1 || Blood-eyed Orphan

33 3 0
                                        

"Ceux qui écrivent l'histoire ne sont ni les bons, ni ceux qui placent leurs espoirs en eux,
Ce ne sont pas les magnanimes plus que les victorieux,
Pas même les légendes ou bien les dieux,

Seuls les quelconques survivants possèdent ce droit, et alors toujours ils le considèrent un fardeau."

Seul sur le bord de la route, alors que le monde entier s'effondre, il ne peut pas bouger, il ne peut qu'observer.

Le ciel n'avait jamais été si lumineux, le blanc brûlait ses yeux. L'air n'avait jamais été aussi chaud, le feu détruisait sa peau. Le son n'avait jamais été aussi fort, les déflagrations perçaient ses tympans.

Son minuscule cœur refusait de cesser de battre, de plus en plus fort il tapait, jusqu'a briser ses propres côtes son cœur battait.
Ses muscles enflaient et jusqu'a ce que sa peau se déchire il criait.

Ce triste spectacle aurait pu durer encore bien longtemps, se concluant évidemment par sa mort. Cependant un petite famille en train de fuir passa près de lui, s'arrêta quelques secondes et ainsi se finit l'histoire qui lui avait été contée.

La famille comportait six membres, tous vêtus de blanc.

Et le père ordonna d'abandonner le pauvre bébé mourrant.
Et les enfants obéirent.
Ils partirent tandis qu'il agonisait sur le sol brûlant.
Jusqu'a ce qu'enfin ses pleurs se tarirent.

Seize ans, il était autant heureux que fier, aujourd'hui il mettrait ses plus beaux vêtements. Malgré son âge il avait encore l'apparence d'un enfant de huit ans à cause d'un très fort retard de croissance. Son apparence était extrêmement féminine dû à un très fort retard hormonal. Sa peau était extrêmement pâle à cause d'une très faible exposition au soleil. Ses pupilles et ses globes oculaires étaient rouges à cause d'une profonde blessure aux yeux. Le nom qui lui avait été donné était "Akira".

Aujourd'hui il mettait ses plus beaux vêtements. À vrai dire il n'avait pas grand chose de plus que son uniforme, un grand veston noir et blanc, une longue robe et un tablier. L'uniforme typique des majordomes de la maison Arata.
Alors il saisit un ruban et attacha ses cheveux gris clair avec, il tenait à faire quelque chose de spécial pour ce jour.

Encore une fois six heures sonnaient avant qu'il n'ait passé la porte de sa chambre. Pour les majordomes de la maison Arata les règles étaient simples; ils étaient nourris, logés, blanchis et payés pour respecter ces règles.
Ils devaient être opérationnels dès que la grande horloge du salon principal sonnait six heure. Ils devaient répondre le mieux possible à chaque demande d'un membre de la maison. Ils devaient montrer respect et honneur. Et enfin, ils ne devaient absolument jamais traîter les membres de la maison comme des supérieurs hiérarchiques.
La maison exigeait que le personnel soit traité comme des amis, des membres de la famille, elle exigeait que chacun respecte les autres par nature et par honneur, en aucun cas par obligation. Le personnel respectait la maison tout juste comme la maison respectait le personnel.

Alors il entendit des pas dans le couloir, une nouvelle fois tout le monde était opérationnel, mais pas lui. Il tenta de finir d'attacher ses cheveux en vitesse avant de sauter dans ses souliers et de passer la porte.
La ponctualité n'était pas bien importante le dimanche puisque tout le monde dormait tard, mais le jeune majordome tenait à honorer ses promesses. Ainsi il descendit en vitesse jusqu'au salon.

Ici il fit face aux trois autres majordomes, déjà occupés à se répartir des tâches. Il y avait deux filles un peu plus vieilles que lui et un adulte, tous vêtus du même vêtement. Ils allaient par leurs noms respectifs :

Alua était assez grande et avait de longs cheveux blonds, ses yeux bleus avaient toujours un air supérieur qu'Akira n'aimait pas.
Elliīott était bien plus petite et avait deux courtes nattes, accompagnées d'une longue tresse noire, elle se tenait toujours très droite mais regardait systématiquement le sol.
Mari surplombait entièrement la salle, sa prestance illuminait la pièce. Il était le mentor des trois enfants, mais aussi de ceux de la famille.

