Il y a deux personnages, je n'avais pas envie de mettre de nom (ne cherchez pas pourquoi, je ne sais pas moi même) mais pour éviter de répéter 'elle' et de confondre les deux j'ai conféré à l'une le __ et c'est elle le personnage principal, l'autre est (...).
J'ai écrit l'histoire en écoutant "Nobody Dies In Dreamland" de Ryo Ishido alors je vous conseille de le faire en la lisant.
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Le coup de feu résonna entre les murs de pierre, son écho se répétant à l'infini tandis que la douille vide rebondissait sur le sol avec un léger tintement avant de rouler en tournant sur elle même en un arc de cercle parfait. __ se tourna vers (...) et écarquilla les yeux d'un air horrifié en la voyant vaciller sur ses pieds, une tâche sombre sur son T-shirt qui s'élargissait beaucoup trop vite. Oubliant l'homme qui avait lâché son arme comme si elle l'avait brûlé et qui reculait maintenant en secouant la tête, __ se jeta en avant pour retenir son amie avant qu'elle ne heurte les pavés. (...) ouvrit la bouche mais aucun son n'en sortit alors, les yeux brillants, elle leva la main pour essuyer une goutte qui avait roulé sur la joue de __ sans qu'elle ne le remarque.
« Non, non, non. S'il te plaît... Non, ne me fais pas ça. C'est tellement cliché. »
(...) lui sourit, elle tenta même de rire mais son essai fut noyé dans un gargouillis, de petites bulles de sang venant éclater au bout de ses lèvres. __ ne voyait presque plus rien, sa vision rendue floue par les larmes qu'elle tentait en vain de retenir et qui se déversaient le long de son visage. Dans un élan de lucidité elle allongea le corps tremblant de la blessée et appuya sur la plaie à travers la déchirure du tissu pour essayer de ralentir l'hémorragie. Elle avait décidé de na pas prêter attention à la petite voix réaliste qui lui chuchotait que c'était trop tard, mais lorsque ses mains furent recouvertes de sang jusqu'au bout des doigts et la respiration saccadée de (...) s'accéléra en halètements désespérés qui soulevaient sa poitrine sans réussir à remplir complètement ses poumons, elle abandonna sa compression et essuya ses larmes en laissant deux traces sanglantes sous ses yeux. Les doigts de (...) qui n'avaient jusqu'à lors pas quitté sa joue glissèrent le long de la ligne de sa mâchoire, son index caressant le bas de sa lèvre avant de disparaître. __ attrapa sa main avant qu'elle ne tombe et la serra doucement entre ses doigts poisseux. (...) sourit de nouveau, un sourire douloureux qui relevait les coins de sa bouche peinte en rouge en une mascarade peu réaliste de joie. Son regard, qui jusqu'à ce moment suivait les mouvements fébriles de son amie, se fixa dans le sien. Ses muscles se relâchèrent et ses yeux perdirent de leur éclat, semblant désormais observer un point loin derrière la tête de __. Son visage s'affaissa lentement, se vidant de toute trace de vie. Sa main glissa hors de son emprise et frappa le pavement.
« Non. » chuchota-t'elle comme si ce simple mot pouvait changer ce qui venait d'arriver.
Elle posa ses doigts sous le nez de (...), au-dessus de ses lèvres. Rien. Elle appuya dans son cou, sur son poignet, essayant de trouver un battement, un pouls, même infime, quelque chose qui prouverait que son amie n'était pas morte, que tout pouvait encore s'arranger. Rien, toujours rien.
« Non. » sa voix suppliante n'était plus qu'un croassement qui lui arrachait la gorge, un cri déchirant bloqué entre ses cordes vocales.
C'est juste un rêve. Rien de tout cela n'est réel.
__ détailla la blessure qui s'ouvrait dans la poitrine de (...), un puis noir d'où s'écoulait toujours plus de sang, même après que son coeur ait cessé de battre. Elle leva sa main et ferma un œil, masquant ainsi l'immense tâche pourpre qui teintait le T-shirt autrefois gris et le sol sous le dos de (...). Si elle ne le voyait pas, c'était que ça n'existait pas. Elle se redressa, cachant toujours la dure vérité de la paume de sa main et recula jusqu'à ce que son talon heurte la douille dont le bruit aigu la fit sursauter.
__ ramassa le petit cylindre creux d'une main, l'autre toujours tendue devant elle. La couleur dorée du métal brillait entre ses doigts en reflétant la lumière de la lune. Elle baissa la tête et laissa ses paupières se fermer sous le poids de la fatigue et des larmes.
Personne ne meurt dans le monde des rêves.
Elle rouvrit les yeux et lâcha la douille qui traversa l'espace entre ses doigts et le sol en tournoyant. Au moment où elle aurait dû toucher les pavés la rue disparut, remplacée par un immense lac aux berges invisibles, reflétant lui aussi le ciel nocturne. Entre les pieds de__ qui semblait se tenir sur l'eau, le petit morceau de métal lisse traversa la surface en créant des remous en forme de cercles qui s'agrandissaient.
(...) n'est pas morte.
La chute de la douille ralentit, et soudain les pieds de __ perdirent leur appui impossible sur la surface désormais trouble et elle tomba dans le vide obscur de l'eau, précédée par l'éclat de l'enveloppe meurtrière qui continuait de tournoyer. Étrangement __ pouvait respirer et ne se sentait pas mouillée, mais alors qu'elle agitait vainement les bras et les jambes pour tenter de s'accrocher aux parois qui n'existaient pas, elle s'aperçut qu'elle ne pouvait pas remonter. Elle continuait à tomber. La panique monta le long de sa colonne vertébrale mais avant qu'elle ne l'envahisse complètement __ calma sa respiration et ferma de nouveau les yeux.
C'est juste un rêve.
Ses pieds heurtèrent le sol et la douille rebondit encore une fois sur les pierres grossièrement aplanies. __ écouta le tintement aigu s'apaiser avant de relever son bras pour détailler les doigts qui avaient tenu la douille. Elle rapprocha aussi son autre main et observa ses jointures se plier et se déplier.
Je suis en train de dormir.
__ ferma les poings et tourna les poignets. Dans la faible luminosité que les astres nocturnes laissaient transparaître elle vit des formes sombres recouvrir sa peau comme des tatouages mouvants prenant racine dans le sang humide, grimpant à force de spirales épineuses jusqu'à recouvrir ses bras des ongles aux épaules. Elle se retourna, n'accordant pas un seul regard à la silhouette au sol, inventée de toutes pièces par son imagination. Elle ramassa le pistolet que l'homme avait abandonné avant de s'enfuir dans l'ombre des rues aux hauts murs. Il restait trois balles dans le barillet. __ leva le canon de l'arme jusqu'à sa tempe, le regard vide perdu dans le machicoulis qui rattachait les pierres du mur en face d'elle.
Je vais juste me réveiller.
Elle posa un doigt sur la détente, abaissa le chien qui fit tourner le cylindre troué avec un cliquetis. Son index tira doucement la dent de métal en arrière, rencontrant une légère resistance. Il y eu une détonation et la balle partit.
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One-Shots
General FictionJe ne sais pas tenir une histoire sur la longueur. Je n'y arrive tout simplement pas. Ce n'est pas parce que je n'ai pas d'idée ou de plan préalable, au contraire : je veux mettre trop de trucs, faire passer le temps de manière réaliste en allongean...
