Chapitre 8: Moi 20 ans et à la tête d'un Empire

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Venice Beach, Californie...

Le jour J était enfin arrivé: aujourd'hui, je fêtais officiellement mes 20 ans!

Les membres de ma famille, mes meilleurs amis et quelques uns des fidèles et loyaux employés de notre hôtel avaient été conviés à une summer pool party.

On avait réservé un coin de plage privé, bordé de palmiers. Le doux sable fin blanc était inondé de bouées gonflables en forme de donuts et de requins. Les serveuses s'occupaient du barbecue pendant que grand-père divertissait les invités près du bar à cocktail.

Je me préparais mentalement à recevoir la plus grande responsabilité de toute ma vie: être enfin à la tête de notre business familial.

Depuis plus d'une demie-heure, je récitais à voix basse mon speech, ce qui donnait à peu près:

"Ladies and Gentlemen, en tant que nouvelle CEO du Euasine Palace, je tenais à remercier infiniment mon cher grand-père, le très grand Markus EUASINE, celui qui m'a élevée et qui m'a tout donné..." *petites larmes et reniflements*

Non, non, trop dramatique...

"Carpe diem, abemus Papam! Vingardium leviosa!"

Non, trop classique la citation latine

"Yoh, je vous kiffe les amis xoxo"

Non, trop de swaggg...

"Je vous aime, merci, merci du fond du cœur !"

Trop sentimental à mon goût...

Hum...bref, on verra plus tard.

Au loin, près de la bordure de mer, une foule s'était rassemblée.

"Au secours, vite! Aidez-moi! Koff..koff...ai..d..dd...ee..ezzzz...m..oii"

Carlos, notre directeur Marketing en chemise hawaïenne suffoquait à terre, pris de terribles convulsions. Bon vivant, il était le bras droit de la famille, le gentil tonton de référence. On ne connaissait pas grand chose de lui, sauf sa passion pour le travail et les apéros. Bouteille de vin blanc, saucisson sec et roquefort demie-vieille, telle était sa devise.

Mon grand père s'empressa de venir à sa rescousse. Poussé par sa bravoure, il lui déboutonna la chemise à motifs ananas puis dezippa la braguette de son pantalon. On avait droit à un film X version personnages du troisième âge et bientôt Peggy la Cochonne déboulerait à moitié nue en fauteuil roulant depuis l'escalier automatique (vous savez comme dans la pub).

"Alyssa, attrape ses affaires!" Je m'exécutai aussitôt sous ses ordres. Grand père tenta le tout pour le tout: De minces filets de bave reliaient les deux vieillards au fur et à mesure que grand père assurait le bouche à bouche.

"Appelez les pompiers! Son état est critique!" ordonna grand-père avec force.

Les autres invités arrivèrent en courant. Lana laissa tomber sa brochette de fruits de mer et enchaîna d'une voix incrédule : "OMYGOD! il a été attaqué par une méduse !"

"Regardez! Des plaques rouges sur la gorge! Et sa jambe!! Une cicatrice E-N-O-R-M-E!!! Ses lèvres sont toutes enflées!" remarqua Lily, stupéfaite.

Les sapeurs pompières débarquèrent sur le lieu du crime et emmenèrent Carlos, toujours gisant -et presque inanimé-sur un brancard.

Le verdict du médecin venait de tomber. "Le patient présente des symptômes bénins. Nous avons repéré une petite cicatrice sur sa jambe droite. C'est une ancienne piqûre de moustique qu'il avait grattée."

"Mais, sa gorge rouge et enflée alors?" questionna grand-père, de manière pressée.

"Monsieur Markus, il s'agit d'un signe d'étouffement..."

Grand père, dans un accès de folie, coupa la parole du docteur et se tourna vers la foule.

"Qui a osé tenter tuer MON Carlos? Je répète, une dernière fois, QUI??!!!!!".
On pouvait lire sur son visage des traits de menace et de désir de vengeance.

Grand-père tira de sa poche un objet qu'il avait jusqu'alors dissimulé: un poignard aiguisé!

???!?!?!! GRAND PÈRE?! WTF?!

Je ravalai ma salive avec grande difficulté, je savais que grand père avait un petit grain dans la tête mais je ne m'attendais pas à devoir affronter un psychopathe.

"Ahhhhhhhhhhhhhhhhhh évacuez les lieux !! Il y a un malade mental ici !!!" Une voix parmi le public se fit entendre.

Le médecin reprit la parole, tout en essayant de raisonner grand-père.

"Monsieur, calmez vous s'il vous plaît, lâchez cette arme. Je répète, Carlos n'a pas été victime d'une attaque: Il s'est étouffé avec une chipolatas du barbecue"

***

Après le carnage, je me retrouvai seule sur cette ile isolée. Les autres avaient pris fuite à la vue du couteau de grand -père.

J'allais rentrer lorsque je me souvins qu'on m'avait confié les affaires de Carlos. Un lourd objet s'échappa de sa poche de sa chemise pour atterrir au sol.

Je me penchai et ramassai son portefeuille en cuir de vachette, entrouvert. Ce que je vis me frappa de stupeur.

Il s'agissait d'un portrait de famille: Carlos, le crâne moins dégarni, sa femme, aux allures menaçantes, et ses deux enfants : Andrew et Matthew!

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⏰ Last updated: Nov 26, 2014 ⏰

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À la poursuite de mon premier AmourWhere stories live. Discover now