Lorsqu'Akira déboula dans la salle les regards se tournèrent vers lui, vingt et une virgule sept secondes de retard. Personne ne lui en tiendrait compte mais il avait lui même compté, c'était mieux que d'habitude.

Une fois les tâches réparties ils s'y attelèrent tous ensembles, et dans le silence le plus total. Le dimanche matin le silence était sacré.
Mari se chargerait de préparer le déjeuner, qui serait pris a 8h par les majordomes et à 10h par la maison.
Elliīott irait récupérer le linge qui avait séché dans la nuit, elle se chargerait ensuite du repassage.
Alua devait aller couper du bois, l'hiver serait là dans quelques semaines et, bien que le stock fût déjà largement suffisant, c'était une de ses tâches préférées.

Akira quant à lui devait aller réveiller la famille, avec la délicatesse dont lui seul était capable. C'était aussi la tâche qui nécessitait le moins de ressources physiques.
Cependant la famille se levait à 10 heures, il avait donc encore quatre heures devant lui.

Il entreprit de quitter la salle, prévoyant de nettoyer un des salons secondaires en attendant, mais Elliīott s'interposa.
Elle ne parlait pas fort, ne regardait pas les gens quand elle s'adressait à eux, et s'approchait souvent très près.
"Tu aurais pu faire ça un peu mieux"
Murmurait-elle à Akira, très proche de son visage.
Il fallut quelques secondes avant qu'elle enchaîne : "Tourne toi"
Ordre que le jeune homme exécuta sans poser de questions.
Il ne sentit pas ses cheveux bouger, il était très peu sensible au toucher puisqu'une grande partie de ses nerfs étaient endommagés. Une fois la partie arrière terminée la jeune fille lui demanda de nouveau de se tourner. Elle entreprit de tresser de fines et courtes nattes devant les oreilles du garçon, exactement identique aux siennes.
"Si tu tiens à te faire beau, essaie de le faire bien... au moins"
Elle recula de quelques pas, et Akira remarqua ses joues rouges. Les gens avaient tendance à faire rougir leurs joues,il ne comprenait pas comment, il avait beau essayer devant son miroir, sa peau restait toujours blanche comme la neige.
"Et tu pourrais au moins me remercier, j'ai d'autres choses à faire et je choisis de t'aider..." Dit-elle d'un ton plat et inémotif, pourtant trahi par son regard fuyant.

Le garçon prit la parole, chose qui arrivait rarement.
"Je pourrais t'aider ? Enfin, je ne peux pas sortir décrocher le linge, et le fer est trop lourd pour moi, mais je pourrais plier ça pour toi ?"
Akira était le seul à ne jamais répondre simplement à Elliīott. Toute la maison se suffisait de bonjours ou de mercis, pour éviter de trop lui parler car cela la mettait mal à l'aise. Elle était d'une grande timidité et se contentait de systématiquement répondre à ce qui lui était demandé, sans fioritures. Il n'y avait qu'avec les deux majordomes de son âge qu'elle communiquait un minimum, mais la voir s'adresser d'elle même à qui que ce soit était d'une rareté extrême.

Quoi qu'il en soit elle voulait refuser son offre, mais elle se serait sentie obligée de se justifier, mais si elle acceptait elle donnerait l'impression d'avoir agi pour obtenir cette aide. Alors forcément la réponse la plus simple lui parut être "Fais comme tu veux"
Elle se tourna et se dirigea vers l'extérieur.
Elle fut malgré tout surprise en entendant les pas du jeune majordome s'alligner sur les siens.

La matinée commençait à peine, six heures dix, le soleil n'était pas visible et il y avait peu de vent. Akira prît tout de même le risque de sortir.

Chapter 1 : End

CotTH : Blight EyeStories to obsess over. Discover now