Il ne s'agissait pas vraisemblablement d'une période précise, cela ne se limitait pas à une seule époque, à une décennie particulière, à un espace-temps circonscrit, bien délimité et unique.
Non, il s'agissait plutôt de l'intégralité du passé. Tout ce qui portait une aura ancienne, un parfum d'antan, une énergie mystique qui glorifiait tous les domaines tant l'architecture que l'art et la société.
Elle accordait une attention minutieuse à ce timbre à la fois culte, enrichissant et surtout antique. Cette authenticité, joignant simplicité au complexe, utilité au somptueux, efficacité à l'intemporel... Oui, c'est ce qu'elle affectionnait le plus.
L'idée que ces époques soient belles et bien révolues, passés, achevées, rajoutait un charme inexprimable et une sorte de rareté irrévocable, irremplaçable, à laquelle on aspire certes mais qui nous fait terriblement défaut.
Si nous nous penchons sur l'art, qu'on ne peut restreindre à un domaine spécifique car omniprésent et ubiquiste, on se rend compte que la chanson était ce qui la dérobait de la manière la plus frauduleuse de son époque et ce qui la plongeait sans prévenir dans une onctueuse rêverie et le manque d'un temps qu'elle ne connaissait guère.
Piaf, Sinatra, Fitzgerald, Simone, Dean Martin avaient une emprise incontestable sur ses synapses et la dépossédaient de tout contrôle. Elle s'amusait à fredonner des paroles sensées, tantôt de romance tantôt de chagrin, exprimées avec le plus grand soin, la plus grande éloquence...
Cet accent parisien de Piaf qui en venait à être touchant tant il reflétait de la pureté, de la sincérité et tant il était dénué de fausseté. Elle s'était enivrée d'un homme et l'avait par un revers cruel de la vie, perdu. Elle se devait de rapporter sa peine, se devait de chanter ses louanges, de se confier à ses auditeurs de la manière la plus fidèle qui soit.
Ce regard ravageur de Frank qui ne le quittait pas alors qu'il exaltait son audience par les notes célestes de ses morceaux, très provocateurs, très charmeurs, très à son image...Un charisme fou, qui ensorcelait les jeunes femmes du vingtième siècle et rendait ses hommes pleins d'envie, l'envie de lui ressembler, l'envie d'être lui. Il aura fait les choses à sa façon comme en témoigne son célèbre « My Way », aura conquis ses amantes par « Fly me to the Moon » ou « Strangers in the night » et les aura définitivement étourdies par « Killing me Softly ». Plusieurs artistes, audacieux, tenteront de reprendre ses morceaux, mais aucun ne leur fera convenablement honneur. D'ailleurs personne ne pourra, Frank était ce qu'on appelle un prodige inéluctable.
Fitzgerald, Simone et Armstrong lui faisaient beaucoup d'effet également. Tant par leur style musical, ce bon vieux Jazz et ce Blues aguicheur, que par le message que leur notoriété et leur renom véhiculaient à cette époque-là d'intense discrimination raciale et d'apartheid.
Dean Martin avait fait de « Sway », « Mambo Italiano », « Let it Snow » et « Que sera » des reliques de la chanson Américaine qui continueront à agréablement animer les maisons du monde entier pour des siècles encore.
Des lumières comme celles-là, il n'en existe plus ou peut-être se font elles extraordinairement rares...Était-ce pour un bien ou un mal, on ne le saura guère. Peut-être qu'elles sont destinées à habiter nos esprits au fil des générations et ne laisseront de place à personne tant leur émanation est unique.
Si l'on s'intéresse désormais à des temps encore plus éloignés dans l'histoire de l'humanité, encore plus séculaires, on se retrouvera à une époque où la monarchie était répandue, où les Rois et les Reines du monde tenaient d'une main ferme les rennes des peuples tantôt avec justice, bonté et vaillance tantôt avec tyrannie et despotisme.
