L'assaut allait être donné dans peu de temps. Tout le monde autour de moi était aux aguets, personne ne bougeait sinon ce serait la mort assurée. Pas de pitié, elle n'existait plus dans le monde dans lequel je vivais à présent. C'était chacun pour sa gueule, et il fallait tout donner si on voulait pouvoir continuer à vivre.
Tapis dans l'herbe, les éclaireurs s'échangèrent des signes que seuls eux pouvaient comprendre. Je les observais du coin de l'œil sans quitter notre cible. Enfin, nos cibles. Rarement seuls, ces êtres putréfiés et sans vie (cohérente du moins) n'en voulaient qu'à notre peau, notre chair, notre sang. Autrefois ils étaient nos frères, nos sœurs, nos familles. Ils ne sont désormais que nos pires ennemis contre lesquels nous devons nous battre jour et nuit. Toujours cette putain de survie à penser, jamais tranquille. A quand remonte notre dernière nuit de sommeil complète ?
Un éclaireur leva la main vers un groupe à quelques mètres de nous, sur la droite. Il fit signe de s'approcher prudemment. Il donna le même ordre au groupe à notre gauche. Puis il se tourna vers moi. J'hochai simplement la tête et commençai à ramper vers nos cibles. Je me couchai sur le dos, restai attentif au chuchotement du vent qui parvenait jusqu'à mes oreilles rougies par le froid, et de l'herbe caressant la peau de mes bras tremblotant sous l'effet de l'adrénaline. Je glissai ma main le long du corps, attrapant une flèche dans le réservoir attaché fermement autour de mon muscle. J'engageai cette dernière dans la petite arbalète que j'avais construite l'été dernier, alors que je n'avais que 19 ans. Oui, il y a un âge à atteindre avant de pouvoir participer aux combats menés par les chasseurs dans la forêt, éloignée de la cité. Assez éloignée pour ne pas vous entendre à l'agonie.
Enfin prêt, je me relevai doucement et cherchai une cible adéquate qui mettrait la panique dans le groupe. J'aperçus un individu assez baraqué, qui pourrait être gênant lors de notre assaut car il valait bien deux ou trois hommes. Stratégique, je décidai de le prendre pour cible. Je me redresse doucement... lève un genou pour poser mon pied à terre et ainsi reposer mon coude sur ma jambe... je place mon arbalète à hauteur de mon visage... je ferme un œil pour viser.
Ma flèche brisa le silence avant de briser son crâne. Bientôt, un râle fit fuir les oiseaux aux alentours, avertissant les autres d'un danger imminent, non loin d'eux, dans la clairière bercée par la forêt. Nous étions enfin leur danger, ils n'étaient plus le nôtre. Ils cherchèrent autour d'eux en criant, hurlant, râlant comme des bêtes tout droit sortis des enfers.
-TIREZ !
Comme un automatisme, tous les hommes de la troupe se levèrent et tirèrent d'un seul jet leurs flèches en direction de nos cibles. Un cri unique déchira l'air automnal qui se profilait autour de nous. Les combats rapprochés débutèrent pour ceux qui n'avaient pas été touchés. Enfin, tant attendu, leur sang se répandit dans l'herbe jaunie par les feuilles d'arbre tombées récemment dans cette paisible clairière. J'assistai au spectacle sans scrupule, sans pitié, avec un regard de mépris et un air dégoûté dans le cœur. Ils m'avaient volé ma famille, je leur volerai la vie.
Jusqu'au dernier.
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No More Safety Zone
ActionLa survie c'est comme un MacDo : t'as envie de le garder le plus possible en toi.
