Suis-je dans le noir ou ai-je les yeux fermés ? Peut-être les deux. Tout dépend du est-ce que je voulais vraiment ouvrir les yeux? Ou est ce que je voulais réellement de la lumière pour combattre le noir obscur dans lequel je m'étais plongé. Est-ce que cette obscurité n'était pas en quelque sorte une belle échappatoire pour moi afin de pouvoir accéder au monde merveilleux dont me faisait découvrir en cachette ma petite Luciana. Un monde qu'elle avait créé exclusivement pour nous deux.
Est-ce que j'étais prêt à délaisser ces petits moments de bonheurs, de plaisirs, de fou rires qu'elle me procurait.
Ces moments où je ne voyais qu'elle et ses petits astuces qui me faisaient sentir que mon âme se déchargeait délicieusement du poids de mon corps. Ces moments où je parvenais à peine à sentir le poids de mes problèmes mis en quarantaine. Ces moments où j'oubliais même que j'étais papa et que j'avais des obligations envers mes enfants.
Ces moments où je vivais comme si je ne venais pas froidement d'enterrer la mère de mes progénitures.
Eux qui devraient au contraire être en tête de liste sur mes tâches quotidiennes.
Eux qui devraient être ma plus grande préoccupation. Ils sont si innocents, si faibles et si naïfs, les pauvres. Mon devoir devrait être de les consoler, de les chérir, de les réconforter en les couvrant de câlins, de bisous et d'amours.
Ils venaient de perdre leur mère à un si jeune âge, ils avaient besoin d'un père présent, un père attentionné et procureur d'espoir. Un père qui les aidera à comprendre et à accepter que la vie est ainsi faite. Qu'elle est aussi cruelle et imprévisible qu'un tremblement de terre. Un père qui leur fera de belles promesses pour leur redonner goût à la vie.
Hélas, je n'étais pas moi même. Je n'étais pas le fabian que mon père croyait avoir bien moulé. Je n'étais pas le fabian qui s'empressait à raccompagner ses enfants dans leurs écoles respectives. Enfin, je crois que j'étais dans le plus grand des noirs, un noir qu'une fine partie de lumière ne pouvait pénétrer encore moins le dissoudre.
J'étais une autre personne, je ne sentais pas cette nécessité de lumière pour éclairer mes décisions ainsi que mes actes.
Oui ! J'étais ainsi, entre les mains de ma douce Luciana. Je ne vivais que pour elle, seulement pour elle et pour personne d'autre.
J'ai même eu le culot de l'inviter sur ton lit ma chère Binetou, toi qui fus la mère de mes enfants. Comme un obsédé, je ne pouvais et ne pensais même pas m'en passer d'elle. Sa beauté si miraculeuse me faisait perdre complètement la tête, sa vulgarité majestueuse m'attirait au point que j'acceptais qu'elle m'enchaînait sur ton lit ma tendre Binetou. Ses yeux rayonnaient de désirs de me faire respecter ses vouloir, importait peu si elle était prodigue ou pas. Et elle à son tour, tout ce qui la préoccupait, c'était de me faire croire qu'elle était là pour me faire oublier mes soucis alors qu'en réalité, elle ne cherchait qu'à me soutirer toutes mes économies.
J'étais son béni oui oui. Ses désirs n'étaient considérés autrement que des ordres pour moi.
Elle était une très belle demoiselle, dotée d'une charme pittoresque et piquante à la fois. De teint claire, elle se maquillait comme si elle se rendait à une émission télé quand elle passait me voir. Son parfum si attractif me donnait envie de chasser l'été et d'inviter chaleureusement l'hiver afin que je puisse me glisser tendrement du haut des collines de glace en ski en lui tenant par la main.
Elle était mon coin de paradis, dès qu'elle sortait de notre chambre, elle me manquait déjà. Elle était toujours si bien coiffée, portait toujours des habits attirants qui me faisait perdre la boule.
Des habits qui ne me donnaient qu'une envie c'est de la sauter dessus et la dévorer de câlins.
Quand elle venait me rendre visite à la maison, elle se fringuait comme une femme aux mœurs légers, jamais je ne l'ai reçu en tenue descente. Elle était sans pudeur et se fichait complètement de l'avis des gens sur son accoutrement. Parfois même, elle croise nos enfants devant la porte d'entrée le matin quand ces derniers s'apprêtaient à se rendre à l'école.