Ce n'était pas autant le régime Monarchique qui lui plaisait que les facettes mielleuses des cours royales où extravagance, Innovation, richesse et galanterie régnaient en maîtresses absolues et étaient pour ainsi dire exigées. L'étiquette royale compartimentait les nobles et régissait leurs moindres faits et gestes. Elle organisait la vie entre parties de plaisir farouchement majoritaires et séances de bienséance incontestables. Les monarques étaient bien entendus au centre de ce tourbillon multicolore et la cour représentait leur aire de jeu.
Les femmes, pleines de coquetterie, s'ornaient de robes bouffantes tissées par les meilleurs couturiers du moment et de joyaux scintillants façonnés par les meilleurs joailliers, qui reflétaient fidèlement leur richesse monumentale. Ces duchesses et comtesses préféraient leurs coiffures exubérantes et audacieuses et s'aidaient de chapeaux luxueux décorés de plumes afin de mettre en exergue leur grâce et de maintenir leurs postures droites. On aurait dit qu'elles cherchaient à imprégner tout ce bon petit monde par leur présence à travers ces tenues flamboyantes à défaut de reconnaissance sociale ou juridique juste qui tardera à arriver...
Les hommes de leur côté, étaient tout aussi délicatement accoutrés mais se distinguait des « mâles » d'aujourd'hui par une galanterie et une élégance sans bornes. Bien qu'ils ne leurs accordaient pas leurs droits intégraux, ils attribuaient aux femmes une convenance sans précédents. C'est d'ailleurs ce qui les faisaient peut-être patienter, qui sait ?
Comme pour solidifier une crédibilité intemporelle, nos ancêtres ont tâché de laisser derrière eux des prouesses architecturales hors du commun. Entre domaines, châteaux forts, palais, panthéons, jardins, musées, théâtres et tours, ils ont pour ainsi dire élaboré les piliers de notre tourisme actuel, qui sans ces merveilles n'aurait pas été le même...
Le théâtre représentait la principale attraction du moment, les comédiens et vocalistes d'opéra y paradaient, enivrant leur public séduit par l'étendue et l'exploit de leurs cordes vocales tantôt mélancoliques, tantôt joviales, le transportant dans des dimensions parallèles, là où l'art est roi et l'émotion est souveraine.
Un autre aspect de cette vie d'autrefois qui la tentait était le mystère et le drame qui habitaient les rues. Tout revêtait un voile énigmatique, impénétrable, secret. Entre adultère, complots, attentats et crimes, conflits civils de religion, de succession, d'héritage, chevaleries de mousquetaires chevaleresques, grimoires de Médicis, messages codés d'ordres secrets, les Illuminati et les Chevaliers du Temple. Toutes ces énigmes et cachotteries rajoutaient à son admiration une sorte de stupéfaction chancelante qui faisait délicieusement battre son cœur et trembler ses membres.
C'est ainsi qu'elle s'abandonnait aux pages de ses livres d'histoires ou aux reportages envoûtants de Stéphane Bern rêvant de Jadis et fuyant le présent débordant de réalisme et de pragmatisme.
On ne peut chanter la beauté d'antan sans parcourir certains incontournables de la Peinture ; l'expression sereine de la Joconde remplit le Louvre de prospérité inviolable, de sainteté et de grandeur. La Cène repose tranquillement sur les murs de la Santa Maria delle Grazie, Imposante église catholique de Milan. Les œuvres de Van Gogh, de Rembrandt et de Monet sont gracieusement exposées un peu partout dans le monde tentant de faire honneur à ces incontournables auprès des générations futures.
Elle n'arrivait pas à mettre le doigt sur ce qui la rendait obsessionnellement admirative des siècles passés et c'est tant mieux comme ça. Elle ne cherchait pas à définir cette ardeur ni à l'étiqueter... Ce qu'elle espérait était qu'elle jouisse un jour de la chance de parcourir le monde à la recherche de ces trésors enfouis qui n'attendent qu'une chose, révéler les décombres de nos prédécesseurs, révéler les décombres de notre identité.
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CONFESSIONS
No FicciónChaque jour, une pensée différente me traverse l'esprit, un sujet nouveau m'inspire et fait naître instantanément cette irrésistible envie de tout partager, tout transcrire. Les chapitres ne sont pas forcément reliés mais ont pour commune caractéri...
