m'a indiqué la direction tout à l'heure, je m'installe sur les fauteuils rouges en velours de cette pièce vide.

Les bons psys ne sont-ils pas censés être remplis tout le temps ?

Cette ville est pleine de névroses pourtant...

Mais qui a choisi des fauteuils aussi désagréables ?!

Je décide de me concentrer sur l'agente d'accueil. Ça m'occupera ! Elle a une chevelure blonde dorée, comme la mienne, mais elle n'est pas coupée au niveau de la poitrine comme moi. Je remarque quand même le fait que, chez elle, la couleur n'est pas naturelle.

Pourtant, ça lui va très bien.

Cette coupe met en valeur son joli visage ovale orné de deux yeux en amande, une bouche bien dessinée, un nez droit... Elle est tellement belle... J'aimerais tellement lui ressembler.

Je sais que je suis loin d'être moche. Mais je suis tout aussi loin d'être d'une beauté « mainstream ». Certains physiques mettent tout le monde d'accord. En tant que femme, vous savez quand vous plaisez. On se montre plus gentil avec vous, vous avez des passe-droits, vous trouverez toujours votre taille en magasin. Le regard des gens dans notre société n'est pas le même en fonction de votre beauty privilege. Roxy en bénéficie souvent d'ailleurs !

Ce ne fut jamais mon cas.

Et s'il m'arrivait de l'oublier, ma mère n'était jamais bien loin pour me le rappeler : « Fais en sorte d'avoir une personnalité plus séduisante que ton physique, Julie. »

Merci, maman... Je suis au courant que je dois me contenter d'un visage tout à fait banal !

C'est pour cette raison que j'ai commencé à lire. Je devais être intéressante, sinon on ne me regarderait jamais. Les livres nous instruisent souvent plus que l'école. Finalement, j'y ai trouvé mon refuge et je m'y suis engouffrée au point de devenir associable. Plus je vieillis, plus le contact avec les autres devient difficile pour moi. C'est en partie ça qui m'a poussée à venir ici.

— Mme Bronton ? lance la dame de l'accueil.

Je souffle en fermant les yeux. Allez Julie, tu peux le faire ! me souffle la douce voix de Roxy dans mon subconscient.

J'essaie de me calmer, mais rien n'y fait. Ma crise d'angoisse reprend de plus belle.

Il est temps d'affronter mon passé et de réparer ce qu'ils ont brisé.

Wish Me LuckWhere stories live. Discover now