Depuis ta mort, je leur ai fait croire que j'étais malade et que Luciana passait tout le temps à la maison juste parce qu'elle s'occupait de moi. Qu'elle m'aidait à me remettre de ta mort. Notre petit garçon Ismael qui vient de souffler sa huitième bougie lui, croit toujours en ce que j'avance, mais Fatima elle qui a maintenant 13ans, ne veut pas s'approcher de moi, ni même que je la touche depuis que Luciana est dans les parages. Elle ne m'adresse plus la parole, n'entre plus dans notre chambre sauf en cas où elle veut fouiller un peu dans tes affaires. Malgré le fait qu'elle détestait affreusement Luciana, elle respectait quand même nos intimités et ne débarquait jamais dans la chambre quand Lucia y était.
Je ne sais pas où est-ce qu'elle a appris toutes ces bonnes manières, mais je trouve cela très bien comme éducation de base même si ce n'est pas moi qui la les a enseigné. Je crois qu'elle les tienne sûrement de toi. Mais cela ne me surprend point.
Ah! Ma belle et tendre Binetou ! Que Dieu t'accueille dans son paradis céleste.
Tu étais si ambitieuse et si battante, tu pouvais nous remonter tous le moral en quelques minutes sans avoir à nous crier dessus.
Tu étais une femme exceptionnelle et engagée, tu ne pouvais supporter une quelconque injustice. Tu étais l'amie de tout le voisinage. Parfois je te surprenais entrain de puiser nos denrées alimentaires pour venir en aide à ceux qui pouvaient à peine se trouver de quoi nourrir leurs familles. Tu étais dotée d'une bonté incommensurable. Une femme si bien éduquée, une femme soumise, tu n'avais dieu que pour me voir heureux. Tu étais toujours la première à se lever le matin de bonne heure, préparer un bon et délicieux petit déjeuner pour les enfants et moi. Ah ! Je m'en souviens comme si c'était hier. Tu t'occupais si bien de nous.
Après avoir fini de préparer le petit déjeuner, tu t'empressais aussitôt d'aller me préparer mon bon bain bien chaud avant que je ne me lève, réveillais les enfants, les aidais à se préparer pour l'école, les mettais à table et leur donnais à manger. Ensuite, tu montais me réveiller tendrement dans la chambre en m'avisant que mon bain est prêt. Quand je me retrouvais dans la salle de bain, tu te mettais à repasser la chemise et le pantalon que je devrais mettre et à nettoyer mes chaussures. Tu étais vraiment une femme sans façon, tu ne te plaignais jamais. Tu pouvais supporter des tonnes de méchancetés mais tu ne diras mot.
Ah ! Binetou ma belle guerrière, tu t'es laissée vaincre par ce foutu cancer du col de l'utérus qui n'a cessé de te torturer depuis les deux ans de notre mignon petit Ismael.
Voilà que tu viens tout juste de nous quitter et moi tout ce qui m'intéresse c'est de me chercher un petit coin de bonheur avec la fille du quartier.
Quelle honte pour moi ! Pour ta memoire, pour le respect de nos enfants, pour l'innocence de notre petit Ismeil et pour la considération de notre petite fatima qui te ressemble tant.
Tu ne peux pas t'imaginer à quel point je me sens ingrat et immature envers vous. Je ne suis qu'un vaut rien qui ne mérite pas l'affection ni la pitié de nos enfants. Pardonne-moi Binetou !
Pardonne-moi !
Saches que je ne suis plus avec cette femme sans pudeur. Pardonne-moi et je t'en fais la promesse que dorénavant, je m'occuperais dignement de nos merveilleux petits enfants. »
Au moment où il se confesser calmement chez maman, je tenais Ismael par la main, nous étions de retour à l'école et comme ça faisait longtemps qu'on a pas rendu visite à maman je lui ai proposé qu'on y aille et comme par hasard papa y était aussi. Il ne savait même pas qu'on était là entrain de l'écouter depuis le début de sa confession.
Lorsque nous entendions ces mots de la bouche de papa sur la tombe de maman, ismael et moi sommes aussitôt précipités dans ses bras pour le réconforter et le rassurer que nous allons tout recommencer et vivre comme la belle famille que maman avait toujours essayer de construire.
Il était tellement content de nous retrouver enfin réunis et nous a promis de ne jamais revoir Luciana.
Ainsi s'est mise fin à cette belle terreur
....... fin
C'était #lespetiteshistoiresdelapoetesse
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confession
Short StoryFabian un veuf et père de deux enfants se confesse après avoir couché avec sa copine sur le lit conjugal de sa femme Binetou quelques jours après le décès prématuré de cette dernière.
