Perdue cette nuit.

3.4K 109 2
                                        



C'est la fête. Les gens hurlent, dansent... et ma tête tourne. Le monde s'efface sous mes pieds, et je ris. Je crois... je ne sais pas vraiment. J'ai beaucoup bu... et malgré la rumeur, alcool plus xanax ne font pas le meilleur des ménages. Je vois un peu flou... la faute à mes pensées poussiéreuses. Elles volent d'un coin à l'autre de mon cerveau. Kate est je ne sais où, avec je ne sais qui. Dès l'instant où nous avons posé le pied ici, mon amie a disparue. Poussière vive de fée, ses jambes sont plus rapides que des ailes par moment. Et avant même de me retourner, je me suis retrouvée seule sans avoir le temps de lui dire quoi que ce soit. C'est toujours elle qui m'entraîne dans les plans foireux... et comme par magie une fois dans la fête en question... plus de signe de vie de sa part.
Je grogne dans mon souffle, en me répétant encore une fois qu'avoir suivit Kate était une mauvaise idée. Tous mes choix sont toujours de mauvaises idées...

-Ho putain j'adore cette chanson, hurle un type qui lui aussi semble dans un état second.

En voulant rejoindre le milieu de la piste, là où les personnes encore énergiques dansent, il me bouscule. Je perd l'équilibre face à l'alcool, et m'apprête à accueillir le sol. Pourtant je retombe sur quelque chose de beaucoup moins dur. Des bras... qui m'ont empêchés de m'écraser.

-Houla fais attention...

Je relève la tête, la vision toujours vague. Et petit à petit, je distingue plus nettement la personne qui m'a rattrapée.

-Tu vas bien ? Tu as l'air complètement défoncé, remarque l'inconnu.

Je pourrai lui répondre. Je pourrai le remercier. Et je devrais... pourtant j'en suis incapable. Car il m'a enlevé les mots de la trachée. C'est un jeune homme à peine plus âgé que moi, qui vient de m'empêcher de tomber...
Un jeune homme... magnifique.
Est-ce la vodka qui me fais mirager ? Son physique me couperai presque le souffle, si ce dernier n'était pas déjà saccadé par le xanax. Ses yeux noisettes ne me lâchent pas. Comme si ses iris cherchaient à m'analyser. Je hoquette une seconde, puis réalise que je suis encore dans son étreinte. Ses bras musclés me relèvent gentiment, puis sa main droite vient écarter une des mèches qui entravait mon visage. Un frisson parcourt rapidement mon corps, ce qui a pour but de me perturber.
Je murmure avec gêne,

-Merci...

-De rien mais fais attention à toi.

Je ne répond rien, et hoche la tête. Sans un mot, il me laisse là et se dirige vers la piste. Et moi je l'observe s'éloigner, mes yeux refusant de le lâcher. Comme si ce dernier était en scotche, mon regard reste englué. Je deviens presque ivre devant sa beauté, aussi douce en goût que le fameux alcool anglais.

-Attend !

Mais trop tard. La foule l'a avalée. Il s'est déjà fait engloutir par un mur humain, constitué de briques de personnes.
J'aurai aimé connaître son nom.
J'hausse les épaules, et l'idée de me prendre un autre verre me tente. Mais la redescente arrive sans prévenir. Immédiatement j'oublie l'inconnu, pour me concentrer dessus. Mon estomac, se tord et je comprend tout de suite ce que ça signifie. Je cours rapidement pour chercher les toilettes. Mais, c'est dans le jardin que mes jambes se précipitent. Et sans réfléchir je vomis sur la pelouse. A bout de force, je m'avance un peu plus loin dans l'herbe, puis m'écrase par terre. Mon corps doit en avoir assez que je tente de le noyer avec de l'alcool. Ou que je l'enterre avec de la drogue. Mais je n'y peux rien. C'est plus fort que moi. J'ai besoin de sentir une destruction, pour qu'après la paix arrive. C'est ridicule pas vrai ? Mei Samreak, 17 ans qui n'a rien trouvé de mieux que de bousiller sa vie. C'est ce moment précis que je hais. Ce moment où ma joie artificielle s'envole, à tire d'ailes arrachées. Ce moment où après avoir été engloutie par le liquide d'ivresse, je dessoûle. Et je me rappelle alors de tout.
Je me rappelle pourquoi j'ai été à cette soirée, tout comme pourquoi je vais à toutes les autres.
C'est pour oublier.
Et c'est à cet instant, étendue sur une pelouse de merde sûrement infestée de mégots, que je me rappelle que je me déteste.
Des cris me parviennent de l'intérieur de la maison. Ils sont étouffés par la musique. La fête continue. Le monde ne s'arrête pas de tourner. Que tu sois là ou non.
Certains vont à des party simplement pour le plaisir de danser. L'idée de s'amuser, se retrouver entre amis et boire pour le rire.
Et puis on a la catégorie des perdus, comme j'aime l'appeler. Tu ne sais pas vraiment bien pourquoi tu fais ça. Mais tu le fais. Car juste une minute tu as le pouvoir d'effacer ton existence. Je suis une perdue, qui en ce moment même paume son regard dans le ciel. Je cherche des étoiles qui n'existent pas. La pollution de la ville les cachent. Pourtant je veux essayer de les apercevoir, j'ai besoin de me concentrer sur autre chose.

-Tu ne verras rien dans le ciel, m'interromps une voix de derrière.

Je tourne la tête, pour voir qui m'a parlé. C'est l'inconnu !

-Il y a la lumière des réverbères qui cachent les étoiles, m'éclaire-t-il.

Mes paupières papillonnent, est-il réel ? Il faut croire que oui, puisqu'il prend place à côté de moi. Il s'allonge tranquillement, comme de rien.
Ainsi s'écoule une longue minute de silence. Je me sens gênée. Finalement je me décide à prendre la parole.

-Heum... salut ?

Ça sonnait davantage comme une question... mais il n'y a pas énormément de manière de commencer une conversation avec un inconnu. Surtout quand ce dernier nous fait de l'effet. Il se retourne, les prunelles rieuses.

-Salut, répond-t-il amusé.

Je souris, sans trop savoir pourquoi.

-Tu t'appelle comment drôle de fille.

Drôle de fille ?! Je suis parfaitement normale... enfin...

-Mei... et toi ?

-Louis.

Je souris une fois encore. Louis... je vais m'en souvenir toute la semaine je pense.

-Qu'est-ce que tu fais dehors ? Il fais froid et tout le monde est à l'intérieur, poursuit-il.

Ma voix se fait muette une petite seconde devant sa question.

-Disons... que j'avais besoin de prendre un peu l'air.

Il rit subitement. Je le fixe, essayant de comprendre ce qu'il y a de drôle.

-C'est vrai que tu zigzaguais pas mal. Tu étais sacrément perdue tout à l'heure.

Je souris, car cette phrase est plus vraie qu'il ne le pense.

-Tu n'as pas idée.

Heu... hey ? :3.
Je suis en train de réécrire tous mes chapitres. La ligne de l'histoire est plus ou moins pareille, mais je suis en train de modifier le début. Je n'étais vraiment pas contente des premières parties.

Si je reste ?Where stories live. Discover now