Chapitre 1

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On vous a déjà dit de ne jamais s'arrêter à une première impression ?
Avant de s'éteindre, c'est ce que répétait souvent le père d'Oliver à son fils.

Un jeune garçon, à peine âgé de 6 ans, se précipitait en pleurs dans les bras de son père.
"- Qu'est-ce qui t'arrives Oliver ?" Demanda le père.
"- Papa ! Y'a un grand bonhomme aux balançoires, ducoup je peux pas jouer avec !" Répondit le petit garçon en s'accrochant aux jambes de son père.
Celui-ci recula alors le corps de son fils qui le collait et le prit par les épaules. Il relava sa tête en emprisonnant son menton entre ses doigts et le regarda dans les yeux.
"- Oliver, voici une leçon qui te servira toute ta vie. Ne t'arrêtes jamais à une première impression."
Il marqua une pause et pointa le "grand bonhomme" du doigt.
"- Avant d'être effrayé par ce garçon... Vas lui parler... Fait ami-ami avec lui et demande lui gentiment s'il peut te prêter la balançoire."
Il acheva sa leçon en touchant le bout du nez de son fils et l'incita a aller parler au garçon en le poussant par les épaules.
Contraint, Oliver s'avançait davantage vers les balançoires tandis que son père reculait pour observer la scène et laisser son fils se débrouiller. Il alla s'asseoir sur un banc et détourna le regard deux secondes pour attraper une bouteille d'eau. Quand tout à coup, Oliver revint se réfugier dans ses bras, plus larmoyant que la dernière fois.
"- Papa !!! Le grand bonhomme il m'a poussé dans le sable parce qu'il voulait pas me passer la balançoire !!!"
Le père caressa rapidement les cheveux de son fils et bondit de son banc.
De longues minutes passèrent durant lesquels le père d'Oliver remettait en place le "grand bonhomme" pour être aussi mal élevé.

Enfin rentré à la maison le père entra dans la chambre d'Oliver et s'accroupit à sa hauteur en posant ses mains sur ses genoux et en le regardant dans les yeux.
"- Oliver, voici une nouvelle leçon. En effet, il ne faut pas s'arrêter à une première impression. Mais si le bonhomme ressemble à un grand méchant, alors tu t'arrêtes à ta première impression."
Il se releva et embrassa la tête de son fils avant de le border.
"- Bonne nuit mon grand."
Il quitta la chambre après avoir éteint la lumière et allumé la veilleuse.

Quelques années plus tard, alors qu'Oliver était âgé de 11 ans et que son père avait déjà rejoint les étoiles depuis 1 an. Le jeune garçon faisait sa rentrée au collège. Et comme énormément d'enfants, Oliver ne connaissait presque personne. Il se résigna alors à attendre sur un banc qu'un élève vienne lui parler. Et heureusement pour lui, un grand garçon disposant de deux petites fossettes, se plaça devant lui et lui tandit sa main.
"- Salut ! J'suis tout seul ! Tu veux être mon ami ? Tu t'appelles comment ?"
Oliver, ne fixant que sa main tendue, releva alors sa tête et déglutisa nerveusement en reconnaissant se visage qu'il n'a pourtant vu qu'une seule fois dans sa vie.
"- Le grand bonhomme..."
Le dit "grand bonhomme", resta confus suite à cette réponse.
"- Tes parents t'aimais pas pour t'appeler comme ça ?"
Oliver resta silencieux. " Ne t'arrêtes pas à une première impression..." Se rappela-t-il.
Il prit alors une grande inspiration et répondit :"- Je m'appelle Oliver et... je veux bien devenir ton ami."

Bien-sûr, il fallut peu de temps avant qu'Oliver ne dise à son nouvel ami qu'ils s'étaient déjà rencontrés. Et il fallut également peu de temps aux garçons pour devenir très proche au fil du temps.
Mais le bonheur n'est pas éternel... Et après quatre ans d'amitié, le nouvel ami d'Oliver dû malheureusement déménager en Corée du Sud après la mutation de son père et continuer sa scolarité dans un lycée à Séoul. Les deux frères de cœur continuaient tout de même à s'envoyer des messages et à se faire des appels lorsque les horaires le permettaient.
Mais ce que l'ami d'Oliver ne savait pas c'est que durant tout l'été, Oliver a supplié sa mère de poursuivre sa scolarité dans la même école que son ami. Car ayant du mal à se faire de nouveaux amis, il se retrouvait souvent seul au lycée et cela lui plombait énormément le moral, au point que ses notes chutaient drastiquement au cours des mois.
Alors après de multiples PowerPoint, de leçons de coréen et de "Je sais me débrouiller tout seul maman", sa mère accepta enfin le départ de son fils vers sa nouvelle vie en Corée.

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