Je suis le synonyme de l'âme, de l'esprit et de la paix.
Mais je dois t'avertir que ce soir personne ne sera en paix. Je ne prendrai pas tout ton temps, accorde-moi quelques minutes de ton attention, oui, toi qui n'hésites pas à passer des heures sur ton écran.
Tu me prends certainement pour une folle, moi qui suis devant toi.
Bien, j'ai l'impression que tu me regardes, c'est parfait. Moi qui voulais ton attention maintenant, je l'ai. J'ai dix-neuf ans et je t'assure que j'ai fait beaucoup d'erreurs. Oui, évidemment, tout le monde fait des erreurs, mais moi, je les ai faites pour de mauvaises raisons.
Je prends un exemple simple, quand j'étais petite, ma mère me disait tout le temps « lorsqu'il pleut, couvre-toi, sinon tu risques d'attraper froid. » Évidemment tête de mule que je suis, je ne l'écoutais pas et sortais courir sous la pluie. Et ensuite, les éternuements ne cessaient. Ici cette erreur m'a permis de prendre conscience qu'une mère est bienfaitrice.
Passons désormais à un deuxième exemple. J'ai toujours rêvé que l'on me remarque. Pour moi, c'était important d'être le centre de l'attention. Je voulais être la fille populaire que tout le monde adule. Au début, j'allais dans les fêtes universitaires. Je me bourrais, parce que c'était ça la mode. Être bourré et ne plus tenir sur ses jambes.
Alors, je buvais et buvais.
Encore et encore.
Puis je me suis faite quelques amis. Ou plutôt, je croyais que c'étaient des amis, mais cette jolie histoire viendra ensuite. Patience.
Alors, je me bourrais. Parce que c'était cool, et en première année tout le monde veut être cool. Je me suis faite une bande d'amis et avec eux, environ cinq soirs sur sept, on jouait au jeu du Je n'ai jamais : Le premier joueur énonce une phrase débutant par « Je n'ai jamais », et raconte un acte qu'il n'a supposément jamais accompli. Tous les participants ayant déjà réalisé l'acte en question doivent alors boire une gorgée de leur verre, y compris la personne ayant parlé...
Et de fils en aiguille, ce jeu m'a rendu perverse. J'ai commencé à penser à des choses qui ne m'attiraient pas du tout.
Je me suis laissé faire.
Parce qu'au final, on veut que l'autre nous aime bien.
On veut être cool. Et j'adorais ça. C'était de l'adrénaline.
Je commençais à sécher les cours. Quand on est à la Fac on ne sèche pas vraiment. On ne veut juste pas y aller. Et qui sont-ils pour nous forcer ? Non ! On est cool nous.
On fait ce que l'on veut, on ne respecte plus les règles. Parce que les règles sont pour les intellos, ceux qui s'assoient devant et qui refusent le verre que tu leur tends.
Alors toi ou plutôt moi, je commence à les traiter de coincer du cul. Parce que oui, c'est ce qu'ils sont. Ils ne veulent pas être cool comme moi. Et si tu ne veux pas être comme moi, eh bien, tu ne veux pas être comme nous et c'est à ce moment-là que tu deviens la bête noire. Juste à cause de ton refus.
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CRUELS
ActionLe monde est rempli d'honnêtes personnes mais le contraire est tout aussi vrai.
