En cette fin d'après-midi, le soleil couchant embrasait les ruelles animées de Keur Massar qui bruissait d'une énergie fiévreuse, nimbant la banlieue d'une lueur orangée. Les cris des enfants jouant au football se mêlaient aux rythmes endiablés de la musique trap s'échappant des cours intérieures.
Assise à la petite table de la cuisine, Mariama, était déjà un véritable rat de bibliothèque, rongée par une soif de connaissances que rien ne semblait étancher, penchée sur ses cahiers dans la cuisine exiguë, mordillait nerveusement son stylo. Elle recopiait studieusement ses leçons dans un silence monacal tout en relisant les définitions apprises la veille. Ses yeux sombres parcouraient frénétiquement les lignes de son manuel d'histoire, tandis que les bruits de la rue filtraient à travers les minces cloisons.
"Encore en train de travailler ?" La voix de sa mère, Adja, la fit sursauter.
Mariama leva les yeux, croisant le regard mi-amusé, mi-réprobateur de cette femme robuste qui l'avait élevée seule après le décès prématuré de son père. "Tu sais bien que c'est important, Maman," murmura-t-elle, un sourire contrit aux lèvres.
"Les études sont la seule voie pour que je m'en sorte et puisse vous aider un jour..."
Adja soupira, posant lourdement sa bassine d'eau. "Je sais, ma fille. Mais à quinze ans, tu devrais aussi profiter un peu de ta jeunesse avant de vieillir trop vite !"
Mariama haussa les épaules avec philosophie. Sacrifier quelques plaisirs éphémères au profit d'un avenir meilleur était un prix qu'elle était prête à payer sans hésiter.
"Ma jeunesse, c'est maintenant que je la construis," répliqua Mariama, son regard se perdant dans le vague. "Un jour, je serai sur les bancs de l'université Cheikh Anta Diop. Et ce jour-là..."
"Ce jour-là, tu auras oublié comment t'amuser," la coupa Adja, secouant la tête avec un mélange d'exaspération et de fierté.
Dans la chaleur étouffante du modeste logis, son esprit dériva quelques instants, s'évadant de la réalité familière. Elle visualisa les bancs de la prestigieuse université Cheikh Anta Diop où elle rêvait de décrocher un diplôme. Seul ce sésame tant convoité pourrait lui permettre d'échapper un jour à la condition modeste qu'elle partageait avec sa mère et ses deux frères cadets.
Être la meilleure de sa classe du Lycée de Plan Jaxaay n'était qu'une étape, le tremplin vers la réussite qu'elle espérait tant. Elle étouffait dans ce quotidien étriqué, résignée à végéter si elle ne décrochait pas ce précieux sésame.
Le silence retomba, uniquement troublé par le grattement du stylo sur le papier. Soudain, une voix stridente retentit : "Hé, la intello ! Tu comptes garder tes vieux cahiers encore longtemps ?"
La voix rocailleuse de son petit frère Baïdy la tira de ses rêveries. Le gamin de 12 ans, insouciant et farceur, tenait triomphalement une liasse de feuilles noircies.
Mariama se retourna brusquement, ses yeux lançant des éclairs. Son petit frère Baïdy, un sourire espiègle aux lèvres, brandissait une liasse de feuilles noircies.
"Rends-moi ça tout de suite !" s'écria-t-elle, bondissant de sa chaise.
Elle foudroya Baïdy du regard, refoulant son agacement. Être sans cesse dérangée, ne jamais avoir de paix...Tout le contraire de cette tranquillité studieuse qu'elle idéalisait tant.
"Sinon quoi ? Tu vas me frapper avec ton dictionnaire ?" la nargua Baïdy, esquivant habilement sa sœur.
"Ça suffit, vous deux !" intervint Adja, sa voix claquant comme un fouet. "Baïdy, rends ces cahiers à ta sœur. Et toi, Mariama, un peu de patience avec ton frère ne te ferait pas de mal."
Baïdy leva les mains en signe de reddition, un sourire mutin aux lèvres.
"Pas la peine de monter sur tes grands chevaux ! Je plaisantais, tu le sais bien."
Mariama arracha ses précieux cours des mains de Baïdy, le cœur battant. Elle allait riposter quand un cri déchira l'air, provenant de la cour voisine.
Les chamailleries fraternelles avaient beau être un rituel familier, Mariama n'arrivait jamais à les prendre avec légèreté. Tout était prétexte à stress et inquiétude pour elle.
Une fois le calme revenu, Mariama se replongea dans l'oasis studieuse de ses livres, bien décidée à ne plus se laisser distraire.
Le silence n'était que temporaire cependant. Des éclats de voix venant de la cour voisine percèrent bientôt les frêles cloisons, signe d'une nouvelle dispute opposant les époux Cissé.
"Sale ivrogne ! Vaurien indigne !" vitupérait une voix féminine rendue hystérique par la colère.
Le visage de Mariama se crispa. Les disputes des Cissé, encore. Elle jeta un regard à sa mère, qui hocha tristement la tête.
Mariama soupira intérieurement. Voilà qu'allait recommencer les inévitables hurlements et insultes échangés chaque soir par ce couple outrageusement malheureux...
"Va dans ta chambre, ma fille," murmura Adja. "Ça risque de durer."
Mariama rassembla ses affaires, la gorge nouée. Alors qu'elle s'apprêtait à quitter la pièce, Baïdy l'attrapa par le bras.
"Je suis désolé," chuchota-t-il, l'air penaud. "Je voulais juste que tu fasses une pause."
Mariama sentit sa colère fondre. Elle ébouriffa affectueusement les cheveux de son frère. "Je sais, petit monstre. Mais comprends-moi : ces études, c'est notre ticket de sortie à tous."
Alors qu'elle regagnait sa chambre, les cris des voisins redoublèrent d'intensité. Mariama ferma les yeux, serrant ses cahiers contre sa poitrine comme un bouclier. Un jour, se promit-elle, un jour elle les sortirait tous de là. Quoi qu'il lui en coûte.
Au final, son foyer uni etaimant, aussi modeste fût-il, lui semblait un havre de paix comparé au tumulteet à la violence environnants.
Fin du Chapitre 1.
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Amour Interdit et Trahison au Lycée : Une passion secrète qui bouleverse tout
Teen FictionAmour Interdit et Trahison au Lycée Dans le quartier animé de Keur Massar, Mariama, élève modèle et studieuse, voit sa vie bouleversée lorsqu'elle croise le chemin de Daouda, le rebelle du lycée Plan Jaxaay. Alors qu'elle se consacre à ses études po...
