Prologue

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     Je sus tout de suite toutes ses émotions : de l'amertume, ou bien de la compassion. Elle eut une douleur atroce, un accablement accompagné par un serrement de cœur. J'en eus l'habitude. Ce fut des mœurs. Le seul positif de ce qui m'affleura, un sixième sens. J'en appris à assimiler les sentiments d'une personne d'un simple regard. Un regard a une signification profonde et infini. Il décrit les ressentis ainsi que les états d'une personne. Il exprime des douleurs, des sentiments et des émotions grandissimes et inimaginables. Oui, un regard, une conversation singulière, une autre et une nouvelle sorte pour s'exprimer. Les prunelles des yeux ne mentent jamais. Très peu, ont réussi à adapter leurs imaginations et leurs dissimulations rien qu'à un seul œil. Les yeux sont des parties très sensibles du corps humain. Il faut en prendre soin. Ça en est cher à tout le monde. Ils étouffent le noir absolu et le manque de repères. Ils empêchent le vide. Ils m'en sont chers également. S'il viendrait à leur perte, ma vie serait également en chute. Il s'agit de ma plus grosse peur : le noir, un autre monde, un monde de cauchemars. Le regard permet de comprendre les sentiments d'une personne, également par un simple sourire. Mes yeux, c'est ce que j'ai de plus précieux.

     Ses facettes étaient anéanties, ses yeux étaient bouleversants. Elle me fixa, découragée, chagrinée. Elle eut de la peine. Mais moi je n'eus pas envie de recevoir de la compassion. Cela me rendit malheureuse. Je suis une fille normale. J'en n'ai strictement pas besoin. Cependant tous me regardent, s'immobilisent sur moi. Je les vois, je les ignore. On ne me considère pas comme une personne mais comme un objet cassé. Sauf que je n'en suis pas un. Alors, j'avance, sans laisser rien paraître, du moins, essayer. Mais que disent-ils tous de moi ? Parlent-t-ils vraiment tous sur moi ? Ont-ils tous du regret et de la peine envers moi ? Je n'en sais rien, mais je ne veux pas le savoir. Je ne souhaite pas détruire plus ma vie que ça ne l'est déjà. Je ne veux pas savoir à quel point on me prend pour une handicapé. Néanmoins ces personnes sont normaux, mais trop de gens ne le pensent pas, et voient ces personnes pour différentes. Toutefois, ce qu'ils ne savent pas c'est que l'on est tous des personnes ayant de mêmes origines, mais aussi que l'on est tous différents, que l'on a tous des facultés et des compétences diverses. Malgré cela, le monde d'aujourd'hui veut que tout le monde soit pareil et soit des clones, des pantins, des copies. Pourquoi ? Une mode insignifiante, un mode de vie que je ne comprendrai jamais.

     Je compris très vite. Ça n'eut pas marché. Il n'y eut donc rien à faire. Jamais je n'aurai la chance d'entendre rien qu'un seul bruit. Jamais. On nous eut dit qu'une aide financière de la part du gouvernement aurait pu se faire. Ils eurent du refusé. Je les haïs . Ce ne furent pas des personnes admirables. Ils dirent sans cesse qu'ils furent tout leur possible pour aider qui ce soit. Ce fut une imposture. Il fallut admettre que même s'ils furent bien aisés, ils furent également avares. C'est accablant, on ne put rien y faire. Ce fut la vie. Depuis 17 ans ma mère économisa pour essayer en vain d'acheter ces foutus appareils. Elle n'y arrivera jamais. Je ne lui en voulu pas. Ce ne fut pas de sa faute. Je pensai que l'on eut pas l'aide financière à cause de mon père. Il fut riche. Cependant, il nous donnera même pas un centime de sa fortune. Il fit partit de ces gens qui n'eurent pas de cœur, de sympathie et de bonne grâce. Il n'eut pas de sensibilité pour les malheurs du monde... Même s'il s'agit de sa famille. Je ne l'eus jamais vu, mais ma mère m'en eut assez parlé pour que je sache sa nature. Il fut inhumain.

     Ma mère me prit la main. Je l'enlevai. J'en eus sincèrement assez de toute cette pitié. Je m'en moquai. Je fus sourde et muette mais j'en eus pris l'habitude. 17 ans que ça dura ; je pourrai bien attendre jusqu'à la fin de ma vie. 17 ans c'est peu par rapport à une vie entière, ce ne fut même pas un quart de la vie, mais on s'y habitua, du moins on s'y obligea. Je ne connus ni la sensation que ce fut d'entendre rien que ma simple respiration, ou la sensation de sentir ses cordes vocales vibrer, qui n'eurent également pas, la chance d'être utilisées. Est-ce agréable ? Je ne sus pas. Mais cela résoudrait pas mal de problèmes que j'endurai dans ma vie. Depuis petite j'accumulai des absurdités comme des moqueries et toutes autres sortes de dérisions ou encore des obstacles dans ma scolarité ou dans ma vie active. Je ne pus pas tous les citer, il y en a trop, mais ce qu'il me manqua le plus c'est des personnes, n'appartenant pas à ma famille, qui furent la à mes côtés, qui m'apprécièrent et que j'admirai aussi et avec qui j'aurai pu me détendre, plaisanter et passer des bons moments. Avoir des amis serait un de mes plus grands rêves. A ce moment là, ma vie commencera réellement et sincèrement. Je pourrai enfin construire ma vie ainsi que constituer de denses souvenirs inoubliables. Je pourrai combler certains de mes manques. Je trouverai certaines pièces de puzzles perdues qui pourrait me faire parvenir à devenir heureuse. Mais cela resta en ce jour un futur lointain et flou qui ne verra peut être jamais jour.

     On se leva, salua et remercia le docteur. On franchit la porte. Celle d'une triste vie. Il ne s'agit pas d'une vie nouvelle mais de sa continuation dans les plus sombres émotions. Je reprendrai ma vie de tous les jours, comme hier, avant-hier, il y eut un an, ou bien dix ans. Je fut sourde et muette depuis toujours, et je craignis bien que je n'aurai aucune opportunité pour que cela change.

     Aujourd'hui, cela fit un mois que je fus sortis de cette salle. Ma vie continua à présent comme si je n'eus jamais eu d'espoir.


"Le seul handicap dans la vie, une mauvaise attitude." Scott Hamilton.


     *** Si tu es arrivé jusque là c'est que tu as pris le temps de lire ce prologue. Bien le merci, cher lecteur ! Il s'agit de la première histoire que je publie. J'espère qu'elle vous plaira ! N'hésitez pas à écrire dans les commentaires vos avis. Cela me permettrai à m'améliorer ! Sur ce, à la prochaine ! ;) ***

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