chapitre 1

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-Dakagnè, Dakagnè lèves-toi, lèves-toi vite ... Et vas chercher ton petit frère.

-Qu'est ce qui se passe maman ?

- Ne poses pas de questions vas vite réveiller ton petit frère.

Je venais juste de me coucher après de longues conversations avec les soldats en garde de nuit de mon père. D'après eux, la nouvelle courait dans le royaume du sud que le roi Nagolo, l'homme puissant du royaume de Sabali, se préparait à attaquer tous ses royaumes voisins.

- Même s'il désire conquérir des royaumes, il n'osera pas se confronter  à notre roi, lança l'un de nos soldats dans la conversation.

- Pourquoi dis-tu cela ? Je lui demande avec un air curieux.

-Tout les autres rois craignent votre père, mon prince, répondit-il.

-C'est parce que dans sa jeunesse, il a été l'un des généraux les plus redoutables des cinq royaumes du peuple Mafihn, ajouta un autre à moitié ivre.

Ayant le monopole de la conversation, je décide qu'il me raconte tout ce qu'ils connaissent sur les prouesses de mon père, dans l'espoir qu'ils me disent des choses que ma mère aurait omises de me raconter.

J'étais plus que fier de mon père. Je doute de vous le dire... Je priais avec une petite sculpture de lui en main à mon réveil le matin, demandant aux sept dieux ( de la guerre, de la richesse, de la sagesse ...) de me donner le même destin que lui; ni plus ni moins, je voudrais être comme lui, exactement comme lui.

Alors ce soir, une des rares occasions où ma mère me laissait tard la nuit avec les soldats, je les harcèle de questions.

- Quelqu'un d'entre vous a déjà participé à un combat avec mon père au moment où il était chef de l'armée du royaume ?

- Aucun d'entre nous n'était soldat à l'époque, nous étions à ton âge, au moment où votre père menait des guerres, répondit le chef de garde avec un air regretté.

-Nous étions encore en formation au camp des élèves soldats, nous ne participions pas aux guerres, ajouta-t-il.

- Moi j'ai assisté à son combat singulier contre le roi de Dougoubo ( les deux étaient princes à l'époque ), ton oncle Makan, répondit un soldat adossé au mur et qui semblait désintéressé par la causerie.

- J'étais le '' barakaila'' (homme à tout faire en langue Bambara) de mon oncle qui était l'un des chefs de troupe de votre père, ajouta-t-il.

-Ah !Je vois ! C'est après ce combat qu'il est parti demander la main de ma mère ?

- Oui, ce jour-là, il pouvait  avoir la bénédiction de tous les pères qui ont assisté à ce combat pour épouser leur fille. C'est ce jour même où j'ai décidé que je mourrai au service de votre père. Car dans sa façon de combattre, je voyais les sept dieux avec lui, continua le soldat.

A l'écoute de ces panégyriques sur mon père, je fus plongé dans une immense et douce béatitude. En même temps j'eus une grande peur au cœur dans le doute de pouvoir impressionner autant mes soldats lorsque je serai général de guerre comme prévu.

Ma petite causerie avait mis les soldats dans une bonne humeur : il pouvait raconter à tout le monde qu'ils avaient eu l'honneur de passer la moitié de leur nuit de garde avec le prince.

En même temps, tout semblait calme dans le royaume. Même au passage de la troisième équipe des patrouilleurs pour le compte rendu au chef de garde, les soldats avaient seulement capturé un rôdeur,  qui s'était avéré être un habitant du royaume. Sinon, il y avait rien d'aberrant.

Et pourtant, tout était sur le point de changer le lendemain ...

 Salut ! Salut ! c'est moi encore, je crois que l'histoire vous a plu.

Et si c'est le cas, encouragez-moi avec vos commentaires.

N'oubliez pas surtout de me suivre, je tâchera de publier deux chapitres chaque semaine.


Le prince esclaveWhere stories live. Discover now