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BEACON HILLS

 01:24 

   La pluie tombe et le vent souffle. Seules les lumières de l'hôpital éclairent mon chemin. Et après quelques minutes, pendant lesquelles je titube, je viens à pousser ses portes brusquement. Ce n'est pas le vent mais bel et bien moi, couverte de terre et de sang. Les têtes se tournent à mon entrée. Les traits de mon visage expriment la détresse, l'épuisement. Et il ne me faut pas plus de quelques secondes avant de me retrouver au sol, mes jambes ne tenant plus. Mes paupières papillonnent, luttant pour rester éveillé. Mais l'épuisement prend le dessus et je me retrouve très vite plongée dans l'obscurité. 

  Que m'est-il arrivé ? 

  Ma vie était paisible. Je vivais avec ma mère adoptive dans une maison à l’écart de tout. En sécurité. Elle me donnait tout ce dont une enfant abandonnée avait besoin. Elle était adorable.     
  Je savais que ça allait arriver. Jessica m'avait prévenu qu’il allait refaire surface. Mais je ne pensais pas que cela aurait été aussi tôt. Je n'ai que 16 ans. Je n'ai pas eu le temps d'apprendre car, comparé aux autres êtres surnaturels nées, mes gènes n'ont fait leur apparition il n'y a que 4 ans. 12 ans de tranquillité. 12 ans où je n'étais qu'une enfant. 
  Ma mère adoptive a tout fait pour que ça se passe bien, que je n'ai aucun souci à me faire et que je puisse me contrôler, et elle en a payé le prix… 

*

  Je sors de mon sommeil, mais ouvrir les yeux m'est impossible. Je ne peux qu'écouter. Le bruit des voitures, les voix… Et très rapidement, mon ouïe intercepte des pas. Des pas qui se rapprochent de plus en plus. Mon cœur se resserre. J’entends un cliquetis de poignée mais aucune porte ne s'ouvre. J’intercepte alors deux voix provenant de l'autre côté de celle-ci. Une femme et un homme :

  – Mélissa, semble essoufflé la voix de l'homme, je dois lui parler. 

  – Je suis désolée mais elle n'est pas en état. Elle doit se reposer. 

  – Quand elle se réveillera, appelez-moi, d'accord ? 

  – J'y comptais bien, Shérif.

  À ces mots, la porte s'ouvre enfin avant de se refermer. Une légère odeur de vanille et d'épices envenime mes narines. Plusieurs petits bruits, tels que des coups de crayons contre une feuille, des enclenchements de boutons, me parviennent. Mais alors que l'infirmière griffonne, une douleur insupportable vient à se propager dans l'ensemble de mon flanc droit. Mes yeux s'ouvrent instantanément. Je tourne la tête vers la femme, un grognement de douleur retenu m'échappant. 
  Nos regards se croisent et elle m'offre un faible sourire. 

  – Qui êtes vous… peinai-je à dire en tentant de me relever.

  – Non, me coupe-t-elle en me forçant à me rallonger, tu ne dois pas bouger. Ne t'en fais pas, on s'occupe de toi. Je m’appelle Melissa, je suis infirmière, et tu ne crains rien.

  Je n'ai pas la force de rétorquer, de lutter, seulement de fermer les yeux et prier pour que ça cesse. Toutefois, lorsque l'on toque à la porte, mes paupières s'ouvrent à nouveau tandis que mon cœur se resserre un peu plus, la peur tiraillant mon estomac. L'infirmière fronce des sourcils, allant remettre ma fiche au pied du lit et, sans m'accorder un mot, mais m'offrant ce même sourire que l’on arbore lorsque l’on veut mentir ou éviter de dire quelque chose, elle passe la porte. 
  Désormais pleinement consciente, je viens écouter.

  – Son état a l'air de s'améliorer, commence-t-elle. Vous pourrez lui parler d'ici une heure.

  – Elle a dit quelque chose ?

Hale // EN RÉÉCRITURE //Stories to obsess over. Discover now