Les abricotiers se dressaient fièrement devant moi, et moi, j'étais là, devant cette maison. Cette maison où habitait cette femme dont tout le monde parlait au village. On nous avait dit qu'elle avait un don, qu'elle avait quelque chose de plus que nous. Je n'y croyais pas trop. Ces histoires de surnaturel et de voyance me passaient au dessous de la tête. Papa nous avait forcé à venir avec maman. J'étais donc là. J'attendais que maman sorte de la voiture. J'étais assez fatigué, ça faisait bien une heure que l'on cherchait cette maison.
- Leyla, mais regarde-moi ces abricotiers, dit maman, qui les dévorait d'un seul coup de bouche.
- Heu, maman, tu ne devrais peut-être pas les manger. Je ne suis pas sûr qu'ils soient destinés aux clients.
- Mais regarde, ils ont été planté dans la place centrale du quartier qui sert de parking. Je suis sûr que l'on peut se servir.
- Tu es vraiment sûr ?
- Arrête de faire ta rabat-joie, clama-t-elle en m'enfonçant un de ces abricots dans la bouche.
Les abricots étaient délicieux. Encore aujourd'hui, je n'arrive pas à oublier ce goût unique. Après celle que ma mère me donna, j'en dévorai encore une bonne dizaine. Je n'aurais jamais pensé que j'en aurais mangé autant, mais le nombre de noyaux d'abricotiers présent dans ma main gauche ne mentait guère. Une fois la satiété atteinte, je levai la main pour jeter toutes les graines, c'est alors que ma mère s'exclama :
- Leyla ! On garde les graines pour les ramener en France. Je vais en planter dans le jardin. Elles sont vraiment délicieuses. Ça serait du gâchis de les jeter.
Mon père agacé, s'approcha et proclama : bon les filles, il faudrait y aller maintenant nan ?
- Oui, maman allons-y. Tout le village nous a parlé d'elle, je suis qu'en même un peu curieuse de voir si ce que l'on dit est vrai.
- C'est bizarre, dans la voiture, tu me disais que je te forçais pour venir ? Répondit maman.
- Heu, bah faut croire que non, dis-je un peu embarrassée.
Sur ces paroles, le vent se leva d'un coup brusque. C'est alors que les abricotiers se mirent à danser sous cette bourrasque. C'était étrange à voir, mais c'était magnifique. Nous marchâmes jusqu'à la porte d'entrée de la maison. Évidemment, à notre habitude familiale, nous avions ouvert de nous-même la grille du jardin de la maison. Arrivé devant la porte, je m'aperçus qu'il y avait des dizaines de paires de chaussures.
- A croire que le quartier entier est chez elle, hein papa !
- Tais-toi donc ! Ce n'est pas le moment de rire ! Ça pourrait porter malheur ! S'exclama papa.
Il fallait donc, comme les autres, enlever ses chaussures pour pénétrer dans cette demeure blanchâtre. Une fois le travail achevé, mon père toqua à la porte. Au 5e coup, la porte s'ouvrit. Une jeune adolescente au cheveu noir apparut.
- Bonjour, qui êtes-vous ? Demanda-t-elle.
- Nous sommes du village d'en face. Enfin, nous venant de France pour être exacte. Nous sommes venus voir la Anna. Pourra-t-elle nous recevoir ? Dit papa, un peu stressé.
- Vous avez de la chance. Aujourd'hui, il n'y a pas beaucoup de monde. Maman pourra vous prendre, mais il faudra attendre dans la salle d'attente.
- Très bien, dit papa en hochant la tête.
Très bien, c'est ce qu'avait dit papa. Moi, j'avais plutôt l'impression qu'elle nous prenait de haut. Peu de monde avec toutes ses chaussures, je ne croyais pas du tout aux paroles de cette fille étrange.
KAMU SEDANG MEMBACA
Leyla
ParanormalMa vie, ce conglomérat de merde... C'est comme ça que je l'appelais à cette époque. Je vais vous la raconter et je vous laisserai en juger. Après tout, il y a tellement de personnes qui m'ont jugé. Votre jugement en plus, ça me fera quoi... Un de pl...
